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Deux personnes tuées et 12 blessées dans une fusillade à Toronto

Le tireur, un homme de 29 ans, est également décédé.
23.7.18
Photo : Christopher Katsarov, La Presse canadienne

L'article original a été publié sur Vice News.

Une fillette de dix ans et une jeune femme de dix-huit ans ont été tuées et douze autres personnes blessées dans une fusillade dans un secteur achalandé de Toronto dimanche soir vers 22 heures. Le maire de la ville qualifie ce qui s’est passé de « presque inconcevable ».

Le tireur, un homme de 29 ans, est également mort sur les lieux après un échange de coups de feu avec la police. L'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario a déclaré que l'homme venait de Toronto, mais ne divulguerait pas son nom. Un porte-parole a déclaré qu’il a été blessé par balle, mais ne voulait pas confirmer s'il s'était lui-même infligé cette blessure fatale ou si elle résultait de l’échange de coups de feu avec la police de Toronto.

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On ne sait pas pour l’instant ce qui l’a poussé à ouvrir le feu sur une foule et des restaurants qui bordent l’avenue Danforth, près de l'avenue Logan. La police a déclaré qu’il s’est servi d’une arme de poing.

Des ambulanciers ont dit que c’était pour eux une « scène de tuerie de masse très difficile ». Elle a déclenché une réaction d’une grande intensité des policiers, des ambulanciers et des pompiers. On sait que l’une des victimes est une femme. Ce matin, une jeune fille était dans un état critique à l’hôpital. D'autres victimes ont également été conduites à l’hôpital.

Une vidéo semble montrer le tireur alors qu’il marche dans la rue, se tourne, pointe son arme et commence à tirer.

Le chef de la police de Toronto, Mark Saunders, a déclaré qu’il n’excluait aucun motif à ce stade. « Je ne la qualifie pas d’aléatoire. Une personne était ici et a certainement ouvert le feu, mais je ne sais pas pourquoi », a-t-il déclaré aux journalistes en conférence de presse sur les lieux de la fusillade.

Le maire John Tory a demandé aux gens de ne pas tirer de conclusions et de laisser la police faire son travail. Mais il a souligné que l’augmentation de la violence armée à Toronto est alarmante.

« Nous avons un problème d’armes à feu, elles sont trop facilement accessibles, a-t-il dit. Nous devons résoudre ce problème. »

Il y a eu plus de 220 incidents avec coups de feu à Toronto jusqu’à présent cette année, un nombre qui dépasse les années précédentes. En réaction, la ville a déployé 200 policiers dans les quartiers « prioritaires ».

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L’Unité des enquêtes spéciales de l’Ontario, qui enquête sur tout incident qui requiert une intervention policière et entraîne des blessures graves ou la mort, a affecté six enquêteurs et trois médecins légistes à cette fusillade.

Un témoin a déclaré à la chaîne d'information en continu CP24 qu’il prenait une bière avec des amis quand ils ont entendu des coups de feu. « J’ai vu sept personnes au sol. Trois filles et deux gars mangeaient à l’intérieur. Nous, on prenait une bière à l’intérieur. On a tout entendu, alors on a tous couru vers l’arrière. »

Un autre témoin, Andrew Mantzios, a dit au Globe and Mail qu’il avait vu l’homme ouvrir le feu sur une foule à une intersection, avant de tirer à bout portant sur une femme qui avait trébuché.

Dale Moser mangeait avec un ami au Auld Spot, à l’angle des avenues Danforth et Hampton, quand il a entendu dix coups de feu retentir près d’eux. Au début, comme la plupart des gens, il n’a pas tout à fait saisi ce qui se passait. Il a compris quand une femme sur la terrasse a crié qu’un homme tout près avait une arme à feu.

« Quand on entend des coups de feu, on se dit d’abord que c’est un feu d’artifice ou une voiture qui a un problème mécanique, mais quand on les entend à répétition, on se dit “Oh mon dieu, c’est une autre attaque”, a-t-il expliqué. Un couple assis devant a sauté et couru vers l’arrière, et tout le monde s’est enfui aussi. »

« C’était si fort, bang, bang, bang, bang… c’est une de ces choses qui se passent si vite qu’on ne s’en souvient plus très bien après, mais je me rappelle qu’il y a eu beaucoup de coups de feu. »

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Rapidement, Dale Moser et son ami se sont dirigés vers la cuisine du restaurant où travaillaient Robin Hughes et Anthony Wills. Les deux cuisiniers ont dit que la clientèle du restaurant s’est rapidement dirigée vers l’arrière et que le Auld Spot a été verrouillé et que la porte du garage devant l’établissement a été fermée rapidement.

« Je ne l’ai pas vu, mais d’autres l’ont vu passer devant la terrasse, a dit Robin Hughes. Après, on a tout verrouillé. Au début, il y avait beaucoup de confusion, on n’était pas sûrs de ce qui se passait, mais on a lentement compris que c’était une arme à feu. Deux personnes ont été touchées à la jambe, mais elles ont réussi à se rendre dans un salon de tatouage juste à côté du restaurant. »

Vers une heure du matin, les conseillères municipales Mary Fragedakis et Paula Fletcher ont quitté la scène du crime et se sont adressées aux médias. Mme Fletcher s’est fait l’écho du maire. Pour elle aussi, il y a un problème d’armes à feu Toronto.

« Le maire m’a dit que ce n’était certainement pas une fusillade liée à un gang de rue et que nous devons faire quelque chose à propos des armes à feu. Nous avons un problème d’armes à feu à Toronto. Pourquoi aurions-nous besoin d’armes de poing dans les limites de la ville? » a-t-elle demandé.

Les conseillères municipales ont aussi rencontré deux activistes qui attendaient de l’autre côté du ruban installé par les policiers autour de la scène du crime. Joan Howard, un activiste anti-violence de Toronto, qui a perdu son fils dans une fusillade dans la région en 2003, les a prises dans ses bras.

« C’est si terrible, a-t-elle dit. Je marche sur Danforth, je viens au restaurant sur Danforth, c’est dévastateur. J’offre ma sympathie aux familles touchées ce soir parce que je sais ce qu’elles traversent.

« Il est temps de dire que ça suffit. Toronto n’est plus une ville sécuritaire. »