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Ça y est, les robots nous battent aussi au baby-foot

Le robot frappe plus vite et plus fort que n’importe quel joueur humain. Mais pour faire une pissette ou passer sous le baby, y'a plus personne.

Le baby-foot, ou "football de table" pour les licenciés, trouve ses racines dans le havre enfumé des PMU de France et de Navarre. Symbole d'une nonchalance bien d'chez nous, ses quatre pieds de bois plantés dans le carrelage du rade, le Bonzini au vernis défraîchi personnifie les après-midi détente passées à regarder le temps s'écouler en sirotant des demis avec les copains. Loin, bien loin du progrès technologique. Et pourtant, en 2016, il a fallu qu'une équipe de nerds vienne détruire cet îlot de tradition sportive strictement réservé aux êtres humains gueulards et éméchés pour le transformer en une monstruosité robotique sans compassion, sans pitié et sans aucun respect pour les règles tacites du bistrot. Si c'est pas beau, le progrès…

L'équipe d'étudiants de la Brigham Young University, une université catholique de l'Utah, a donc conçu un mécanisme composé d'un logiciel de reconnaissance visuelle, d'un algorithme d'analyse de jeu et d'une caméra placée au-dessus du terrain pour créer un joueur de bab' robot aux réflexes venus d'ailleurs. Le programme analyse les images capturées par la caméra et, grâce à un système de reconnaissance colorimétrique, reconnaît les déplacements de la balle, les anticipe et frappe dès qu'il le peut. Selon le professeur responsable du projet, les étudiants ont « essayé d'imiter la façon de jouer des humains et ont programmé ces idées dans leur code ». Avec un certain succès, puisque le robot s'avère difficile à battre. Du moins pour des débutants.

Car si l'université n'hésite pas à affubler son invention du qualificatif d' « intelligence artificielle », la réalité est toute autre : à l'inverse d'un AlphaGo, qui s'améliore à chaque partie en engrangeant des connaissances, leur dispositif se contente des techniques de base (frapper la balle vers le but adverse et empêcher qu'elle ne rentre dans le sien) et ne semble pas capable de progresser avec le temps en répondant aux défis posés par son adversaire. A vrai dire, leur robot est plutôt comparable à un gros bourrin aux réflexes surhumains, uniquement capable de frapper la balle très fort, tout droit, et sans vraiment réfléchir à sa direction. En revanche, le dispositif des étudiants de BYU est le premier à être aussi rapide et aussi léger : en 2013, l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne utilisait le même système, en plus encombrant, tandis que l'Allemagne commercialise une table d'entraînement automatisée, StarKick… depuis 2005. Difficile néanmoins de croire une seconde qu'un joueur professionnel, voire même un bon joueur de rade, puisse s'incliner contre ce type de robot sans algorithme de machine learning, bien incapable de saisir les infinies subtilités de ce noble sport. D'autant qu'au vu de la vidéo fournie par l'université américaine, la machine ne s'embarrasse ni des demies, ni des pissettes, et n'a aucune chance de passer sous le baby quand vous lui infligerez une fanny. Un profane.