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Mali

Un infirmier mort d'Ebola à Bamako

La clinique Pasteur dans la capitale du Mali est sous étroite surveillance après le décès de deux patients infectés par Ebola.
13.11.14
Le virus Ebola via Flickr

Un infirmier de 25 ans de la clinique Pasteur de Bamako, capitale du Mali, est décédé mardi du virus Ebola, a indiqué le gouvernement malien dans un communiqué. Il a été infecté par l'un de ses patients, un imam guinéen d'une soixantaine d'années soigné dans cet hôpital et qui est mort de la maladie le 27 octobre.

Cas Ebola confirme à Bko. Clinique Pasteur en quarantaine. Intensifier mesures de prévention. Appeler numéros verts pour tout cas suspect.

— Mahamadou CAMARA (@MCamara2012)11 Novembre 2014

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Le ministre de l'Information du Mali rappelle les mesures de prévention.

L'organisation mondiale de la santé (OMS) rapporte qu'en raison de son statut, le corps de l'imam a été lavé dans une mosquée de la capitale Bamako, ce qui est en principe interdit en cas d'Ebola, car les cadavres restent contagieux jusqu'à trois jours après le décès. Il a ensuite été enterré à Kourémalé, à la frontière guinéo-malienne.

La clinique Pasteur, l'une des plus cossues du pays, fréquentée par des expatriés, a été fermée par la police dans la nuit de mardi ; un docteur qui avait été en contact avec l'infirmier a été placé en isolement. L'établissement, lui, est sous quarantaine. Certains des patients de la clinique sont des membres des casques bleus blessés au combat dans le nord du pays dans le cadre d'une opération de maintien de la paix.

La radio RFI rapporte les propos du docteur Ben Baba, cardiologue et directeur de la clinique. Il expliquait mercredi que les patients étaient livrés à eux-mêmes : « Malheureusement, vu la psychose et la peur de nos employés et des infirmiers, beaucoup […] sont partis. Personne ne veut les soigner, les gens ont peur. Il y a une psychose généralisée. »

Contacté par VICE News, Dramane Maiga, le directeur général adjoint de la clinique Pasteur se veut plus rassurant ce jeudi : « Bien sûr, les gens sont inquiets. Mais on ne doit pas avoir peur. On leur donne la bonne information, et surtout on évite le discours dramatique. On peut vaincre facilement cette épidémie en respectant quelques mesures élémentaires, » affirme-t-il.

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Les deux cas de la clinique Pasteur ont soulevé des questions dans les médias locaux autour d'un possible manque de rigueur de la part de l'hôpital qui a accepté un patient guinéen sans avoir au préalable testé s'il était porteur du virus. Dramane Maiga explique à VICE News que l'imam a été admis dans la clinique pour un motif qui n'était pas lié à Ebola (une insuffisance rénale, d'après l'AFP).

Il explique comment la quarantaine fonctionne à la clinique ces jours-ci : « Les patients en quarantaine doivent être cantonnés chez eux, ils ne sont pas retenus en permanence à l'hôpital. Ils y viennent régulièrement pour être contrôlés, on vérifie leur température et les symptômes éventuels. Le personnel est aussi sous quarantaine, et est dépisté tout aussi régulièrement. » Concernant les moyens dont il dispose à l'hôpital, il déclare : « Nous ne manquons pas trop de moyens. Il faut être consciencieux, respecter toutes les mesures prévues. »

D'après l'OMS, quatre cas probables de fièvre Ebola ayant causé la mort ont été dénombrés au Mali. Le premier cas est celui d'une une petite fille de deux ans venue de Guinée qui est décédée le 24 octobre à Kayes (ouest).

Les 108 personnes qui avaient pu être en contact avec la petite fille ont achevé mardi leur période de quarantaine de 21 jours, qui correspond au temps maximal d'incubation du virus d'Ebola.

Le Mali possède 800 km de frontière avec la Guinée, qui est, avec le Liberia et le Sierra Leone, l'un des pays les plus touchés par l'épidémie, qui a fait à ce jour 5 160 morts sur les 14 098 cas recensés par l'OMS.

Image via Flickr