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Crime

Détenus dans des conditions sordides, des centaines de toxicomanes mexicains ont été libérés

Les autorités mexicaines ont fermé deux centres de réadaptation dans l’état de Jalisco, à l’ouest du pays, « libérant » des centaines de toxicomanes qui, selon les autorités, y étaient détenus dans des « conditions inhumaines ».
23.5.16
Photo via le bureau du procureur général de Jalisco

Les autorités mexicaines ont fermé deux centres de réadaptation dans l'état de Jalisco, à l'ouest du pays, « libérant » des centaines de toxicomanes qui, selon les autorités, y étaient détenus dans des « conditions inhumaines ».

Dans un communiqué publié mardi dernier, le bureau du procureur général mexicain a annoncé que la police avait libéré 91 hommes, 68 femmes et 112 enfants du centre de réadaptation « Spiritual Awakening » (Éveil Spirituel).

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D'après le texte, 18 des enfants présentaient des signes de mauvais traitements, y compris des signes de violence sexuelle. Deux enfants sur trois avaient été battus et avaient subi des brûlures de cigarettes.

Le bureau a également publié des photos montrant les conditions de vie sordides dans le bâtiment blanc et bleu de Tonalà, une ville en banlieue de Guadalajara, la capitale de l'État de Jalisco. Les photos montrent de la nourriture stockée dans des seaux à même le sol et dans des sacs-poubelles noirs.

Le procureur général de Jalisco, Eduardo Almaguer Ramírez, a détaillé une situation de surpopulation dans le communiqué. « La nourriture était en très mauvais état. Elle était impropre à la consommation humaine. »

Par ailleurs, 11 personnes ont été arrêtées, accusées d'avoir maltraité des femmes et des enfants au centre.

(Photo via le bureau du procureur général de Jalisco)

Le gouverneur de Jalisco, Aristóteles Sandoval, s'est rendu mercredi au centre, publiant sur Twitter une photo du dortoir, accompagnée d'une promesse. « Nous allons inspecter tous les centres de réadaptation pour éviter que ne se reproduise ce que nous avons trouvé dans ce centre », a-t-il écrit.

Le même jour, les autorités ont fermé un autre centre à Tonalá, et ont annoncé avoir libéré 103 adultes et sept enfants. Aucune autre information n'a été communiquée.

Les autorités mexicaines ne proposent presque aucun service pour les toxicomanes, et les centres de réadaptation privés — ou « anexos » — sont nombreux.

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Les anexos ont la réputation d'enfermer les toxicomanes contre leur gré, parfois pendant des mois, et de leur faire subir des violences physiques. Ces centres sont souvent gérés par d'ex-toxicomanes qui infligent aux nouveaux-venus les mêmes sévices dont ils ont eux-mêmes été victimes lors de séjours dans les anexos.

Le mois dernier, VICE News a réussi à avoir accès à un anexo de la banlieue de Mexico City.

L'enquête a révélé la fréquence des abus physiques et psychologiques dans ces centres, qui sont loin de garantir le rétablissement des toxicomanes tout en opérant loin du regard des autorités.


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