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[Premiere] Giorgio Moroder "74 is the New 24"

On a parlé à Giorgio de son nouvel album de la vidéo "74 is the New 24" qu'on vous présente en exclu sur The Creators Project.
18 novembre 2014, 12:00am

Après une collaboration mémorable avec Daft Punk en 2013 sur le non moins mémorable Random Access Memories, la légende Giorgio Moroder est de retour en 2014 avec ce qui semble bien être son premier album solo depuis 30 ans. Annoncé aujourd’hui, l’album qui sortira au printemps 2015 chez Sony/RCA, rassemblera pléthores de collaborations plus où moins marquantes comprenant, entre autre, Britney Spears, Sia, Kylie Minogue et Charli XCX. Et comme il aime faire les choses bien, l’annonce de cet album, qui d’ores et déjà s’annonce comme celui qui fera bouger vos fesses l’été prochain, est accompagné par un premier clip, 74 is the New 24, qu’on a la chance de vous présenter en exclusivité.

La vidéo, dirigée par Jai Lewin avec l’aide d’Andromeda Software Development est une succession de paysages numériques aussi beaux que subtilement dérangeant. “Nous voulions réussir à atteindre le coté retro-futur de Giorgio Moroder.” explique Lewis, qui avant cela avait déjà collaboré avec Moroder sur un DJ Tour, lui aussi à venir. “Son sens du détail est particulièrement strict et le temps passé sur chacune de ses productions en est la plus belle preuve. Je ne sais pas où il trouve l’énergie pour travailler sur ces tournées, ce nouvel album et à coté de ça continuer à être un père de famille et une légende vivante.” Devant tant de questions, The Creators Project se devaient de trouver des réponses auprès du principal intéressé.

The Creators Project:  Bonjour monsieur. Comment allez-vous aujourd’hui ?
Giorgio Moroder: Plutôt pas mal, je suis super excité. Bon, je viens de me casser le doigt par mégarde mais sinon, tout va plutôt bien.

Oh mince ! Lequel ?
Le petit-doigt. Je vais devoir passer six semaines avec une attelle, c’est pas bien grave.

**Selon vous, qui a le plus contribué à vous faire revenir et a produire au 21e siècle ? ** Les Daft Punk, que j’adore.  Après m’avoir demandé d’être sur leur album, on m’a proposé des DJ sets, ce que je n’avais jamais vraiment fait, et c’était super. Par la suite, j’ai eu des propositions pour faire un album, et Sony/RCA avait la meilleure, je suis donc parti vers eux. J’aime tellement d’artistes. J’ai pu travailler avec Jai Lewis sur la vidéo et faire des collaborations avec Sia, Kylie Minogue, j’ai même rencontré Lady Gaga, c’était génial, elle est si talentueuse – Moroder à d’ailleus remixé I Can’t Give You Anything But Love de Lady Gaga et Tony Bennet. À mon âge, en 2014, j’étais tellement content. Entre mes collaborations et mes activités de DJ, j’adore ma nouvelle carrière.

Que pensez-vous de ceux qui vous prêtes des influences parmi tels ou tels artistes actuels ?
C’est plutôt sympa de leur part, mais la plupart du temps, je ne vois pas une once de ressemblance. Mais c’est sympa.

Quelle est votre avis sur l’évolution des pratiques numériques dans la musique ? Que n’importe quel gamin puisse aller sur Youtube, regarder un tutoriel et réussir à produire quelque chose de décent, seul, dans sa chambre ?
C’est évidemment une bonne chose. Il y a tellement de personnes qui ont du talent. Qui peuvent faire de grands morceaux avec seulement un micro et un ordinateur.  Les Moog exigeaient beaucoup de réglages, ils se désaccordaient en permanence, on perdait un temps fou. Ensuite, on a eu des techniciens et un studio bien sur. Mais qu’est ce que la technologie sans talent.

Lorsque vous travailliez sur ce qui est devenu “votre son”, aviez-vous des directives précises en tête, ou avez-vous simplement expérimenté, comme par exemple, ces créateurs d’Acid House qui ont trouvé leur son par hasard ? Par une sorte de sérendipité ?
C’est entièrement de l’improvisation et de l’expérimentation. Pour une chanson comme I Feel Love de Donna Summer – un des principaux tube de 1977 qui changea la face du disco à tout jamais – J’ai juste commencé par une ligne de basse au pif. On a simplement ajouté des sons puis des arrangements, en s’essayant. Le delay est ce qui, au final, change le son, la basse passe d’un “da da da da” à un “da da da da da da” et c’est devenu une sorte de révolution – il se marre.

Quelle sont les différences dans votre processus créatif lorsque vous travaillez avec quelqu’un et lorsque vous travaillez seul ?
Parfois, je ne fais que livrer un produit final, mais d’autres fois… cela dépend vraiment du projet. Lorsque j’ai bossé avec Kenny Loggins – Highway to the Danger Zone, de la BO de Top Gun, rien que ça – j’ai livré le morceau et c’était fini, il était prêt, je lui avais juste donné quelques indications sur comment chanter le morceau. Quand j’ai eu a bosser avec Kelly rowland, les choeurs de la chanson ne marchaient pas comme je voulais, alors Kelly a eu une super idée, c’était très différent de ma façon de travailler mais ça a très bien marché. Aujourd’hui je travaille avec des musiciens avec qui je peux Skyper, qu’il soit en Allemagne ou en Angleterre. On travaille en collaboration même si on est à 3000 kilomètres l’un de l’autre. Tout change d’une collaboration à une autre.

Qu’est ce qui fait, selon vous, un grand morceau ? Et comment voyez-vous votre rôle dans tout cela ? Comme une sorte de compositeur / chef-d’orchestre ?
Oui, quelque chose comme ça. Parce que je suis pas un chanteur, donc il m’est très important de m’associer avec des bons chanteurs. Et ensuite vient évidemment les musiciens, c’est probablement le plus important. Pour des morceaux qui ont vocations à faire danser, il faut une voix féminine, il y a des exceptions, comme Clavin Harris, mais sinon, pour 60-70% des cas, il vous faudra une voix féminine pour faire danser les foules.

Que pensez-vous de cette dernière vidéo pour le single 74 is the New 24 ?
Je l’adore. J’aime l’idée de transformation. J’aime l’idée que ce soit une vidéo qui se regarde plusieurs fois. Je pense qu’elle est géniale. Vous voyez,  le rhinocéros se transforme, c’est beau. Je suis vraiment heureux de la tournure que prennent les choses.

Retrouvez “74 is the New 24” sur iTunes_ et Spotify._