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Crime

Les États-Unis veulent mieux accueillir ceux qui fuient les violences en Amérique centrale

Depuis octobre dernier, plus de 43 000 mineurs non accompagnés et 51 100 personnes voyageant en tant que familles ont été interpellées à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

par Alan Hernandez
27 Juillet 2016, 9:45am

Photo via Stringer/Reuters

Le gouvernement des États-Unis a promis d'étendre ses programmes destinés à aider les familles et les enfants fuyant la violence au Salvador, au Guatemala et en Honduras.

Ces programmes — détaillés dans une déclaration publiée ce mardi par le Département d'État — prévoient d'intensifier le traitement des demandes d'asile provenant d'Amérique centrale, et ce, au sein même des pays d'origine des réfugiés.

Ces programmes mettent aussi l'accent sur un nouvel accord, dans lequel le Costa Rica a accepté d'intervenir comme une sorte de pays d'attente pour les potentiels réfugiés, qui seront ensuite redispatchés vers d'autres pays, dont les États-Unis.

« Nous nous engageons à protéger les habitants d'Amérique centrale en danger et à augmenter les opportunités de relocalisation dans la région », assure-t-on dans la déclaration. « Les mesures d'aujourd'hui seules ne vont pas résoudre ce défi, mais ce sont des étapes dans la bonne direction. »

Le partenariat avec le Costa Rica, sorte d'îlot plus ou moins pacifique d'Amérique centrale, implique aussi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Ce partenariat permettra d'offrir un refuge temporaire aux demandeurs d'asile qui sont en danger dans leur pays. Ils pourront rester au Costa Rica pendant que leur cas sera évalué plus en détail.

Carlos Maldonado, du Haut Commissariat pour les réfugiés, a expliqué aux journalistes à San José, la capitale du Costa Rica, que beaucoup de réfugiés finiront aux États-Unis, mais que certains se dirigeront vers des pays comme le Canada, la Suède, l'Argentine, le Brésil, le Chili et l'Uruguay.

« Ils feront l'objet d'un processus de préparation et d'enseignement culturel à propos du pays dans lequel ils iront », a-t-il précisé.

Les annonces de cette semaine s'appuient sur les promesses faites par le Secrétaire d'État John Kerry en janvier, en réponse à la forte augmentation du nombre d'enfants et de familles venant d'Amérique centrale qui essayent de traverser la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Cette forte hausse des passages avait commencé vers la fin de l'année dernière.

Les agents de la patrouille frontalière des États-Unis ont détenu plus de 43 000 mineurs non accompagnés et 51 100 personnes voyageant en tant que familles, depuis le début de l'année fiscale en octobre.

Ce mardi, le Département d'État a aussi promis une expansion du programme à destination des mineurs d'Amérique centrale, qui donne la chance aux enfants avec des parents vivant légalement aux États-Unis de les rejoindre en tant que réfugiés. L'idée est d'étendre cette opportunité à d'autres personnes liées à ces enfants, comme leurs frères et soeurs aînés.

Le programme a reçu 9 500 candidats depuis qu'il a débuté en décembre 2009. Mais selon Reuters, seuls 267 mineurs ont été acceptés dans le cadre de ce programme jusqu'ici.

Avec l'augmentation actuelle du nombre de mineurs non accompagnées et de familles d'Amérique centrale essayant de rejoindre les États-Unis, leur nombre égale les niveaux record atteints au milieu de l'année 2014.

Cette vague de migration de 2014 était notamment due aux terrifiantstaux d'homicides liés aux guerres de gangs, particulièrement au Honduras. La situation au Salvador était aussi particulèrement compliquée cette année-là, avec la rupture d'une trêve inter-gang.Beaucoup d'habitants d'Amérique centrale avaient aussi cherché à profiter de la politique d'immigration américaine qui interdit l'expulsion immédiate des enfants.

Le nombre de migrants atteignant les États-Unis a, cependant, chuté de façon spectaculaire à la fin de l'année 2014. Sous la pression des États-Unis, le Mexique avait commencé à sévir contre ceux qui passaient par son territoire. Cette répression continue, mais les habitants du Salvador, de l'Honduras et du Guatemala trouvent toujours le moyen de passer.

Il est difficile de savoir pourquoi la pression migratoire s'accroit de nouveau, bien que le taux déjà terrifiant d'homicides au Salvador ait battu de nouveaux records au début de l'année, dans un contexte d'importante répression du gouvernement envers les gangs. Les données sur les homicides de l'Honduras et du Guatemala montrent une légère baisse, mais la pauvreté extrême et les conditions climatiques qui dévastent les récoltes peuvent contribuer à alimenter cet exil vers le nord.

L'intégration du Costa Rica dans le nouvel accord illustre la manière dont le pays d'Amérique central, relativement prospère et paisible, est devenu la destination privilégiée des demandeurs d'asile des pays voisins ces dernières années. Le pays est aussi devenu un point de transit encore plus important pour les migrants venant de plus loin.

Des milliers de Cubains ont été évacués par avion hors du pays plus tôt cette année. Ils ne pouvaient pas aller plus haut — le Nicaragua ayant fermé sa frontière. Ce schéma semble maintenant se répéter avec un nombre croissant de migrants venant d'Afrique et d'Haïti.


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