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Paerish assume pleinement son amour pour le pop punk et vous devriez en faire autant

On est allés passer un moment avec le groupe parisien, qui vient de sortir son excellent premier album, « Semi Finalists », et s'apprête à partir en tournée avec Sum 41.

par Nicolas Milin
16 Janvier 2017, 10:05am


Être né à la fin des années 80 signifie souvent avoir connu parmi ses émois adolescents les derniers bons disques de punk rock, les derniers bons albums de Korn ou avoir en tête le morceau « Comme un Boomerang » version Daho et Dani jusqu'à la fin de ses jours. Après quoi trois opportunités majeures se sont dessinées : écouter du rock alternatif dans ce que cela peut impliquer de très bon comme de très mauvais, sombrer dans les affres mono-neuronales du metalcore, ou tout simplement arrêter d'écouter de la musique. Près de quinze ans plus tard, les premiers se sont éparpillés, parfois trop, parfois pas assez, les seconds ont toujours les cheveux sales, et les troisièmes n'en ont strictement rien à foutre de votre avis. Une chose est sûre, les membres de Paerish, eux, n'ont pas oublié leurs premiers émois. La preuve, leur premier album Semi Finalists respire autant la candeur du punk ensoleillé que la grisaille des provinces françaises. Alors qu'ils s'apprêtent tout juste à finaliser cette boucle temporelle en partant en tournée avec les Canadiens de Sum 41, le moment semblait opportun de leur poser quelques questions.  

Noisey : En novembre dernier vous terminiez une tournée en première partie de Silversun Pickups, début décembre sortait Semi Finalists, votre premier album, et pour débuter 2017 vous partez de nouveau en tournée en première partie de Sum 41. L'enchaînement semble parfait.
Martin (basse) : C'est clair que c'est énorme pour nous ! Déjà la tournée avec les Silversun Pickups nous paraissait trop grosse pour nous, avec des salles de 600 personnes quasiment tous les soirs pendant 2 semaines, c'était fou ! Quand on a su qu'on était pris pour Sum 41, on était vraiment comme des gosses ! C'est un groupe quand même hyper important dans notre éducation musicale d'ados des années 2000, et là, on va faire que des salles immenses avec eux dans des conditions plus que cool, c'est énorme et hyper gratifiant d'avoir ça après 6 ans de boulot.

Julien (batterie) : C'est vraiment un truc de dingue, on a un peu l'impression de vivre la vie de quelqu'un d'autre haha.

Comment s'est conclu ce deal  ?
Martin : On a la chance d'avoir été signés l'année dernière par un management américain, du coup ça facilite pas mal ce genre de choses. L'agent de Sum 41 est venu nous voir à Londres en première partie des Silversun Pickups, a bien aimé et nous a donc rajouté à la liste des candidats, et voilà ! On a encore du mal à croire que ça ait pu être aussi « simple », ça fait 6 ans qu'on joue ensemble et on avait rien vécu d'aussi cool qui se passe aussi simplement haha.

L'influence des groupes de punk rock d'outre-Atlantique semble importante chez vous. Difficile de ne pas penser à Blink-182 sur certains riffs ou au chant de Sum 41 sur un morceau comme « Party's over, Biff».
Martin : Blink est clairement une des influences communes aux quatre membres du groupe. Y'a des trucs qu'on est plusieurs à adorer, mais qu'on soit tous les quatre à connaître par cœur la disco entière d'un groupe, y'a que Blink et Sum 41 je crois ! Après, quand on compose on n'a pas forcément l'impression de sonner comme eux, surtout vu la direction que Blink a pris avec le temps, mais le groupe est tellement important pour nous que ça doit venir tout seul. Et puis avec Mathias on aime bien faire les cons sur scène comme pouvaient le faire Mark et Tom. Et je sais aussi que Fred notre guitariste adore Dave le guitariste de Sum 41, d'où la présence de solos dans certains de nos morceaux !

Mathias (chant/guitare) : On le prend comme un gros compliment ! 

Julien : Merci beaucoup !

Vous citez aussi The Offspring. Le groupe en prend souvent plein la tronche mais j'ai l'impression qu'un album comme Smash a eu autant d'influence qu'un album comme Nevermind pour toute une génération.
Martin : Americana est le premier CD rock que j'ai acheté, à l'Intermarché de Belleville Sur Saône ! J'ai découvert Smash parce qu'un pote au collège m'avait gravé le CD que sa grande sœur avait et ça a été une énorme claque. Tous les cœurs, les riffs ultra rapides, la basse hyper présente, ils avaient tout ce qui me plait encore maintenant dans leurs chansons. Même dans leurs looks, leurs noms, et Noodles putain ! Tout était cool.

