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Cet article a été publié il y a plus de 5 ans
Musique

Moe Tucker et ses souvenirs des débuts du Velvet Underground

Ce qui s’est passé au tout début, raconté par la batteuse du groupe à Legs McNeil.

par Legs McNeil
23 Janvier 2014, 4:35pm


Illustrations : Brian Wallsby

Maureen Tucker est l’un des personnages les plus importants de l’histoire du punk rock, et pour cause : elle était dedans avant même que celui-ci existe. C’était alors une petite fille de Levittown, Long Island, et sa vie a été sauvée le jour où elle a écouté les Rolling Stones pour la première fois à la radio. Entre le Velvet Underground, Andy Warhol, Nico et Edie Sedgwick, Moe était là, première batteuse de l’un des groupes les plus révolutionnaires de tous les temps.

Une rumeur voudrait que Moe ait récemment rejoint le Tea Party d’un État du Sud des États-Unis où elle habite aujourd’hui, mais heureusement, je l’ai interviewée avant même que le Tea Party existe. Et puis de toute façon, je déteste parler de politique.                            

LES ORIGINES

J’ai commencé à jouer de la batterie quand les Rolling Stones sont arrivés – je les trouvais trop bien. Je revenais du boulot en caisse et un jour, à la radio, je suis tombée sur « Not Fade Away ». J’ai presque eu une crise cardiaque. En fait, j’ai même dû me ranger sur le côté. J’étais sur l’échangeur de Hempstead à Levittown et je me suis foutu sur le bas côté, je n’arrivais pas y croire. Je me suis dit : « Putain de merde, c’est quoi ça ? »

Je me suis immédiatement pointé chez la copine de Sterling Morrison – c’était ma meilleure amie. En arrivant chez elle, je lui ai fait : « Kathy ! Écoute ce truc ! Il faut choper le disque ! »

On a couru vers le shop de disques, on a acheté l’album et on est revenues. On l’a joué un nombre incalculable de fois. On était là : « Oh la la – c’est phénoménal, ce truc ! »

Puis, un peu plus tard, j’ai dit : « Bon OK, c’est pas drôle. Il faut que je trouve quelque chose à faire quand j’écoute ce truc », du coup j’ai acheté une grosse caisse. Je devais avoir 19, 20 ans. Une semaine plus tard, j’ai donc acheté une grosse caisse, la sœur de Dot Parker m’a filé une cymbale avec un petit support que tu pouvais accrocher à la grosse caisse. J’avais donc une cymbale et une grosse caisse et, boy, je restais assise devant pendant des heures, genre, huit heures d’affilée, vraiment, et je jouais avec encore et encore. C’est comme ça que ça a commencé.

Je ne connaissais aucune fille qui jouait de la batterie, mais je m’en suis toujours foutue. Ça n’a jamais été un problème. On ne m’a jamais posé la question. Je n’ai jamais entendu de remarque ou de commentaire à propos de ça, musiciens inclus. Personne n’a jamais dit : « Oh une fille qui joue de la batterie ? Pas cool. » Il semblerait que ce soit plus un problème aujourd’hui qu’à l’époque, en fait.

RENTRER DANS LE VELVET UNDERGROUND

Je n’ai pas passé d’audition pour devenir batteuse du Velvet. Je ne sais même pas si j’ai appelé quelqu’un pour avoir une audition ! Tu vois, je connais Sterling Morrison depuis mes 12 ans, et Sterling était pote avec mon frère et mon frère était pote avec Lou Reed quand tous deux étaient à la fac de Syracuse.

C’est aussi comme ça que Sterling a rencontré Lou. Sterling avait passé six mois, ou peut-être un an, à jouer avec Lou Reed, John Cale et Angus MacLise. Puis ils ont eu une date payée et bizarrement, Angus n’a pas aimé ça – du coup, il s’est barré. Le groupe avait besoin d’un batteur en vitesse. Et Sterling, qui savait que je m’amusais avec ma grosse caisse, a dit : « Oh, la sœur de Tucker, elle joue de la batterie aussi, vous savez… »

J’avais déjà vu Lou chez moi une fois ou deux avant qu’il vienne me voir jouer. Il attendait mon frère ou un truc du genre – il glandait dans ma chambre. Mais je ne m’étais jamais assise avec lui, je ne lui avais jamais parlé. Quand il a débarqué, je n’ai même pas eu le temps de décider si j’aimais bien Lou ou non – je ne savais pas que j’allais l’adorer.

