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LE NUMÉRO 1994

Le coeur et l’âme d’un groupe nommé Pavement

On sait beaucoup de choses sur ce bon vieux Stephen Malkmus. C’est presque notre pote. On sait que c’est un ­parolier de génie, un guitariste trop sous-estimé, et en plus qu’il est très mignon.
14.11.09

Photo par Gail Butensky

On sait beaucoup de choses sur ce bon vieux Stephen Malkmus. C’est presque notre pote. On sait que c’est un ­parolier de génie, un guitariste trop sous-estimé, et en plus qu’il est très mignon. On sait aussi pas mal de trucs sur Spiral Stairs, le partenaire de Malkmus à la tête de Pavement. Lui aussi joue bien mieux de la guitare que ses congénères indie rock, a les cheveux bien coupés, dispose d’un charme de jeune membre de fraternité bien éduqué et ça ne nous surprendrait pas qu’il entame une carrière solo très prochainement. Mais qu’en est-il des autres membres du groupe ? Les mecs qui sont sur les côtés quand le groupe joue ? Les méconnus, les armes secrètes, l’arrière-garde de l’armée Pavement !

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Mark Ibold joue de la basse et représente les fondations sur lesquelles repose le groupe : parce que la basse se ­ressent au plus profond de soi plus qu’elle ne s’entend et, qu’ensuite, c’est le seul capable de rivaliser avec Malkmus en terme de sexyness indie rock. Il est le bourreau des cœurs qui mouille les culottes des jeunes filles du monde entier.

Bob Nastanovich joue… des trucs, comme des percussions, et est l’âme du groupe sur scène. Il saute partout, on dirait presque un singe sauvage, ou du moins un oncle bourré à un mariage. Il est à Pavement ce qu’est Bez aux Happy Mondays.

On a donc parlé à Bob et Mark parce qu’on les adore et que les gens ne leur demandent jamais quel a été leur rôle dans la sortie du meilleur album de cette année, Crooked Rain, Crooked Rain.

(P.-S. : Désolé, leur nouveau batteur est toujours en passe de devenir officiel, mais rien n’est confirmé pour l’instant. On aimait bien la façon débile qu’avait Gary Young de jouer de la batterie. Donc bonne chance à Steve West… On verra bien.)

interviewé par bob nickas

Vice: On sent des influences californiennes sur Crooked Rain, mais il a été enregistré à New York. C’est vrai que le « studio » où vous avez enregistré était en fait un appartement sans fenêtre au 18ème étage d’un immeuble à Hell’s Kitchen ? Comment c’était ?

Mark Ibold:

C’était intéressant. Un peu à l’arrache. On apportait seulement le matériel dont on avait besoin. On a gaspillé pas mal de notre temps à mater des courses de chevaux dans les Meadowlands. On y a aussi perdu pas mal du budget pour l’album. On l’a fait doubler, en fait. À ce moment-là, toute l’illustration pour l’album était déjà réalisée et nous, on avait même pas donné de nom à notre studio. On a même fait un concours entre nous pour trouver le nom définitif. C’est « Random Falls » qui a gagné. « Electric Avenue » est arrivé en second, et « Raw Book Room », troisième.

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Et vous avez utilisé pas mal d’équipements vintage, parce que le mec qui vous ­laissait jouer là bossait dans un magasin de musique.

Les locaux de Rogue Music sont juste en dessous. Notre pote Walleye travaillait là-bas. On allait là-dedans chaque jour, comme si c’était un café, et on faisait nos emplettes. « Ah, je vais prendre ça, ça, deux comme ça et putain, ça aussi ! »

Quel est votre morceau préféré sur l’album ?

Pour le moment, c’est « Newark Rider ». En plus, j’aime le titre. C’est d’actualité, puisque le morceau a été inspiré des dernières bastons entre gangs de New York et du New Jersey. J’espère ne jamais tomber sur un mec chaud de Newark, ou pire, de Trenton !

C’est aussi ma préférée. J’aime l’écouter quand je ramasse – « The forces against you » ou genre « I know everybody wants to put you down/But I know everybody’s gonna put me down ». Est-ce qu’il y a un morceau que tu aimes moins que les autres ?