Après, vu qu'ils faisaient du punk pour ado boutonneux, et qu'ils venaient de Californie, ils ont pas le même cachet que des mecs dépressifs sortis de Seattle, et ça devait véhiculer un message moins fort et plus branleur que Nirvana avec Nevermind, mais perso, dans mon éducation musicale ils ont été aussi importants que Nirvana ouais. Encore maintenant je peux réécouter Americana et Smash en boucle sans me lasser. J'ai même réécouté Conspiracy Of One il y a quelques semaines en me disant qu'il y avait quand même quelques bons morceaux dessus, la suite non, mais j'assume à fond !

Mathias : Je commençais tout juste à écouter de la Britpop quand ma sœur était allée m'acheter Smash chez le disquaire du coin. J'avais même pas 10 ans et le riff de « Nitro » m'a complètement retourné le cerveau. J'avais jamais entendu un son comme ça, cette distorsion, cette urgence… J'adore Nevermind, c'est un très bon album, mais je dois beaucoup plus à Dexter Holland et à sa sauce épicée. 

Je trouve intéressant cette manière que vous avez d'assumer ces influences adolescentes tout en choisissant de faire du rock alternatif plus identifiable à des groupes comme Biffy Clyro, Weezer ou Nada Surf. Comment définiriez-vous l'état d'esprit du groupe ?
Martin : Un truc qui m'énerve vraiment : beaucoup de gens en France nous disent qu'on est « teenage », ça veut dire quoi exactement ? Dans aucun autre pays on nous dit ça, comme si c'était la honte de faire de la musique influencée ouvertement par celle qui t'a bercée. Je préfère assumer mon amour pour les Smashing Pumpkins et Blink que de faire de la pop à synthé pour choper une synchro dans la pub d'un opérateur téléphonique et avoir une Citroën à notre nom. Et je pense que c'est pareil pour tout le groupe.

On nous dit aussi beaucoup qu'on est « shoegaze » mais ça ne veut rien dire non plus. C'est pas parce que tu mets de la reverb dans un morceau que t'es Ride, même si j'adore. En 6 ans, on a vachement évolué, on est plus brut qu'avant, on a mis du temps avant de trouver notre son entre le rock alternatif, le post-rock, le math-rock et tout ça. Avec le temps on a aussi appris à davantage se cacher de certaines envies, mais tout ça s'est fait naturellement dans le groupe, on n'a jamais calculé quoi que ce soit dans nos compos.

Mathias : Je pense sincèrement que le pop punk est le premier genre à se faire clasher sous prétexte que « c'était la zic qu'on écoutait au lycée ». C'est le premier genre sur lequel tu tapes dans une conversation pour essayer de montrer que t'as mûri musicalement. Quand t'essaies de dire à quelqu'un que Blink sont des génies de studio, on se fout de ta gueule, je trouve ça ridicule. Donc en gros, notre état d'esprit, c'est qu'on assume à 100 % tous ces groupes, sans faire de distinction entre qui sonne adolescent ou pas. 

Martin : D'ailleurs c'est marrant mais quand on a annoncé la tournée avec Sum 41, pas mal de gens qui cachaient un peu leurs années pop punk se sont mis à nous dire qu'ils adoraient Sum 41...

Julien : On ne choisit pas ce qu'on compose, tout est dit. On se laisse aller et voilà. Alors oui bien sûr, parfois on se dit « tiens, ce pont ou ce break passeraient bien façon untel ou untel », mais tout vient naturellement pour la plupart des chansons. On préfère donc laisser les gens nous coller des étiquettes plutôt que de s'en mettre une nous-mêmes, c'est d'ailleurs plutôt marrant, j'adorais le faire étant plus jeune.

Martin : Les rares fois en répète où l'on a essayé de se dire « on peut faire un truc à la machin », on l'a jamais gardé, ça fonctionne jamais !

Il y a des groupes actuels dont vous vous sentez proches musicalement ?
Martin : On adore un groupe australien qui s'appelle Violent Soho. Ils ne tournent quasiment jamais en dehors de leur pays où ils sont des superstars et gagnent des prix tous les ans, c'est dingue de voir ça ! Il y a aussi des trucs comme Culture Abuse que j'adore parce que tu sens qu'ils assument toutes leurs influences dans leur musique, ils se disent pas « bon, maintenant on est un groupe de shoegaze » ou je sais pas quoi. Ils font un morceau qui va avoir des sonorités comme ça, mais qui finira avec un riff plus rock et brut, je trouve ça super cool de refuser la pose que certains peuvent adopter.

Mathias : Depuis leur premier album, je dirais que Title Fight a toujours été une grosse influence pour moi. Ils ont une patte que tu retrouves dans chacun des 4 albums, un choix d'accords et un son qui me plaisent autant à chaque fois. D'ailleurs, pour en revenir à Offspring, je trouve que « Nitro » et « Symmetry » démarrent sur un riff hyper similaire, martelé de la même façon, et c'est ce qui m'a direct fait accrocher à Title Fight. 