À Syracuse, Lou et mon frère étaient super potes. Ils ont passé leur années de fac à tracer dans un rade, The Orange, où ils buvaient des bières et parlaient mal des gens, tu vois. C’est là-bas qu’ils avaient rencontré Delmore Scwartz et d’autres mecs, genre Garland Jeffries. Mais je ne m’étais jamais bougée pour aller les voir, parce que, tu vois, j’étais encore au lycée, ah, ah !

Donc Lou s’est pointé pour savoir s’il pourrait jouer dans un groupe avec moi, et c’était supposé durer le temps d’un seul concert, celui du lycée Summit, dans le New Jersey. Quand on a joué, j’étais super stressée. On devait jouer trois morceaux, qu’on avait répétés dans le loft de John Cale. On a joué « Waiting For My Man », « Heroin » et le troisième, ça devait être « Venus In Furs ». On jouait avec ce groupe, The Myddle Class, des petits mecs super mignons pour lesquels tous les gens étaient venus. Ces mêmes gens ont été choqués après notre passage.

Notre set a duré 15 minutes à peine et à chaque morceau, un truc de ma batterie se cassait la gueule. Tout tombait en miettes ! La pédale s’est pétée au bout d’un morceau, le tom marchait de moins en moins bien. J’étais là, « Putain, mais je vais tout flinguer ! »

Lou ne s’en est peut-être même pas rendu compte. Je suis sûre que non. Il était assez stressé comme ça – stressé non seulement de jouer, mais surtout de jouer dans un club super classe avec des sièges en cuir. Et puis j’avais cette batterie horrible, que ma mère m’avait acheté pour 50 dollars – tu peux imaginer la daube que c’était.

Mais j’ai simplement continué à jouer, ah, ah, ah !

ANDY WARHOL

On a fait ce premier concert puis on a immédiatement eu une nouvelle date au Café Bizarre, où aucun groupe n’avait le droit de jouer de la batterie, sous prétexte que c’était trop bruyant. Du coup, Lou m’a dit « Eh bien, viens et joue du tambourin. »

Du coup j’y suis allée et j’ai joué du tambourin sur « Heroin », ce qui est plutôt difficile ! J’étais encore là, si on veut, mais je n’avais toujours pas eu de « OK, t’es dans le groupe… »

Il me semble que c’est Barbara Rubin qui a ramené Andy Warhol au Café Bizarre. Ça devait être la troisième ou quatrième fois qu’on y jouait et j’étais impressionnée par la présence Andy. Je savais qui c’était ; bien sûr, j’étais au courant qu’il était déjà plutôt big à l’époque. On le voyait tout le temps dans le Time. J’étais là : « Oh, cool », tu vois ?

Je ne suis pas trop dans l’art. Je suis même assez nulle pour être franche, je n’y connais rien. Je sais ce que j’aime – et je savais que je trouvais ses boîtes de soupe à la tomate plutôt cool, mais c’est à peu près tout ce que je connaissais d’Andy. Apparemment, il cherchait un groupe qui pourrait jouer durant l’un de ses projets de concerts multimédia. Je crois qu’on pouvait appeler ça des concerts. Et Barbara Rubin pensait qu’on pourrait faire l’affaire.

Andy nous a immédiatement adorés et on a discuté avec lui de son concert multimédia, qui, à cette époque, n’était encore qu’une idée. Il nous a demandé si ça nous a bottait, ce à quoi nous avons répondu favorablement.

Le Café Bizarre nous a virés peu de temps après la venue d’Andy. Le manager, ou le proprio, je ne sais plus, nous a dit : « Si vous jouez un autre morceau du genre de ‘Black Angel’s Death Song’, vous êtes virés. » On a joué un autre morceau du genre et on effectivement été virés. Ce qui était OK pour moi dans la mesure où c’était la semaine de Noël et que je me voyais mal passer le réveillon au Café Bizarre. J’étais contente qu’on se fasse virer.