J’ai toujours peur d’exploser quand je joue « Cut Your Hair ». Mais ça n’est pas encore arrivé.

« Cut Your Hair » est un morceau qui se retient bien, c’est le single le plus évident. Ça me rappelle un mec que j’avais rencontré. J’allais à un vernissage, et il était là avec d’autres gens, mais je n’ai remarqué que lui. Il avait les cheveux longs, et direct je me suis dit : « Je sens qu’on va devenir potes. » On a tracé ensemble cette nuit-là et l’après-midi d’après. Quand je l’ai revu, il avait coupé ses cheveux. C’était à la fois lui, et en même temps une autre personne. Je lui ai dit qu’il avait fait une grossière erreur. Il m’a répondu qu’il laissait pousser ses cheveux, qu’il les coupait, et qu’il les re-laissait pousser. Maintenant j’attends que ses cheveux soient longs à nouveau. Est-ce qu’un truc comme ça t’est déjà arrivé ?

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Oh ouais, tu m’avais déjà raconté cette histoire, en fait. Ça me gêne un peu parce que j’avais l’habitude de faire la même chose quand j’étais adolescent. Je faisais du skate et j’étais à fond dans un délire « Dogtown », tu vois. Mes goûts musicaux de l‘époque ne voulaient rien dire. Quand j’avais les cheveux longs, j’écoutais des trucs du style Ted Nugent, AC/DC ou Judas Priest. Puis je les coupais et je me mettais à écouter du Devo, du Ramones et les Surf Punks.

Je sais que tu n’écris pas les morceaux, mais je dois te demander quelque chose sur le dernier couplet de « Silence Kit », quand Malkmus dit : « Screwin’ myself with my hand. » Est-ce que ça a rapport avec ce que je pense ?

J’ai pas écrit ça. J’imagine que ça a quelque chose à voir avec ce moment où ton pouce et ton index te disent : « OK » et que tu fais ta petite affaire. Ou alors, ça parle de quand t’as écrit un truc que t’aurais aimé ne jamais avoir écrit.

J’imagine que vous allez devoir partir en tournée pour promouvoir l’album. Où est-ce qu’il te tarde d’aller ?

On adore voyager, surtout depuis que le dollar vaut beaucoup plus qu’avant. Je crois qu’on passe par la Nouvelle-Zélande. On espère rencontrer les mecs de Dead C là-bas.

Vous allez passer en Europe ?

Ce sera notre deuxième voyage en Europe. Pour tout te dire, je n’aime pas trop la bouffe anglaise. On en a marre de John Major. Mais on adore John Peel. Les Français nous aiment bien. Pareil pour les Belges. Nous avons plus de fans en Belgique que n’importe où ailleurs. Il me tarde aussi de jouer au Vera Club, en Hollande.

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Je sais que vous adorez la bouffe. Vous avez des spots secrets dans les villes que vous avez visitées ?

Hum. J’adore goûter les trucs locaux quand je voyage, mais mon endroit préféré pour la bouffe reste Singapour. On n’a jamais joué là-bas. Dommage. Sinon, j’aime la bouffe ­indienne quand je vais à Londres. Mais à part ça tout est dégueu en Angleterre. C’est vraiment dur d’y trouver un truc bon. Pareil pour Seattle, Portland, tout le nord-ouest – impossible de bien ­manger dans cette région. Et en plus, il pleut ! Ah, il faut que je vous recommande une ­adresse à Milwaukee, le Stolly’s Grill. Prenez un Butter Burger si vous y allez, c’est un délice de crème et de viande !

« Hit the Plane Down », le morceau de Scott, me fait penser à The Fall, bien que ce soit moins flagrant que pour « Two States » sur Slanted and Enchanted. Si vous deviez faire une reprise d’un morceau de The Fall, ce serait lequel ?

Je crois que notre goût pour The Fall est assez évident. Bizarrement, la plupart des Anglais qu’on connaît n’ont jamais entendu parler d’eux. À part John Peel. J’adorerais jouer « No Bulbs ». Je pense que Stephen prendrait du plaisir à la chanter.