Julien : Je conclurais en rajoutant Superheaven, Dinosaur Pile-Up et Basement.

Semi Finalists est sorti sur votre propre label, 14 Bowls Of Cereal. Personne d'autre n'en voulait ?
Martin : On a envisagé cette option dès le début, avant même que les choses n'avancent réellement pour nous. Puis il y a eu tout le « succès » sur Spotify qui nous a amené à discuter avec plusieurs labels, on a eu quelques offres mais on se sentait pas assez sûrs de bosser avec tel ou tel label, donc on a préféré prendre le risque de se lancer seuls accompagnés de notre management, histoire d'avoir les mains complètement libres. Pour ne pas te mentir, il y a des jours où c'est vraiment chiant de devoir tout gérer seuls, ou quand tes collègues te demandent pourquoi tu bosses sur ton groupe et pas sur ton taf, mais quand t'arrives à avoir ce pour quoi tu bosses à fond, c'est hyper gratifiant.

Mathias : On était pas très rassurés par ce choix au début, mais on se débrouille très bien à 5 avec notre manager. On se serait mis des bâtons dans les roues si on s'était forcés à signer sur un label juste pour le principe.

Julien : Ouais, on a préféré ne pas se précipiter et attendre une meilleure occasion, on a entendu trop de mésaventures de groupes qui se sont jetés sur le premier venu...

Dans une interview donnée il y a quelques années, vous disiez que le fait de rester indépendant était très important pour vous, que vous préfériez gagner peu plutôt que de gagner à mort et faire de la merde. Outre le fait que vous sembliez mal partis pour faire de la merde, rester indé continue d'être l'une de vos priorités ?
Martin : J'ai vu pas mal de potes signer sur des labels et devoir se plier à des exigences de merde, donc forcément ça fait pas rêver. Même si les mecs te donnent des grosses avances sur recette, te trouvent un tourneur cool et te distribuent en FNAC, je ne vois pas l'intérêt si c'est pour ne plus prendre de plaisir en composant. Surtout qu'à notre échelle, on réussit à générer suffisamment de sous de nos releases et du merch, pour pouvoir tout réinvestir dans le groupe. On ne cherche pas à en vivre mais c'est assez pour que le groupe ne nous coûte rien, et pour l'instant c'est déjà super !

Après, si un label hyper cool et sur la même longueur d'ondes que nous vient nous voir, on discutera, on n'est pas fermés, mais on ne se forcera pas. Y'a plein de labels dont les noms nous font rêver, donc on ne fera pas les fines bouches s'ils viennent nous voir, on ne se sacrifie pas sur l'autel du DIY. Surtout que je viens de quitter mon taf pour partir en tournée avec Sum 41, il va falloir bien négocier le virage. [Rires

Julien : On attend le deal du siècle !

Mathias : La priorité, c'est d'écrire des chansons qui nous plaisent, avec ou sans label. J'ai vraiment hâte d'enregistrer la suite. 

Comment se déroule la composition au sein du groupe ?
Mathias : Je compose tous les squelettes de chansons, certaines arrivent en répète avec très peu à changer, et d'autres sont vraiment à rebosser en groupe. Semi Finalists a été enregistré il y a 2 ans, et les nouvelles compos sont restées dans les tiroirs depuis. J'ai qu'une hâte, c'est de bosser ces nouvelles chansons et de repartir en studio dès que possible. 

Vous vous êtes rencontrés en école de cinéma et les références ne manquent pas : le premier titre de l'album se nomme « Winona Ryder  », Paerish est une référence à Jumanji, « Party's Over, Biff» à cette sale trogne de Biff Tannen dans Retour vers le futur… Le ciné est un truc qui vous influence et qui vous soude ?
Martin : Ouais clairement, on est tous cinéphiles, on bosse quasiment tous dans l'audiovisuel, on regarde des films ensemble, au ciné, en tournée, on en parle très souvent et c'est vraiment un gros lien entre nous. Il y a quelques années, on mettait plein de samples de films en live, qu'on intégrait dans des morceaux ou entre deux chansons, comme le fait super bien le groupe Microfilm, et on trouvait que ça ajoutait un vrai cachet au live. Notre premier EP commençait aussi sur un sample de Vertigo de Hitchcock. Même pendant la tournée avec Silversun Pickups, on entrait sur « I Love My Little Rooster » d'Almeda Riddle que Harmony Korine avait utilisé dans l'intro de Gummo. Sans spoiler, pour la tournée avec Sum 41, on utilise autre chose. On a encore tout un stock de samples !

