Un dérivé de la kétamine pour traiter la dépression

Aux États-Unis, la FDA reconnaît les bienfaits de l’eskétamine dans le traitement des dépressions graves.

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15 mars 2019, 8:45am

Propriété de Janssen Pharmaceutical Companies

On connaît la kétamine, parfois sous son sobriquet de « Special K », comme une drogue de soirée. Utilisée dans les clubs comme drogue psychoactive, à haute dose elle est aussi parfois malheureusement utilisée comme drogue du viol.

Mais, depuis quelques années, plusieurs groupes de chercheurs dans le monde tentent de trouver d’autres usages à la kétamine, et se sont rendu compte que le chlorhydrate d’eskétamine, un dérivé, peut être extrêmement efficace pour traiter la dépression.

C’est pourquoi, cette semaine, un comité de la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé le Spravato, un vaporisateur nasal à base d’eskétamine. Concrètement, l’eskétamine et la kétamine sont à peu près identiques, donc, comme c’est une drogue puissante, son usage n’a été approuvé que pour les gens résistants aux traitements de la dépression.

La dépression résistante aux traitements affecterait une personne sur trois, qui a souffert d’au moins un épisode dépressif majeur, aux États-Unis. Elle est diagnostiquée lorsque deux thérapies ou plus ont échoué et que le risque de tentative de suicide est élevé.

Les effets de la kétamine sont d’assez courte durée, soit de deux à quatre heures, et produisent une euphorie et un soulagement soutenu de la douleur, avec quelques effets hallucinogènes. Sa consommation peut parfois être déplaisante, car les expériences de « sortie de corps », des distorsions dans la perception du temps, une vision tubulaire et des dissociations sont communes. Cela limite la popularité de la kétamine et rend presque impossible un usage habituel. Une personne peut prendre de l’héroïne chaque jour et être fonctionnelle, mais la kétamine est perturbatrice. Par contre, cette drogue ne crée pas de vraie accoutumance, vu qu’il n’entraîne aucun symptôme de sevrage.

Au Canada, certains établissements tels que l’Université McGill et le Royal Ottawa Mental Health Centre ont effectué ou effectuent présentement des tests sur l’usage thérapeutique de la kétamine. En 2017, le Globe and Mail rapportait l’histoire d’un homme qui avait été traité avec cette drogue et dont les symptômes de dépression et les envies suicidaires s’étaient volatilisés du jour au lendemain.

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