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Corruption

Sexe, mensonges et sociétés offshore : comment la Russie est devenue ce qu’elle est aujourd’hui

Il est remarquablement facile de piller un pays quand vous en êtes à la tête.

par Oliver Bullough ; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
22 Mai 2019, 7:55am

Collage : Marta Parszeniew. 

Images : viaviaviaviavia

Cet extrait est tiré du livre Moneyland du journaliste d'investigation Oliver Bullough sur les dirigeants mondiaux corrompus qui prospèrent aux dépens de leur peuple. Il s’agit du chapitre « Sexe, mensonges et sociétés offshore » sur les débuts de l’oligarchie russe. Le terme de « Moneyland » est un concept créé par l’auteur pour désigner un « pays » virtuel permettant aux super riches du monde entier de cacher leurs gains mal acquis.


Russie, années 1990. L'armée perd sa guerre contre la Tchétchénie, une région qui compte pourtant moins d’habitants que la Russie de soldats. L'économie s'effondre. Le gouvernement échoue à rembourser sa dette. L'espérance de vie masculine tombe en dessous de 60 ans. Les épidémies se propagent rapidement. Le pays est dirigé par un alcoolique erratique. Les oligarques font leur loi et le Fonds monétaire international intervient. Puis le journal télévisé du 17 mars 1999 au soir annonce un nouveau coup dur.

Pendant plusieurs minutes, la chaîne généraliste RTR diffuse les images explicites d'un homme nu, chauve et bedonnant, qui se pavane avec deux femmes beaucoup plus minces et beaucoup plus jeunes que lui. Elles aussi sont nues et, surtout, aucune d’elles n’est son épouse. Les deux jeunes femmes ne sont pas identifiées, mais le présentateur fait remarquer que l'homme « ressemble étrangement » au procureur général Yuri Skuratov, qui, à l'époque, s'accroche à son poste en dépit du fait que le président Boris Eltsine le pousse à la démission. RTR affirme avoir diffusé ces images atroces dans le but de protéger l’homme de loi du chantage. « L'objectif de la VGTRK [La Compagnie d’État pan-russe de télévision et de radiodiffusion, ndlr] était de protéger les intérêts de l'État, de la société et du procureur général contre la possibilité que ce matériel soit utilisé au détriment de l'État, de la société et du procureur général », se justifie la chaîne.

Skuratov livre une explication plus convaincante. Selon lui, le gouvernement tente de le faire chanter pour qu’il abandonne son enquête sur un scandale de corruption qui menace de faire tomber beaucoup de monde, y compris le président Boris Eltsine. Il est question de pots-de-vin prétendument versés par une entreprise de construction suisse pour des travaux de restauration de bâtiments gouvernementaux, notamment les deux chambres du Parlement. Mais un autre scandale survient. Il attire relativement peu d'attention comparé à la vidéo, mais il est peut-être encore plus important : il implique beaucoup plus d'argent et affecte tout autant l'État.

« La mystérieuse société FIMACO »

En février, Skuratov révèle aux membres de la Douma – le parlement russe – que la Banque centrale de Russie a versé 37,6 milliards de dollars, 9,98 milliards de marks, 379,9 milliards de yens, 11,98 milliards de francs et 862,6 millions de livres à une obscure société offshore appelée FIMACO entre 1993 et 1998, une époque où les finances du pays étaient en chute libre. Une grande partie de cet argent provenait de prêts du FMI et FIMACO l'a investi sur le marché des obligations d'État qui, à l’époque, rapporte des bénéfices fantastiques. Le procureur accuse alors les banquiers centraux d'avoir utilisé les profits de ces transactions pour mener la belle vie, tout en cachant les détails au gouvernement et à la législature.

