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Crime

Dans le Colorado, les "touristes de la weed" abusent des space cakes et finissent aux urgences

Le nombre de touristes à se rendre dans le Colorado qui ont fini aux urgences à cause de la marijuana a doublé depuis la période 2013-2014.

par Colleen Curry
26 Février 2016, 11:22am

Rick Wilking/Reuters

Mareen Dowd n'est pas la seule touriste à s'être rendue dans le Colorado et à avoir un peu trop abusé des friandises à base de marijuana— légaux depuis la légalisation de la weed dans cet État américain en 2012.

« J'étais posée dans ma chambre d'hôtel et je me suis mis à grignoter quelques snacks [à base de weed]. Mais ça ne me faisait rien, alors j'en ai mangé d'autres, » écrivait en 2014 la chroniqueuse du New York Times après avoir un peu abusé d'une confiserie fourrée au cannabis. « J'étais haletante et totalement parano, persuadée que le préposé au room-service avait toqué à ma porte et que j'avais omis de lui ouvrir. Dans mon délire, il allait donc prévenir la police, parce que j'étais totalement éclatée à cause de ce bonbon. »

D'après une étude publiée ce jeudi par le New England Journal of Medicine, le nombre de touristes à se rendre dans le Colorado et qui ont fini aux urgences à cause de la marijuana a doublé depuis la période 2013-2014. En revanche, on n'a pas observé d'augmentation semblable pour ceux qui habitent dans le Colorado.

Pour les médecins à l'origine de l'étude, les locaux sont plus au courant du dosage et des effets secondaires des friandises à base de marijuana grâce aux campagnes éducatives financées par le département de santé publique de l'État. De plus, les locaux peuvent manger ces friandises un peu quand ils veulent — ils ne sont donc pas tenus d'en abuser sur une courte période, comme les touristes.

« Je pense que lorsque vous partez en vacances, vous êtes plus à même de consommer de manière moins modérée, ou même d'abuser de certaines substances. Cela peut donc jouer, » explique Howard Kim, professeur en médecine d'urgence à Northwestern et co-auteur de l'étude.

Kim compare la consommation excessive de ces « touristes de la weed » aux « lycéens qui pratiquent la "beuverie express" [ou binge drinking]. Comme eux, ils ne sont pas préparés aux effets secondaires de cette pratique, ni même vraiment au courant de ce qui peut leur arriver. Une fois que vous êtes majeur, ce genre de pratique devient moins attrayant parce qu'acheter et boire de l'alcool est désormais légal. »

Les patients accueillis dans les hôpitaux du Colorado se plaignent en règle générale de trois maux : les problèmes psychiatriques comme l'anxiété, l'agitation ou de brèves périodes de psychose ; les problèmes cardiovasculaires comme une pression artérielle élevée ou un rythme cardiaque élevé ; et les problèmes gastro-intestinaux comme la nausée ou les vomissements. Les patients-touristes représentent 168 cas sur 10 000 visites aux urgences en 2014. En comparaison, pour les locaux ces visites représentent 112 consultations sur 10 000.

Aucun de ces symptômes n'est compliqué à traiter, explique Kim. On fournit généralement aux patients des traitements contre l'anxiété, s'ils en ont besoin, et des médicaments anti-nausée. Puis ils peuvent repartir.

« Je pense que nombre de visiteurs ne connaissent pas vraiment la différence entre fumer du cannabis ou manger des aliments préparés à base de marijuana, » indique Kim. « Les gens qui mangent un space cake pensent qu'ils vont sentir les effets tout de suite. Mais ils ne sentent rien alors ils en prennent un deuxième puis un troisième. Quand la marijuana fait effet quelques heures plus tard, ils ne se sentent vraiment pas bien. »

Le département de santé publique de l'État du Colorado cherche désormais à éduquer les touristes sur les effets secondaires et le dosage de la weed quand elle est ingérée, d'après Kim. Le chercheur ajoute qu'il ne pense pas que l'augmentation des visites des touristes de la weed aux urgences a fait vraiment augmenter les coûts de santé publique — puisque les cas sont toujours relativement rares. En revanche, cette hausse montre que ces touristes particuliers doivent être mieux informés sur les risques liés à la consommation de marijuana. 


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