Les Roumains abattent les chiens errants

Un tas de malades assouvissent leurs pulsions criminelles dans les rues de Bucarest.

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19 décembre 2013, 9:35am

Photo : Vier Pfoten

Début septembre, des chiens errants ont attaqué et tué un enfant de 4 ans, près d’un parc de Bucarest, en Roumanie. Cet incident a révélé l’un des grands problèmes auxquels est confrontée la ville aujourd’hui : les 64 000 chiens errants qui traînent dans ses rues – sur les huit premiers mois de l’année, 10 000 habitants ont été traités pour des morsures, a déclaré la mairie de Bucarest à l’agence Associated Press.

Dans les jours qui ont suivi l’attaque, le débat sur les chiens errants a polarisé les Roumains. Une loi adoptée en septembre permet désormais aux abris canins de tuer les chiens non réclamés pendant deux semaines ; celle-ci a suscité des protestations dans le monde entier. Pendant ce temps, les plus anti-chiens errants du pays lancent des campagnes d’extermination des animaux qui rôdent dans les rues. Ces vigiles ne se soucient pas de les assassiner avec humanité – le chien de la photo a été trouvé avec une entaille dans l’estomac dans les rues de Galati, une ville au sud de la Roumanie ; le vétérinaire du coin a été incapable de le sauver.

Sur une page Facebook roumaine intitulée « chiens errants, danger public », Stefan, un militant anti-chiens errants, écrit : « Avec une bombe aérosol et un briquet, vous pouvez éradiquer une meute en moins de 20 minutes. » Jax Quake, autre militant et probable sociopathe, a répondu : « J’ai déjà essayé avec un hachoir à viande, une chaîne en acier, une baïonnette et de l’antigel. Mais cette idée est géniale. Deux chiens sont encore en vie dans mon quartier. »

Plusieurs ONG de défense des droits des animaux ont tenté de traduire en justice ces gros cons, mais c’est plus difficile que ça en a l’air. « Si tuer ou mutiler des animaux est un crime, les juges donnent toujours la peine minimale aux gens, c’est-à-dire une amende de 100 euros », a déclaré Livia Cimpoeru de l’ONG Vier Pfoten [« Quatre pattes », en français]. « J’ai vu des chiens tués à coups de batte, électrocutés, morts de faim ou obligés de se manger les uns les autres, nourris avec des appâts où étaient cachées des aiguilles. Une dame a vu son chien se faire abattre au fusil de chasse devant elle, en plein Bucarest. Le tueur lui a dit qu’elle devrait avoir un chien “normal”. »

Elena Blaj de Free Amely 2007, organisation qui offre un refuge aux chiens errants et qui permet l’adoption de chiots, estime que « tout un tas de malades utilisent ce problème de chiens errants comme d’un prétexte pour assouvir leurs pulsions ».

Andrei Stanca, administrateur d’un groupe Facebook consacré à l’élimination des chiens errants, n’est pas d’accord avec cela : « Nous avons beaucoup d’exemples historiques qui montrent que certaines personnes utilisent une crise sociale quelconque pour agir selon leurs tendances sadiques », a-t-il dit, ajoutant qu’il était en faveur de méthodes plus humaines : « Personnellement, je préfère mettre de la mort aux rats dans les morceaux de viande pour les jeter aux meutes qui m’attaquent quand je sors de chez moi. »

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