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Saison #2 : Antipodes

Ça fait des années qu’on sait tous que la vie est injuste mais heureusement que certaines personnes viennent nous rafraîchir la mémoire de temps en temps, et nous rappellent que notre vie est plus injuste que la leur.
13.5.13

Ça fait des années qu’on sait tous que la vie est injuste mais heureusement que certaines personnes viennent nous rafraîchir la mémoire de temps en temps, et nous rappellent que notre vie est plus injuste que la leur. Cet hiver, alors que je traversais la saison la plus pénible et la plus grise de ma vie, le soleil brillait haut et les indigènes à la peau blanche craignaient la gestation d’un coup de soleil dans le pays des tongs et des boardshorts.

Des hordes de jeunes français devaient sauter dans l’avion, prêtes à affronter vingt heures de vol un visa de travail plié dans la poche, flottant dans un chaos de rêve et d’images faites de wwoofing, de tatouages tribaux et de koalas. Certains de ces jeunes désœuvrés en mal d’aventures, tournant les pages d’un exemplaire corné d’un livre de Chatwin se pensaient libres et moquaient leurs anciens camarades ou collègues de bureau, ces personnes trop sages restées sur le rivage pendant qu’eux partaient à la conquête du globe.

À côté d’eux, dans l’un de ces avions au moins, d’autres tatoués de vingt piges en partance pour la même destination attendaient que leur voisin s’endorme pour lui jouer un mauvais tour ou lui dessiner une moustache sur le front : Matthias Dandois et Maxime Charveron n’avaient pas à penser aux conséquences de ce voyage sur leur carrière et encore moins aux raisons qui les avaient poussés à retourner en Australie pendant que le reste du pays sombrait dans la dépression. C’était leur travail et embarquer dans cet avion n’était qu’une étape normale de leur emploi du temps, organisée par Ride Sessions, qui avait décidé de consacrer un film de 26 minutes à leurs pérégrinations sur place.

En un mois et demi, les deux riders ont rencontré des poignées de locaux, retrouvé leurs compatriotes skateurs ou surfeurs du team Sosh et passé des soirées qu’aucun hashtag répertorié ne peut décrire avec précision, corroborant cette pensée d’Hermann Hesse qui figurait dans la préface d’une vieille édition de Siddhartha et selon laquelle l’école nous contraint à l’obéissance tout en érigeant en exemple « des hommes qui s’étaient donné une loi personnelle après avoir rompu avec la tradition. »

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Le film sera diffusé en présence de l’équipe le mardi 28 mai au MK2 Quai de Loire et des places seront à gagner sur le site de ridesessions.