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VICE News

Les femmes journalistes de Ciudad Juarez

Chaque jour, quatre personnes se font dérouiller dans la ville de Ciudad Juarez.
17 juillet 2012, 9:10am

Vous savez sûrement que l’élection présidentielle mexicaine s’est tenue le 1er juillet dernier. La plupart des médias étrangers ont rapporté que le problème numéro un au Mexique était la violence extrême ayant causé la mort d'environ 40 000 à 80 000 personnes sous la présidence de Felipe Calderon. Cette violence est le fruit d’un conflit de territoire entre les cartels, la police fédérale et l'armée. La vérité, c'est que la plupart des candidats prétendant à la présidence du pays n'ont quasiment pas abordé le problème. Durant les trois débats organisés au cours de la campagne, ils n'ont jamais mentionné directement les victimes et ont simplement préféré faire des allusions abstraites à « la violence » et au « crime organisé ». Le candidat du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), Enrique Peña Nieto, vainqueur du scrutin il y a deux semaines malgré de nombreuses accusations de fraudes et de corruption, ne s’est pas plus que les autres candidats penché sur le problème. La violence est pourtant bien réelle, elle représentera le plus gros problème à régler pour le nouveau président lorsqu'il prendra ses fonctions en décembre prochain. Et ni la population ni les médias ne savent ce qu'il va entreprendre.

La violence qui a explosé durant le mandat de Felipe Calderon provient majoritairement de Ciudad Juarez, une ville située à la frontière du Texas. Au cours des six dernières années, plus de 10 000 personnes on été abattues à Juarez. La violence a commencé à échapper au contrôle des autorités lorsque le cartel de Sinaloa a essayé de déloger le cartel local de Juarez afin de prendre le contrôle de la ville – un des principaux points d'entrée de la drogue au États-Unis. L'année dernière, les violences ont relativement diminué. Peut-être parce que le cartel de Sinaloa a gagné ou parce que l'armée et la police qui étaient là pour combattre les narcotrafiquants sont finalement partis.

Nous nous sommes rendus à Ciudad Juarez pour rencontrer les journalistes qui couvrent la politique et les violences liées au crime organisé pour le quotidien Diario de Juarez. Ce sont toutes des femmes, et elles ont couvert plus de meurtres, d'assassinats et de massacres qu'on puisse imaginer. Elles figurent également parmi les femmes les plus courageuses qu'on n’ait jamais rencontrées. Nous les avons suivi dans les rues de la ville alors qu'elles couvraient les meetings du PAN, le Parti action nationale, au pouvoir avant la victoire d’Enrique Peña Nieto. Nous avons essayé de comprendre ce qui s'était véritablement passé ces cinq dernières années et pourquoi les candidats avaient systématiquement éludé le plus gros problème actuel du Mexique.