C’est un bon choix. Ou peut-être « The Classical ». Stephen pourrait vraiment chanter cette phrase, « I’ve never felt better in my life ». Un morceau de Crooked Rain, « 5 - 4 = Unity » fait vraiment penser à du Dave Brubeck, en plus tordu. D’où vient cette idée ?

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J’ai renommé ce morceau « Dave Brubeck - talent = désastre ».

Malkmus a dit que le morceau « Heaven Is a Truck » était à propos de la chanteuse de Royal Trux, Jennifer Herrema. Vous l’appelez Jennifer Trux dans le morceau. Vous avez déjà joué avec eux ? Ils ressemblent à quoi ?

En fait, on va bientôt partir en tournée ensemble. Je ne les ai encore jamais vus de ma vie. C’est un groupe straight edge de Washington, autant que je sache. Je n’ai pas écouté l’album. Je sais juste qu’il s’agit d’un couple, Jennifer et Neil, le mec de Pussy Galore. Leur single « Strawberry Soda » est super bien.

Vous avez joué avec les Dust Devils par le passé, et maintenant avec Free Kitten, le groupe de Julie Cafritz et Kim Gordon. Vous savez si jouer avec Pavement change quoi que ce soit pour ces groupes ?

Je pense que la grande différence, c’est que Pavement a été extrêmement bien reçu depuis ses débuts. On a eu la chance de jouer dans des gros festivals et des grands concerts, ce qui est cool, mais qui en même temps nous oblige à rendre plus de gens heureux avec notre musique. Jouer dans des salles plus petites avec des groupes comme Dust Devils ou Free Kitten peut s’avérer plus marrant.

Une dernière question à propos de la pseudo controverse de « Range Life ». Je veux dire, on s’en fout un peu des Trashy Bumpkins et des Stone Pimple Toilets ?

Ouais, tout à fait ! De quelle controverse tu parles ? Je préfère parler de The Fall !

Photo publiée avec l’aimable autorisation de Matador Records

interviewé par jeff johnson

Vice: Quoi de neuf en ce moment ?

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Bob Nastanovich:

On a beaucoup tourné cette année. On a même over-tourné, à vrai dire. On a entre 180 et 200 shows de prévu. Là, on a fait 53 dates en 52 jours. On a joué à Pittsburgh à 2 heures cette nuit, puis on a fait un showcase à DC à midi et on joue encore à 11 heures ce soir à Morgantown, en Virginie. C’est la première fois qu’on a tous la laryngite en même temps. J’ai tellement gagné de points Best Western cette année qu’on a eu droit à un ensemble de pneus gratuit. Je sais que les Jesus Lizard vont au Motel 6, mais on reste attachés aux hôtels Best Western – on y dort quasiment tout le temps.

Est-ce qu’il vous arrive d’avoir envie de vous entretuer ?

Non. On fait des pauses entre les tournées, et du coup quand on se retrouve pour jouer ensemble, on a l’impression d’être un tout nouveau groupe, mais avec les mêmes gens.

Pourquoi ?

Eh bien, on a tous des vies et des passions différentes. On se parle, bien sûr, mais pas trop fréquemment. Par exemple, Steve West et moi, on est potes depuis qu’on a 13 ans, mais il aime des trucs complètement éloignés. Il se contrefiche du sport. Il adore les histoires de guerre civile et les séries à la

Star Trek

. Moi, pas du tout. Je vis à Louisville, près de Churchill Downs, et j’adore les courses de chevaux. Scott Kannberg habite Berkeley et joue au golf. Quand Stephen Malkmus revient dans son appartement à Brooklyn, il écoute des tonnes de disques et écrit des chansons. Et Mark Ibold vit dans un vieil immeuble à Manhattan sur la 11ème rue, au 6ème étage sans ascenseur, occupé à 50 % par des junkies. Il adore errer dans le Lower East Side. Le magazine

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Chickfactor

a même fait un cartoon parodique de sa vie,

Pavement Boy

, un truc vraiment méchant. C’est pas très juste. Et d’ailleurs ça le blesse, parce que Mark n’est pas ce genre de mec. Ce n’est pas un stéréotype du branché. Le cartoon fait de lui un type qui essaie d’apparaître sur toutes les guestlists de la ville. Mais à la fin, quand il voit qu’il n’est pas dessus, il paye quand même son ticket pour rentrer.

