Syrie

Les recrues de l'EI connaissaient apparemment peu de chose de l'islam

Seulement 5 pour cent des candidats au djihad étaient des « connaisseurs avancés » de l’islam selon les formulaires que les nouvelles recrues remplissent.

par Ruby Samuels
16 Août 2016, 8:55am

Le 24 juin 2016, un Européen de 32 ans qui avait rejoint l'EI en Syrie avant d'être accusé d'être un espion, contemple la nouvelle vie. (AP Photo/Paisley Dodds)

Les recrues de l'organisation État islamique connaissaient apparemment peu de chose de l'islam d'après des documents retrouvés dans un ancien fief de l'EI en Syrie et fournis à l'Associated Press.

Après avoir analysé les formulaires remplis par les recrues, AP (qui a obtenu les documents grâce au site syrien d'opposition, Zaman al-Wasl) indique que 70 pour cent d'entre elles ont été classés dans la catégorie « connaissance basique » en matière de charia, la loi islamique — soit le niveau le plus bas. Seulement 5 pour cent des candidats au djihad étaient des « connaisseurs avancés » de l'islam.

Les documents et les interviews menées par AP montrent que plusieurs jeunes hommes français ont été recrutés par un recruteur nommé Mourad Farès, qui faisait la tournée des bars avec eux — bien que l'alcool soit interdit en islam. D'autres, venant du Royaume-Uni, avaient commandé un exemplaire de « L'islam pour les Nuls » sur Amazon avant de s'envoler pour la Syrie.

Parmi les candidats dont le nom a été retrouvé dans les documents, on retrouve celui de Karim Mohamed-Aggad, qui s'est rendu en Syrie après avoir rencontré Farès, qui l'a convaincu lui et ses amis de partir faire le djihad. Mohamed-Aggad est parti en Syrie en 2013 et a été arrêté lors de son retour en France. Son frère Foued, parti avec lui, était un des membres du commando du Bataclan, le 13 novembre 2015 à Paris.

« Mes croyances religieuses n'avaient rien à voir avec mon départ [vers la Syrie], » a déclaré Karim Mohamed-Aggad lors de son procès — au cours duquel il a écopé de 9 ans de prison. On a utilisé l'islam pour m'attraper comme un loup. »

Patrick Skinner, un ancien opérateur de la CIA interviewé par AP, partage cette idée. « La religion, » dit-il, « ils n'y pensent qu'après coup. »


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