J’habitais Long Island et je venais tous les week-ends glander à la Factory. C’était génial. C’était un genre de bar, tu vois ? C’était un bon endroit dans lequel traîner et rencontrer des gens intéressants genre Ondine, Gerard Malanga, Ronnie Cutrone et tous ces mecs – ils étaient super drôles. Je m’asseyais et je regardais Andy dessiner, tu vois. Andy était génial. Je l’aimais beaucoup, vraiment. On se marrait tout le temps à la Factory.

J’étais naïve. Je n’avais jamais été nulle part ou fait quoique ce soit et là, je glandais à la Factory avec Andy Warhol. J’étais super timide – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je portais des lunettes de soleil sur scène, parce que j’étais gênée ! Et Andy aurait vraiment pu me mettre mal à l’aise, juste en me parlant. C’était pas très compliqué de me faire rougir, tu vois ?

Mais il n’a jamais été comme ça. Andy ne m’a pas seulement mise à l’aise – il m’a fait comprendre que j’étais l’une d’entre eux, ce qui veut dire beaucoup pour moi. Je l’appelais « Sweets ». Andy a toujours été connu pour être radin au possible. Le week-end, quand j’avais besoin d’un peu d’essence – un plein coûtait deux euros à l’époque – pour faire le trajet retour de New York à Long Island, je lui disais : « OK Sweets, je crois que j’ai besoin d’argent… »

Et Andy répondait toujours : « Oh, oh, laisse-moi une minute. »

Puis il s’en allait à toute allure, espérant me semer ! C’était presque devenu un gag, et dans la salle, tout le monde attendait que je me mette à chasser Andy dans toute la Factory. Genre, tu vois, « Putain de fils de pute, file-moi ce putain d’argent ! »

« Oh, oh, oh, laisse-moi juste une minute, Mo… »

Andy avait pour habitude d’exposer les espèces de ballons argentés qu’il faisait. C’était de l’art je crois, un truc auquel je ne comprenais que dalle. Quand il était en train d’en faire quelques-uns un week-end, j’ai débarqué à la Factory. Il devait en avoir quatre ou cinq qui flottaient tout autour, et Andy m’a fait : « Oh Mo, regarde ces jolis ballons…

- Qui va acheter ces merdes, tu penses ? », je lui ai fait.

Et Andy a répondu, « Oh non, oh non, les gens vont adorer… »

Le jour d’après, ou la semaine suivante, il les avait vendus 3 000 dollars pièce !

Mon vieux, ce pauvre Andy travaillait comme un chien, même quand il ne faisait pas d’art – il passait des coups de fil, etc. Il disait à Lou et John : « Vous devez écrire un nouveau morceau tous les jours. » Je ne suis pas sûre qu’il ait dit « tous les jours », mais c’était une blague bizarre, non ? Genre, « Eh, combien de chansons as-tu écrites aujourd’hui, Lou ? »

Ils avaient répondu : « Deux. »

Et lui : « Deux seulement ? »


Andy Warhol, Maureen Tucker et Lou Reed

NICO

Nico est arrivée assez vite ; je dis ça parce qu’on a des photos d’elle en train de chanter avec nous à la Factory, pour déconner. Et ça, ça remonte au tout début, du temps de la vieille Factory. Andy ne m’a pas présenté Nico. Il ne l’a pas ramenée devant le groupe comme ça, il savait que personne n’avait le droit de faire ça, de toute façon. Il a juste dû dire : « Hey, peut-être qu’elle pourrait chanter sur un morceau ? »

Et nous, genre : « Ouais, on va essayer… »

Les chansons qu’a interprétées Nico sont super bien, et je crois qu’aucun d’entre nous n’aurait pu les chanter comme elle l’a fait. Mais Nico et moi, on n’avait rien en commun. Je ne l’ai jamais détestée, mais on n’a jamais pris de café toutes les deux pour discuter. Elle venait d’un monde totalement différent. Je veux dire, j’étais juste une paumée de Levittown, tu vois ? Genre, comment tu veux être cool quand tu viens de Levittown ? Alors qu’elle, cette beauté du Nord !