Toujours est-il que Pavement apparaît de plus en plus comme un vrai groupe. Je vous ai vus au Tonight Show de Jay Leno la dernière fois, et vous vous teniez même la main après avoir joué. Comme des super héros unis contre les forces du Mal.

Tout à fait. Avant le dernier album, Pavement avait plus l’air d’un projet, une sorte de gros bordel. Mais à présent, on ressemble plus à un groupe. L’un de nos tourneurs, Stephen Gates, nous a dégoté le plan pour le

Tonight Show With Jay Leno

. Et on s’est humiliés en jouant une version pourrie de « Cut Your Hair  ». C’était très bizarre. On a aussi joué à Reading, et c’était tout aussi bizarre, parce qu’il y avait un monde incroyable. Le concert le plus gros auquel on avait participé jusqu’alors, c’était une première partie de My Bloody Valentine devant 1 800 personnes. Là, ils étaient 30 000. Le truc chez Leno était flippant pour plein de raisons. On n’avait jamais fait un truc comme ça auparavant. Steve jouait de la batterie sur une sorte de dalle en plexiglas. Je ne savais pas trop quoi faire, parce que dans ce morceau, je me ­contente juste de sauter partout et de faire du tambourin. J’étais assez gêné de ne pas être vraiment « occupé ». Les mecs de l’émission entendaient nous faire jouer le morceau exactement comme on l’avait enregistré. On a même dû répéter pour que le morceau dure exactement trois minutes et quatre secondes. On n’a pas trop su quoi faire quand Stephen a chanté un autre morceau pendant les huit premières secondes du show. Puis après, Jay est venu pour nous serrer la main et a accidentellement fait tomber la guitare de Stephen. Et il a dit : «

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On dirait que je viens d’acheter une guitare.

 » Après le show, alors qu’on traînait dans les studios, je suis passé devant Vicki Lawrence et j’ai dit : «

Oh putain, c’est Vicki Lawrence !

 » et elle m’a regardé genre, « c’est qui ce type ».

C’est une rencontre étrange, en même temps.

Oui. D’ailleurs, juste après le Kentucky Derby de cette année (on jouait à Louisville pour la toute première fois cette année, après la course), j‘ai mis un coup de pied au cul de Richard Dreyfuss. Après la course, 140 000 personnes ont quitté le stade alors que 500 locaux essayaient de rentrer pour voir les deux dernières courses. La plupart des gens étaient fin saouls et essayaient de rentrer chez eux. Moi, je marchais à côté et j’étais en train de parler à un mec, à moitié beurré, et sans faire exprès j’ai foncé sur un type d’1m80 et je lui suis rentré dedans. J’ai regardé par terre et là je me suis aperçu que c’était Richard Dreyfuss. Je l’ai aidé à se relever et je lui ai fait : «

Waouh, Richard Dreyfuss, vous étiez génial dans

Les Dents de la mer ! » Il était là : «

Par pitié, éloignez ce connard de ma vue.

 »

Je crois que quelques critiques ont vu dans Crooked Rain, Crooked Rain une sorte d’album concept sur le fait d’avoir 28 ans.

C’est vrai, mais c’est juste une coïncidence. C’est juste que Stephen est un jeune et brillant songwriter, et c’est ce qu’il a à dire. Il a passé beaucoup de temps à écrire l’album, trois ans, depuis la sortie de

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Slanted and Enchanted

. Je pense qu’il savait que le premier album était déjà très bon, mais il voulait en plus être reconnu par les critiques et les journalistes, et gagner tous les trophées de fin d’année aux côtés de Arrested Development.

Est-ce que le succès de Crooked Rain, Crooked Rain vous dépasse ?

