Les hommes riches vivent huit ans de plus que les pauvres, au Canada

L’argent ne fait pas le bonheur, sauf que...
23.8.18
Crédit photo: Gordon Chibroski/Portland Press Herald via Getty Images. Montage par VICE

L’espérance de vie des Canadiens est plus élevée chez ceux qui ont un compte en banque bien rempli, confirme une étude de l’institut C.D. Howe, publiée jeudi.

En moyenne, les hommes les plus riches vivent huit ans de plus que les plus pauvres, soit 83 ans contre 75. L’écart est aussi présent chez les femmes : on observe que les mieux nanties vivent généralement trois ans de plus que les moins fortunées, soit 86 ans contre 83.

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On note que l’écart chez les femmes est plus modeste, ce qu’expliquerait le contexte historique dans lequel sont prélevées ces données. Les chercheurs se sont basés sur les données des Canadiens nés entre 1923 et 1955, ayant participé au Régime de pensions du Canada. De nombreuses femmes nées dans ces années n’ont pas travaillé à l’extérieur de la maison, ce qui s’est traduit par un bas revenu personnel, alors qu’en réalité, leur situation financière familiale était possiblement aisée.

Les chercheurs reconnaissent que « les comparaisons entre les différentes cohortes de femmes sont complexes, en raison de l’émergence des femmes sur le marché du travail au cours des 50 dernières années ».

On précise que l’étude ne détermine aucun lien de causalité direct entre l’espérance de vie et la richesse des personnes. Les chercheurs avancent que ceux qui ont de plus hauts revenus ont peut-être reçu une meilleure éducation ou bénéficié d’une meilleure hygiène de vie, et que ces facteurs pourraient avoir un plus grand effet sur leur longévité que leur salaire.

« Toutefois, la longévité est un aspect très valorisé du bien-être, donc sa répartition entre les différents types de Canadiens est digne d’intérêt », écrit-on.

Longévité, à long terme

L’analyse des professeurs Kevin Milligan et Tammy Schirle est la première à s’attarder aux changements à long terme de l’espérance de vie des Canadiens. Ils ont épluché 50 ans de données, entre 1966 et 2015.

Et ce qu’on observe, c’est que la longévité a augmenté rapidement pour tous les Canadiens, riches et pauvres. Les écarts entre leurs espérances de vie sont restés stables au fil des ans.

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Les chercheurs remarquent que ces données entrent complètement en contradiction avec celles des États-Unis. Chez nos voisins du Sud, ce sont seulement les plus riches qui ont gagné en longévité. On n’observe qu’une variation négligeable dans l’espérance de vie des plus pauvres, chez les personnes nées entre 1930 et 1960. Par contre, chez les plus riches, l’espérance de vie a augmenté de sept ans. Aujourd’hui, les Américains les plus riches vivent en moyenne 14 ans de plus que leurs compatriotes les plus pauvres.

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Les données recueillies ne permettent pas d’expliquer avec précision ce qui cause cette différence entre le Canada et les États-Unis.

À noter que la recherche ne contient pas de données pour le Québec.

Justine de l'Église est sur Twitter.