Il y a une dizaine d’années, ou plutôt, il y a 15 ans, je vivais en Arizona et je jouais de temps en temps avec des kids du coin ; on avait un petit groupe et on a eu une date en Californie. Quand on est arrivés, on a vu un poster pour une soirée avec le nom de Nico dessus. J’ai pensé : « Mmh, et si j’y allais ? »

Je ne l’avais pas vue depuis 20 ans, et comme je l’ai dit plus tôt, on n’a jamais été de super copines – mais pas ennemies non plus. Je ne savais vraiment pas quoi faire, surtout pour me prendre un « Hey, qu’est-ce que tu deviens ? » dans la tronche.

Mais je me suis dit, « Peut-être que c’est mieux que je passe, en fait ? »

Je suis retournée devant le bar dans lequel elle jouait ce soir-là et elle a été hyper touchée de me voir. C’était tellement gentil de sa part. Je suis heureuse d’avoir vécu ce moment, surtout depuis sa mort. Elle était vraiment contente. Après son concert – et le mien – on s’est donné rendez-vous au motel, Nico, moi et deux ou trois autres mecs, pour boire des bières et discuter – c’était génial.

Nico est entrée dans le Velvet le jour où l’on jouait à la convention des psychiatres de l’État de New York, au Delmonico Hotel. Putain de merde, c’était tellement drôle. Je ne sais plus ce qu’ils nous avaient demandé. Ce n’était pas vraiment un concert ; c’était une sorte de dîner avec 200 psychiatres et nous – ces dégénérés de la Factory. On a peut-être joué deux morceaux ou quoi, puis des gens de type Gerard Malanga et Barbara Rubin se sont mis à alpaguer le public et leur poser des tonnes de questions ridicules. Les psychiatres étaient consternés. Je me suis assise et je me suis dit : « Qu’est-ce qu’on peut bien foutre ici ? »

Le truc n’a pas fait énormément du pub, il y avait juste un article qui disait « LES FOUS DE WARHOL SE SONT POINTÉS À LA CONVENTION DES PSYCHIATRES ! » Et ça a été mentionné dans le New York Times, mais ça n’a pas fait grand-bruit. Enfin c’est normal quoi, ils organisaient juste une convention et ils avaient besoin de s’amuser, alors pour ce faire ils ont pris les débiles de la Factory, ah, ah, ah !

LE DOM

On jouait souvent au Dom, sur St. Marks Place, et on s’amusait vachement parce qu’il n’y avait que nous dedans. On louait le truc et on faisait trois ou quatre sets d’une demi-heure dans la soirée, entrecoupés de moments où l’on passait des disques – tout ce qu’on voulait. On amenait notre propre collection. Lou avait des tonnes de singles géniaux, des trucs dont personne n’avait jamais entendu parler, et tous les morceaux avaient au moins un solo, un bridge ou un refrain parfaits. Je me souviens avoir passé « River Deep Montain High » de Ike et Tina super fort dans la salle. C’était fou, vraiment – l’endroit était immense et on faisait ce qu’on voulait dedans. Toute la nuit on écoutait de la musique qu’on adorait et parfois, on jouait aussi notre propre musique.

On a joué là-bas pendant un mois, et tous nos potes de Long Island se ramenaient le week-end ; on aurait dit une fête à Levittown, ah, ah ! On jouait tous les soirs et c’était complet à chaque fois. Et le week-end, c’était bondé. Andy glandait sur le balcon avec ses lumières et ses trucs, et dès qu’on l’apercevait on fonçait sur lui pour le faire chier, ah, ah !

C’était drôle, on a passé de bons moments là-bas.

Puis un mec m’a volé ma batterie, celle à 50 dollars que ma mère m’avait offerte. On devait jouer là-bas ce soir-là, et ma batterie avait disparu. Un ingé son et moi sommes montés dans un van et avons roulé dans le quartier, pour voir s’il n’y avait pas des ordures qu’on pourrait transformer en batterie. On a trouvé des boîtes de conserve dégueulasses. J’ai dit : « Non, pas celles-ci – continuons. » En cherchant, on a trouvé deux autres boîtes, les plus propres de la décharge, et je les ai utilisées pour trois ou quatre concerts. C’est le seul truc que j’ai jamais volé de ma vie, je crois.