Pour plein de raisons, ça commence à nous ennuyer. Tout le monde cherche qui sera le « nouveau Nirvana ». Je pense que l’on fait partie des nominés. Les gens de l’industrie du disque pensent que l’on peut exploser auprès du grand public. C’est pour ça que notre maison de disques débloque des fonds pour tourner des clips – mais on ne dépense pas beaucoup d’argent en les faisant. En fait, « Cut Your Hair » est la toute première vidéo qu’on ait tournée. Ce sont Dan Koretzky et Rian Murphy de Drag City qui l’ont faite. Maurice, le mec qui vend nos tee-shirts et bosse avec Sonic Youth, nous a dit que c’était le clip le plus stupide qu’il ait vu de sa vie. Il nous a même dit que c’était embarrassant de regarder la vidéo. C’est un mec trop intelligent, tu vois. Alors je ne sais pas si c’est vraiment bien pour nous, mais nous allons juste essayer de rester nous-mêmes. Nous sommes à peu près aussi rock qu’on le sera jamais. Soundgarden ont embauché un mec qui règle leurs batteries. On m’a déjà expliqué comment régler une batterie mais je t’assure que je n’ai jamais réussi à bien le faire. Ça me prend huit minutes pour bien la faire fonctionner alors qu’en théorie ça devrait prendre 40 secondes. Stephen a une grande confiance en son habileté et n’en souffre pas du tout – alors que moi, je flippe à l’idée de faire des pains sur scène. Je pense que les gens aiment bien ce genre de trucs chez nous. Je crois que nos fans flippent pour nous en allant à nos concerts. Un peu comme quand tu vas au récital de piano de ton meilleur pote. Tu tiens à ce qu’il ne se plante pas.

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Est-ce que tu connais Kurt Cobain ?

On s’est rencontrés en 1992, au festival de Reading. On savait que c’était lui qui avait sélectionné le line up de la journée à laquelle Nirvana participait. Je suis allé le voir et je lui ai dit : «

Merci de nous avoir trouvé le plan, c’est un gros truc pour nous

 » en lui serrant la main. Et il m’a donné une de ces réponses de type : «

OK mec, OK, va-t-en maintenant.

 » Et j’ai retrouvé les autres en leur disant : «

Les mecs, Kurt Cobain n’en a rien à foutre que l’on soit ici ou non ! Il n’en a rien à branler !

 » Je crois que les Melvins jouaient à ce moment-là, et c’est peut-être pour cette raison qu‘il m’a répondu comme ça. Il voulait les voir et n’avait pas envie de parler à un mec comme moi. Et on a aussi joué il y a deux ans avec Sonic Youth, à Castal Lake en Californie, et Kurt faisait la première partie en solo acoustique. Tout le temps que Kurt était sur scène, Courtney Love roulait des pelles à Gary Young en backstage. C’était fou. On matait Kurt finir son show et on pouvait distinguer Courtney et Gary derrière en train de s’embrasser. Depuis qu’il est parti, on appelle Gary « l’homme en décomposition » parce qu’il a une haleine d’alcoolique et qu’on devait tout le temps lui dire de la fermer. Je devais même transporter perpétuellement du dentifrice sur moi tellement c’était insupportable. Donc, on était là : « Mais comment cette meuf peut embrasser un type pareil ? » Et un mec a même entendu Courtney dire à Kurt : «

Hey Kurt, le batteur de Pavement est super cool !

» Et au même moment, Gary venait nous voir Scott et moi en disant : «

Mais qui est cette putain de Courtney Long ?

 » Il pouvait à peine marcher.

C’est une drôle d’idée, mais est-ce que vous avez déjà essayé l’e-mail ?

Non. On n’a pas de téléphone portable non plus. Mon père s’est acheté une formule pour nos appels longue distance via AT&T, tu ­composes le numéro que tu veux appeler et ça bipe la personne à qui tu veux parler. T’as plus qu’à trouver une cabine et le mec te recontacte immédiatement. C’est comme ça qu’on fait la plupart de nos interviews en tournée. C’est la seule manière de nous avoir.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être élu album du mois dans Vice ?

Je trouve ça génial. Je pense que tout le monde (sauf moi) a bossé dur sur l’album. Et toute accolade potentielle pour nous soutenir est la bienvenue.