Livraison de pistolet par drone en plein milieu d’une prison canadienne

Ce n’est pas la première fois qu’il y a une faille de sécurité dans une prison québécoise. L’année dernière, un hélicoptère s’est posé dans la cour d’une autre prison, permettant à trois prisonniers de s’évader.

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15 Décembre 2015, 10:15am

A jail in Australia/Image via Flickr Creative Commons

Les responsables d'une prison québécoise ont découvert dimanche que l'un des prisonniers était probablement armé avec un pistolet, suite à la livraison effectuée par un drone samedi.

Selon le journal québécois La Presse, quelqu'un a utilisé un drone pour livrer illégalement l'arme dans la prison de Rivière-des-Prairies, qui se trouve dans la partie est de l'île de Montréal, durant le week-end. Des sources qui ont parlé sous couvert d'anonymat au journal ont expliqué que le drone avait livré le colis dans le secteur S-2 — qui accueille les individus faisant partie notamment de la mafia ou de gangs de motards — et que la prison n'avait pas eu connaissance des faits avant le lendemain.

Des gardiens des prisons alentour ont été appelés en renfort dimanche pour aider à rechercher le pistolet, et tout le personnel a été obligé de porter des gilets pare-balles pendant les recherches. Tous les détenus du secteur ont été confinés dans leurs cellules.

La liste des personnes enfermées à la prison de Rivière-des-Prairies est l'une des plus célèbres du pays. De nombreux chefs présumés de groupes mafieux et de gangs arrêtés le mois dernier lors d'un coup de filet de la police ont été envoyés dans cette prison.

Également incarcéré dans cette prison : Luka Magnotta, natif de l'Ontario, qui a été arrêté en Europe après avoir posté une vidéo de lui-même en train de démembrer un corps. Il avait envoyé certains membres à deux partis canadiens et à deux écoles élémentaires.

Cette prison est la plus violente de la province, en partie à cause des détenus qui y sont enfermés, et en partie à cause d'un problème de surpopulation.

Malgré cela, les architectes, cités par le National Post, avaient déclaré à l'époque de sa construction que cette prison bénéficiait d'un « environnement chaleureux et agréable, qui incluait simultanément les principes de sécurité, d'efficacité et de respect des détenus. »

Une demande de réaction de la part du syndicat qui représente les gardiens est restée sans réponse.

Ce n'est pas la première fois que la sécurité est mise en cause dans une prison québécoise ces dernières années. En 2014, un hélicoptère a atterri dans la cour d'une prison près de la ville de Québec. Trois prisonniers se sont évadés grâce à cet engin. Ils ont échappé à la police pendant deux semaines, avant d'être finalement retrouvés dans un luxueux appartement à Montréal.

Après cette évasion, le gouvernement québécois a institué des zones d'exclusion aérienne au-dessus de plusieurs prisons de la province.

Des drones ont déjà été utilisés pour la contrebande par le passé. Ils avaient par exemple été utilisés près de la prison de Kingston pour faire passer un téléphone portable et du tabac.

Suivez Justin Ling sur Twitter : @justin_ling

Image via Flickr / OZinOH