Depuis novembre 1990, la société FIMACO est enregistrée à Jersey et se veut discrète – elle n’a ni personnel, ni locaux sur l'île. Elle a été créée par la Banque commerciale pour l'Europe du Nord, la même banque moscovite, mais basée à Paris, dont le code télex « Euro » a peut-être donné son nom à l’eurodollar dans les années 1950. Mais personne n’est en mesure de dire avec certitude pourquoi la banque a créé FIMACO, étant donné que les banquiers changent constamment d’explications. À plusieurs reprises, ils déclarent avoir utilisé FIMACO pour vérifier que les mécanismes d'investissement fonctionnaient comme prévu. D'autres fois, ils affirment que la société sert à détenir des réserves de change. D'autres fois encore, que FIMACO fournit une expertise. Cette dernière explication est absurde : la société FIMACO n'ayant pas de personnel, elle ne peut pas avoir d'expertise. C'est comme si la Réserve fédérale acheminait secrètement des transactions d'un milliard de dollars par l'intermédiaire d'une société offshore des îles Caïmans, puis disait que l'opération était non seulement routinière et bénéfique, mais qu'elle l'aidait en fait à acquérir de nouvelles compétences.

Viktor Gerashchenko, le président de la Banque centrale, a fini par admettre que FIMACO a servi à cacher les actifs de la Russie à ses nombreux créanciers, dont le FMI. Si la Russie perdait son procès, les créanciers auraient pu saisir ses actifs à l'étranger – c’est en tout cas ce que craignait Gerashchenko, d’où sa décision de les cacher dans le trou noir qu’était Jersey. C’est une explication peu digne, qui présente la Russie comme un mari infidèle cachant son argent à sa femme, mais qui vaut toujours mieux que l’explication alternative selon laquelle les banquiers piochent dans les caisses.

Mais l'aveu de Gerashchenko n'empêche pas que l'explication alternative soit largement discutée. Boris Fiodorov, ancien ministre des Finances, explique qu’il a soulevé la question de FIMACO pendant son mandat, au début des années 1990, mais qu'on lui a dit que cela ne le concernait pas. Selon lui, de nombreux fonds publics ont transité vers les comptes personnels d’employés haut placés. « Ils permettent à leurs amis de faire de beaux profits », dit-il aux journalistes quand le scandale éclate. Éclipsé par la sex tape de Skuratov, le problème n’est pas résolu. Eltsine suspend le procureur gênant et libidineux de son poste dans les jours qui suivent le bulletin de RTR. Le Parlement décide ensuite de le renvoyer. Son remplaçant prend la sage décision de mettre un terme aux enquêtes sur le scandale de corruption en Suisse et FIMACO. Les affaires ne sont pas jugées devant un tribunal, ni portées à l’attention du public. Le FMI oblige la Banque centrale de Russie à faire réaliser un audit de FIMACO – un audit fortement critiqué puisqu’il se base exclusivement sur des informations fournies par la Banque centrale de Russie, le FMI ne disposant pas de pouvoirs d'enquête indépendants.

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Des femmes russes montrent leur bijouterie à Moscou, en 2001. Photo : Nikolai Ignatiev/Alamy Stock Photo

Des journalistes se penchent sur l'affaire et font des découvertes troublantes. L'un d'eux note qu'en 1999, la Banque de Russie employait 86 000 personnes, contre 3 000 pour la Banque d'Angleterre et 23 000 pour la Réserve fédérale des États-Unis. En outre, Gerashchenko a gagné 70 % de plus que le banquier central le plus important au monde, Alan Greenspan de la Réserve fédérale, plus un supplément pour son rôle de membre du conseil d'administration des filiales de la banque. La Banque centrale de Russie (BCR) semble hors de contrôle, le genre d'institution capable de conclure des transactions pour son propre compte avec l'argent du gouvernement.

