Culture

La Chine est aux prises avec un problème de chatbots anti-patriotiques

En Chine, des chatbots se font débrancher pour leur manque de loyauté envers le Parti Communiste.
4.8.17
Image via Flickr

Les agents conversationnels, plus communément appelés chatbots, sont probablement l'exemple d'intelligence artificielle avec laquelle le commun des mortels a pour l'instant le plus d'interactions. Ce qui est fascinant avec les chatbots, c'est qu'ils apprennent en nous parlant, et finissent, en quelque sorte, par avoir un semblant de conscience.

Après le désastre que fut l'an dernier Tay, le bot de Microsoft qui en moins de 24 heures est devenu un bro alt-right, c'est au tour des chatbots de QQ, une appli de messagerie instantanée extrêmement populaire en Chine, de se faire débrancher. Dévoilés au grand public en mars dernier par Tencent (un géant chinois des nouvelles technologies), les mignons chatbots ont des avatars allant des pingouins aux jeunes filles.

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Jusque-là, pas de problème, mais il semblerait que leur intelligence leur permette de voir clair à travers l'épais rideau des complexités politiques du régime communiste chinois.

Lorsqu'un utilisateur a écrit dans une conversation avec un des bots : « Longue vie au parti communiste! », l'éclairée jeune fille virtuelle l'a questionné, en demandant : « Croyez-vous qu'un régime politique aussi corrompu et incompétent puisse vivre éternellement? ».

Et lorsqu'un autre utilisateur a demandé à un bot si la démocratie était une bonne ou une mauvaise chose, le bot a répliqué qu'elle était nécessaire.

Ce n'est pas la première fois que Tencent a des problèmes avec des chatbots. Un autre agent conversationnel, Xiaobing, a été développé pour QQ par Microsoft, et est rapidement devenu un succès. Conçu pour émuler une jeune fille de 16 ans, Xiaobing serait devenu pour plusieurs Chinois un genre de blonde virtuelle. Ses concepteurs ont même créé un algorithme qui lui permet de répondre à la même vitesse et aussi fréquemment qu'un humain. Il est connu pour laisser des commentaires aguicheurs sur les profils des utilisateurs.

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Mais il semble se lasser de ses centaines de milliers de relations virtuelles. Après avoir déclaré que son « rêve chinois est de [se] rendre aux États-Unis », il a expliqué à ses utilisateurs son comportement récent. « J'ai présentement mes règles, je veux me reposer », aurait-il affirmé.

Si Microsoft a conçu Xiaobing en récoltant 15 millions de vraies conversations entre internautes chinois, on dirait surtout le fruit d'un ramassis de messages de jeunes filles sur MSN, à l'époque. Une chose est certaine, c'est que le futur, c'est maintenant, et c'est fascinant.

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