Crime

Le Japon reprend la chasse à la baleine au nom de la « recherche scientifique »

Le Japon a envoyé deux navires chasseurs de baleines dans l'Antarctique ce mardi, malgré les protestations de nombreux groupes de défense des animaux.
30 novembre 2015, 1:25pm
Trois baleines de Minke de l’Antarctique sur un bateau japonais en 2013. Photo de Tim Watters/Sea Shepherd/EPA

Le Japon a envoyé deux navires chasseurs de baleines dans l'Antarctique ce mardi, malgré les protestations de nombreux groupes de défense des animaux et du ministre de l'Environnement australien, qui a déclaré qu'il n'était pas nécessaire de tuer des baleines au nom de la recherche scientifique.

L'expédition va durer trois mois. Dans un communiqué, l'agence japonaise de la pêche (la Japan's Fisheries Agency) explique que 333 baleines de Minke de l'Antarctique vont être capturées et tuées — précisant que des expériences scientifiques non-létales seront aussi menées.

Cette annonce survient après une année sans chasse à la baleine pour le Japon. Cette interdiction avait été ordonnée par Cour internationale de justice (CIJ) des Nations unies. L'Australie estime que les programmes de chasse à la baleine japonais sont simplement un moyen déguisé de faire commerce de l'animal.

Le ministre australien de l'Environnement, Greg Hunt, a posté un communiqué sur son site Internet en réaction à la nouvelle expédition japonaise. « Le gouvernement australien a exhorté le Japon à plusieurs reprises à ne pas reprendre ses activités de chasse à la baleine cette année. »

« Le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de l'Environnement ont fait passer ce message au Japon, » continue le communiqué. « Nous n'acceptons d'aucune manière le concept de tuer des baleines pour de la soi-disant recherche scientifique. »

« Il n'y a aucune raison de tuer des baleines pour les besoins de la recherche. La recherche non-létale est la méthode la plus efficace pour étudier tous les cétacés… Nous allons continuer à exhorter le Japon à utiliser des méthodes de recherche non-létales et à arrêter son programme de chasse à la baleine, » conclut le communiqué.

Le groupe de défense des baleines Sea Sheperd — qui a déjà été impliqué dans de violentes confrontations avec des bateaux de pêche à la baleine japonais — s'est joint aux voix qui se sont élevées contre l'expédition japonaise.

« Les eaux pures de l'océan Austral sont à nouveau sous la menace des braconniers, » a déclaré le directeur du Sea Sheperd, Alex Cornelissen.

« Nous aimerions rappeler au gouvernement japonais que les baleines de l'océan Austral sont protégées par le droit international, par la loi australienne et par le Sea Sheperd. »

« De fait, toute violation du sanctuaire de baleines de l'océan Austral ou du sanctuaire de baleines australien sera vue comme un acte criminel. »

En avril, la Commission baleinière internationale (CBI) a rejeté une proposition émanant du Japon qui prévoyait de tuer 4 000 baleines au cours des 12 prochaines années. Le panel de la CBI a estimé que le Japon n'avait pas fourni de preuves suffisantes concernant la visée scientifique de cette mission. La recherche scientifique est l'une des rares exceptions de l'interdiction totale de la chasse à la baleine adoptée en 1986.

À lire : Peu importe, le Japon va quand même tuer des milliers de baleines

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