« Étant donné que la BCR n'a pas besoin de l'approbation de la Douma pour son budget annuel, ses dirigeants peuvent utiliser les bénéfices des activités commerciales de leurs filiales en Europe et par l'intermédiaire de FIMACO comme bon leur semble et, apparemment, ils ne s’en privent pas », écrit l'économiste américain Marshall Goldman dans son livre sur les réformes russes ratées, The Piratization of Russia, publié en 2003. « Il ne s'agit pas d'un cas de vol ou de pillage pur et simple du trésor public, ce qui est commun à certains pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine, mais d'un exemple beaucoup plus sophistiqué d'abus de confiance national et international impliquant le blanchiment d'argent sanctionné par l'État… Si le directeur de la BCR s'est livré au blanchiment de capitaux au plus haut niveau, comment peut-on attendre de lui qu'il serve de modèle au reste du pays ? »

« Une bataille entre les autorités fiscales et les riches »

FIMACO a peut-être même permis à la Banque centrale de Russie – qui fait partie de l'État russe – d'éviter de payer des impôts sur ses transactions, ce qui en fait une étude de cas remarquable sur la façon dont le secret des activités offshore permet même aux institutions et aux individus les plus improbables d'éviter les contrôles, les impôts et de faire des profits. Pendant que les Russes ordinaires attendent impatiemment leur salaire, ces employés du gouvernement détournent l'argent du gouvernement, pour se faire de l'argent sur la créance émise par le gouvernement, sans payer d'impôt au gouvernement sur les profits, avant de cacher cet argent au gouvernement par l'entremise de FIMACO.

Ces manœuvres ne manquent pas de décevoir les Occidentaux naïfs qui espéraient que la chute du communisme encouragerait la Russie à bâtir pour la première fois un système libre, démocratique et règlementé. À la fin de la décennie, seuls les optimistes les plus obstinés, ignorants et/ou volontairement aveugles partagent ce point de vue (des gens comme moi, en fait). Le pillage généralisé du pays, rendu possible et dissimulé par des paradis fiscaux comme Jersey, condamne toute perspective de développement et récompense ceux-là mêmes qui ont aggravé les choses.

En 1999, la Chambre des représentants des États-Unis organise une série d'auditions afin d’empêcher que l'argent sale en provenance de Russie ne pénètre dans le système bancaire américain. Ce risque est bien réel, puisque la Banque de New York a avoué, peu de temps avant, avoir aidé des milliards de dollars d'origine russe à entrer dans le pays sans être détectés, à travers un réseau labyrinthique de comptes bancaires et de sociétés offshore. La Commission des finances de la Chambre des représentants entend plusieurs experts, dont un ancien agent du KGB et plusieurs spécialistes des mécanismes de blanchiment d'argent. Le témoignage le plus surprenant est peut-être celui de Richard Palmer, chef de l’antenne de la CIA à Moscou de 1992 à 1994. Il explique que l'élite ex-soviétique a stratégiquement exploité les centres offshore comme Jersey pour voler tout ce qu'elle pouvait voler, et que FIMACO compte parmi les centaines, sinon les milliers, de structures utilisées pour miner la souveraineté de la Russie au profit de ses dirigeants.

« Les bénéfices de ces opérations sont déposés dans des paradis fiscaux tels que la Suisse, Chypre, les Caraïbes, le Panama, Hong Kong, l'Irlande et les îles anglo-normandes, écrit-il au comité. Il y a un fil conducteur tout au long de ces étapes de pillage des caisses de l'État. Le but est d’emporter l'argent hors de la Russie et de le préserver de toute tentative de prélèvement par les gouvernements russes ultérieurs. »

Ses preuves sont nombreuses, disponibles en ligne et méritent d'être lues dans leur intégralité, notamment en raison d'un avertissement selon lequel l'argent qui sortait des républiques ex-soviétiques constituait un danger à long terme pour la stabilité et l'honnêteté du système politique américain, qui semble extrêmement prémonitoire à l'époque de Manafort, Trump et Robert Mueller. La partie la plus frappante de son témoignage est peut-être celle où il dénigre certains des mythes les plus optimistes au sujet de la transition post-soviétique.