Les boîtes de conserve sonnaient hyper bien, ceci dit. Vraiment. On les avait montées les unes sur les autres, avec des micros en dessous. Chaque soir, la pile de boîtes de conserve rétrécissait un peu plus. Chaque soir je défonçais un peu plus cette batterie de rechange, du coup elle devenait chaque jour un peu plus petite !

Puis, Andy s’est servi des thunes qu’on s’était faites au Dom pour m’acheter une nouvelle batterie d’occasion. J’avais toujours les trucs les plus pourris. Les batteurs récoltent toujours les trucs les plus pourris, ah, ah !

Après avoir joué tout un mois au Dom, on est partis en tournée. Je crois qu’on a même été jusqu’en Californie et qu’on dormait dans un hôtel, le « Château ». C’était génial, à part la Californie. On détestait toute leur merde peace and love, ah, ah, ah ! On n’aimait pas les hippies. Et on n’était pas fans du tout de la musique de San Francisco. On n’était pas là-dedans, tu vois ?

Pas du tout.

Quand on a joué au Trip à LA, le shérif a enfermé nos instruments à l’intérieur du club. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait, c’était soit un truc qu’on avait fait, soit un autre truc que le club avait fait. Je sais juste que, quand on voulu reprendre nos trucs à l’intérieur, c’était fermé. Ça s’est résolu au bout de quelques jours, mais pendant tout ce temps, on dormait au « Château » – ça a duré deux semaines, pendant lesquelles on n’a pas pu aller jouer au Fillmore de San Francisco.

Personne ne s’est bien entendu avec Bill Graham, le proprio de l’auditorium Fillmore, c’était une vraie ordure. D’abord, il a foutu Sterling dehors, et quand on est entrés, il a dit un truc du genre : « J’espère que vous, bande d’enculés, allez foutre un bordel pas possible ! »

Il nous haïssait parce qu’on venait de la côte Est. On n’avait rien fait pour qu’il nous déteste. C’est juste qu’il ne nous aimait pas. Nous non plus, et c’était bien comme ça.

Il est connu comme étant l’inventeur des spectacles sons et lumières et toutes ces merdes, mais manque de bol, on faisait ça avant lui. Je m’en tape hein, mais il est connu pour ça alors qu’il avait juste foutu une lampe et deux lumières dans son truc. C’est Andy qui a vraiment démarré cette mode.

En tournée, tout le monde respectait le fait que j’aille à l’église catholique le dimanche. Ils se foutaient un peu de ma gueule et tout, et tous les dimanches, j’étais là : « J’ai besoin d’une caisse pour pouvoir aller à l’église… »

Ils me vannaient et tout, mais ils ont toujours respecté mes idées et je n’ai jamais eu le moindre problème à cause de ça. Ils étaient là : « Putain, Andy veut tourner un film là… »

Et moi : « Eh bien, à toute » – je n’avais pas la moindre envie d’assister à cette merde.

Le premier disque qu’on a sorti, c’était avec notre propre argent. On l’a juste enregistré – puis on a eu l’idée qu’une maison de disques voudrait peut-être le sortir. On n’a pas pris beaucoup de temps ; le premier disque a dû nous a coûtés huit heures en tout. Et puis, quand Verve l’a acheté, ils nous ont filé un peu plus de temps de studio, un truc du genre cinq heures de plus, en Californie.

Notre label, Verve, ne nous a jamais donné nos royalties et ne nous a jamais distribués. On allait jouer quelque part, à Philadelphie ou à Boston, les gens venaient nous voir, puis voulaient nous voir à la sortie pour nous dire « Oh, impossible de mettre la main sur le disque ! » C’était comme ça partout où l’on allait. Je ne sais pas pourquoi ils nous ont signés. Pour nous sortir de la rue ? C’est un mystère. Vraiment quoi, pourquoi ces mecs nous ont-ils signés ? Pour payer moins d’impôts ?

Au final ouais, on s’est fait baiser par Verve.

Précédemment : Le Dernier Jour de GG Allin, le prince punk du caca

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