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Le monde est atrocement à l’aise avec la vengeance porno

Dans une étude sur les traits de personnalité qui pourraient prédisposer quelqu’un à la vengeance porno, les chercheurs ont été surpris de voir combien peu de gens désapprouvent cette violation de la vie privée.
13.3.17

Trop peu de gens se rendent compte que la vengeance porno — la mise en ligne de photos nues d'un ou d'une ex pour se venger — est un réel problème, ont écrit les chercheurs dans une étude publiée dans l'International Journal of Technoethics.

Ces chercheurs en psychologie à l'Université du Kent au Royaume-Uni estiment qu'il est nécessaire de mieux comprendre les traits de personnalité de ceux qui ont déjà mis un acte de vengeance porno. Ainsi, écrivent-ils dans l'étude publiée le 3 mars, on pourrait réduire la fréquence de ce crime. Selon un rapport rendu public l'an dernier, un Américain sur 25 affirme en avoir été victime.

Avant de mener leur étude, les chercheurs avaient déterminé les facteurs potentiels qui rendent une personne plus susceptible de s'y livrer. D'après leurs hypothèses, le sexisme et ce qu'on appelle la triade noire — le narcissisme, le machiavélisme et la psychopathie — ainsi que les tendances sadiques seraient à la base d'une inclination à la vengeance porno.

Cent personnes de 18 ans et plus ont participé à l'étude. Ils ont d'abord subi une série de tests de personnalité. Ensuite, on leur a fait passer un test pour mesurer leur propension à mettre en ligne des photos nues de leur ex en ligne sans son consentement. Les participants devaient lire cinq scénarios dans lesquels ils étaient le personnage principal, chacun se concluant par un acte de vengeance porno.

Chaque fois, le participant devait indiquer s'il était susceptible d'agir de même, sur une échelle de un (je ne le ferais certainement pas) à cinq (je le ferais certainement). On leur a aussi demandé s'ils ont ressenti de l'excitation, de la maîtrise, du plaisir, de la colère ou du regret en prenant connaissance des actions décrites dans les scénarios.

Résultat : 28,6 % des participants ont présenté une inclination à commettre un acte de vengeance porno. Mais les chercheurs ont été troublés de découvrir que la majorité des participants ont exprimé au moins un peu de plaisir (87 %) et d'approbation (99 %) à l'idée de la vengeance porno. « Bien que les participants ne commettraient pas eux-mêmes des actes de vengeance porno, ce résultat suggère qu'ils approuvent le geste qui, nous le savons, est fréquent en ligne. »