« Pour que les États-Unis deviennent comme la Russie aujourd'hui, écrit-il, il faudrait une corruption massive de la part de la majorité des membres du Congrès, des ministères de la Justice et du Trésor, des agents du FBI, de la CIA, de la DIA, de l'IRS, du Marshal Service, des gardes-frontières, des agents de la police de l’État et de la police locale, de la Réserve fédérale, des juges de la Cour suprême et des tribunaux de districts américains ; il faudrait le soutien des différentes familles du crime organisé, des dirigeants des entreprises du Fortune 500 et de la moitié au moins des banques américaines et du New York Stock Exchange. Cette cabale devrait alors s’emparer des réserves d'or de Fort Knox et des actifs fédéraux déposés dans l'ensemble du système bancaire. Elle devrait prendre le contrôle des industries clés telles que le pétrole, le gaz naturel, les mines, les métaux précieux et semi-précieux, la foresterie, le coton, la construction, les assurances et les banques, et revendiquer par la suite la propriété privée de ces biens. Le système juridique devrait annuler la plupart des dispositions mises en place contre la corruption, les conflits d'intérêts, le complot criminel, le blanchiment d'argent, la fraude économique, et assouplir les lois contre l'évasion fiscale. Cette alliance impie devrait alors dépenser environ 50 pour cent de ses milliards de profits pour soudoyer les fonctionnaires restants du gouvernement et devenir le principal partisan de tous les partis politiques… Le président américain serait non seulement au courant de ces pratiques, mais en plus il les encouragerait – y compris l’implication de ses propres filles et de tous ses principaux soutiens politiques et financiers. De plus, il lancerait une campagne visant à salir le procureur général pour avoir eu le culot d’enquêter sur le bureau du président. »

Et ce n'est pas tout, car, bien sûr, cette dystopie ne s’arrête pas aux frontières nationales.

« La plupart des fonds volés, des profits excédentaires et des pots-de-vin devraient être envoyés à des banques offshore. Enfin, tout en prétendant que le pays est littéralement en faillite et qu'il a besoin d'une vaste injection d'aide étrangère pour survivre, ce groupe conspirateur investirait des milliards dans la propagation d'activités illégales dans les pays développés à l’étranger. »

Comme le démontre l'histoire de FIMACO, et comme Palmer l'a dit clairement, il est remarquablement facile de piller un pays quand vous en êtes à la tête. Et c'est là le véritable pouvoir octroyé par ce que j’appelle « Moneyland », le pays virtuel des riches où est hébergée la finance extraterritoriale.

Au début, à l'époque des premières euro-obligations, Moneyland permettait aux riches occidentaux de protéger leur argent des gouvernements qui voulaient le leur soustraire. Il s'agissait des riches Britanniques qui garaient leurs économies à Jersey ; des dentistes belges qui envoyaient leur argent au Luxembourg ; des Américains qui planquaient leur argent en Suisse. Ces trucs et astuces avaient été créés par les banquiers les plus ingénieux de Londres, affinés par les esprits aiguisés de Zurich et de Wall Street, avaient évolué dans de multiples paradis fiscaux, jusqu'à ce que les riches occidentaux puissent être sûrs que leur argent était protégé des autorités fiscales les mieux pourvues et les plus redoutables sur le plan diplomatique de la planète. C'était vilain, peut-être, mais pas véritablement malfaisant.

La véritable révolution s'est toutefois produite lorsque ces astuces ont été déployées dans des pays ne disposant pas d’Etat de droit ou d’institutions politiques solides.

La création de Moneyland au lendemain de la Seconde Guerre mondiale était le résultat d'une bataille entre les autorités fiscales et les riches, qui s'affrontaient déjà depuis des siècles. Cette longue campagne pour le contrôle de l'argent des riches avait créé une course aux armements évolutive entre prédateurs et proies, qui se poussaient les uns les autres vers des prouesses toujours plus grandes de vitesse, de ruse et de souplesse. Imaginez que les tigres et les bisons s'ajustent de plus en plus parfaitement les uns aux autres au cours des millénaires ; c'était l'équivalent fiscal, sauf que les armes n'étaient pas des muscles, des cornes, des griffes et des dents, mais des sociétés offshore, des fiducies, des comptes bancaires secrets, des instruments au porteur et plus encore.

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L'ancien procureur général Yuri Skuratov. Photo : SPUTNIK/Alamy Stock Photo

Cependant, lorsque les juristes et les comptables ont introduit ces instruments prédateurs dans les écosystèmes de l'Afrique subsaharienne, de l'Asie et de l'ex-Union soviétique, l'incompatibilité était totale. C'était comme si les tigres avaient soudainement été placés sur un continent habité principalement par de grands oiseaux pacifiques et incapables de voler. On attendait des autorités fiscales non préparées et des enquêteurs sous-financés de résister aux fraudeurs les plus compétents au monde. Ils n'avaient aucune chance.

L'orgie de pillages qui a finalement conduit aux excès de Ianoukovitch et de son palais en rondins en banlieue de Kiev était lancée. Mais elle a commencé bien avant, dans les derniers jours de l'impérialisme occidental. La finance offshore a frappé les administrations faibles et bouddhistes de l'Afrique subsaharienne et de l'ex-Union soviétique avec l'impact d'un missile Hellfire sur un navire de guerre napoléonien. Rien ni personne n'était en sécurité, sauf les voleurs.

Si vous regardez les carrières subséquentes des individus impliqués dans le scandale de la sex tape russe, vous comprendrez à quel point la bataille est devenue inégale. Skuratov a tenté de relancer sa carrière en se présentant comme candidat à la présidence en 2000, mais il s'est classé neuvième avec seulement 300 000 voix. Il a par la suite sombré dans l'obscurité, d'où il n'émerge qu'occasionnellement sous la forme d’une plaisanterie. La vidéo sordide de ses exploits se trouve encore sur Internet, et les journalistes moscovites de ma génération en rigolent encore.

L'homme qui a authentifié la cassette s'est également présenté aux élections en 2000, mais s’en est mieux tiré. Vladimir Poutine dirigeait le FSB, la principale organisation qui a succédé au KGB, au moment du scandale, et on soupçonne depuis longtemps son organisation d'avoir fourni les images à la télévision russe en premier lieu. Après son accession à la présidence en 2000, aucun des individus critiqués par Skuratov pour s'être enrichis aux dépens de la Russie n'a été poursuivi. Selon Felipe Turover, un banquier espagnol qui a conseillé le gouvernement russe sur les transactions de dettes et fourni de nombreux documents utilisés par Skuratov et les enquêteurs suisses, Poutine a lui-même eu recours à des escroqueries équivalentes lorsqu’il gérait le portefeuille immobilier russe pour le Kremlin.

« En 1997, toutes sortes de sociétés de façade, de sociétés anonymes et de sociétés à responsabilité limitée ont été créées. La majorité des biens immobiliers et autres actifs étrangers les plus chers ont été enregistrés au nom de ces structures. Cela signifie que les biens étrangers sont arrivés entre les mains de l'État. Et c'est l'actuel premier ministre qui s’est chargé de la cueillette », a déclaré Turover à un journaliste du très respecté journal sociopolitique russe Novaya Gazeta fin 1999, alors que Poutine était encore premier ministre. Lorsqu'on l'a encouragé à aller plus loin, il a répondu : « Je ne vais pas répondre à cette question pour l'instant. Je pense que vous comme moi voulons rester en vie. » (Turover a ensuite nié avoir mentionné Poutine dans l'interview, mais Novaya Gazeta ne s’est pas rétracté.)

Tous ces actifs sont encore nichés en toute sécurité à Moneyland, où ils ont rejoint l'argent qui a été rassemblé dans presque tous les coins du monde, pendant des décennies. Ce n'est pas le fruit du hasard. Moneyland existe parce qu'il ramène de l'argent à ses intendants, qui sont grassement payés pour servir de riches citoyens. Ce sont eux, et non les « Moneylanders », qui sont les tigres dont les griffes et les dents sont des sociétés offshore, des fiducies et des comptes bancaires secrets. On pourrait être tenté de les appeler tigres de papier, mais ils sont vraiment redoutables, comme nous le verrons.

« Moneyland » est disponible sur Amazon.

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