Si je devais comparer votre album à un film ce serait peut-être Hook de Spielberg, dans la nostalgie qu'il dégage sans pour autant faire du surplace comme beaucoup de groupes de rock actuels qui ne semblent se rattacher qu'au passé. Ce juste milieu est-il difficile à trouver ?
Martin : Dès que je parle de Hook maintenant je pense au groupe Rufio que j'adorais ado donc j'ai un rapport bizarre au film maintenant. C'est une vraie volonté de ne pas faire que du rétro, sinon ça s'essouffle très vite. La mode des synthés années 80 va commencer à s'essouffler et je ne donne pas cher de la peau de la vague shoegaze, même si je souhaite une longue vie aux bons groupes de cette mouvance. Y'a pas mal de groupes qui débarquent dans le game et j'ai l'impression que les mecs ont déjà fait le tour du truc, peu cherchent à proposer un truc original, juste à faire du sous My Bloody Valentine parce que ça vend bien chez Urban Outfitters.

Donc ouais, on essaie de mixer au maximum nos vieilles influences type Failure et les Pixies, tout en y apportant ce qu'on écoute d'actuel, mais encore une fois, on ne décortique pas les morceaux pour se dire « ça c'est rétro, ça non, on garde, on jette… », tant mieux si on rappelle aux gens des groupes des années 90. Par exemple, on nous parle souvent de Far et My Vitriol, mais si on nous compare à un truc hyper récent, genre Pup ou Modern Baseball, je vais être tout aussi content.

Mathias : J'aime bien la comparaison, merci ! Il y a pas mal de reviews de l'album qui disent qu'on a réussi à obtenir un truc assez personnel dans ces 12 chansons. C'est le plus gros compliment qu'on puisse me faire, parce qu'on bosse pas du tout dans cette optique de copier-coller des trucs déjà faits. C'est vrai qu'on a qu'un seul album, donc les gens cherchent beaucoup les comparaisons, c'est normal. Mais plus on nous dira « ça ressemble à du Paerish » et plus je serai content. 

Il y a quelques années Paerish se nommait Crackity Flynn. Pourquoi vous avez changé ?
Martin : On a toujours eu du mal à faire comprendre le nom aux gens, sauf en Ecosse où tout le monde adorait, va savoir pourquoi ! Malgré la référence marquée aux Pixies, les gens ne comprenaient jamais ce que ça voulait dire. Du coup, une fois l'album mixé par Vince Ratti et Will Yip, et quand on a commencé à démarcher des labels, Vince nous a clairement dit que le nom posait problème et que tous les pros à qui il parlait de nous trouvaient ça nul. On s'est dit que c'était enfin le moment de changer, on y était attachés mais il nous freinait.

Mathias : Ça nous faisait chier au début, mais ça a vraiment tout changé pour le groupe. La dernière année de Paerish a été plus remplie et prolifique que ces 4/5 années de Crackity Flynn. 

Julien : Je crois que j'étais le moins emballé de nous quatre par rapport à ce nom et puis je m'y suis fait.

L'arrivée d'un deuxième guitariste a été un changement important ?
Martin : Ca a tout changé ! Avant, on avait du mal à arranger pas mal de morceaux, on trouvait des idées pour boucher, mais il manquait vraiment un truc. On a donc pris le temps de trouver la perle rare, et après pas mal d'essais avec des mecs cool, on a trouvé Fred qui nous a apporté énormément dans les compos et dans le son, et il fait un super latte noisette en plus !

Mathias : C'est un mec discret mais qui fait beaucoup de zik chez lui. Il m'aide énormément sur les compos, et même sur mon son de gratte. En plus, lui aussi connaît par cœur les sketchs des Inconnus, donc c'est le deal parfait. 


Il y a un concert dont vous gardez un souvenir particulier ? 
Martin : Le concert qu'on a fait à Londres en novembre avec les Silversun Pickups était dingue, déjà c'était la plus grosse salle qu'on ait fait de notre vie, mais aussi parce que la première fois qu'on avait joué à Londres c'était devant quatre personnes... Notre concert à Perth en Ecosse m'a également marqué parce qu'on a joué devant le public le plus bienveillant et cool qu'on ait eu jusque là. On jouait avec nos potes We Came From Wolves qui viennent de Perth et qui jouaient donc à domicile, mais les gens ont tous été super avec nous !

Mathias : Pareil, le concert de Perth. C'était il y a 2 ans, on jouait « Winona Ryder » pour la première fois en live, et les mecs chantaient le refrain de cette chanson qui allait sortir 2 ans plus tard. C'était ouf de jouer devant des mecs qui pigeaient les paroles, et qui venaient nous parler des Smashing et de Blink à la fin du concert. C'est ce qui nous a fait tomber amoureux de l'Ecosse je crois ! 

Martin : Après le concert, un mec est venu nous voir et nous a dit que Mathias et moi on lui faisait beaucoup penser à Tom Delonge et Mark Hoppus sur scène, on était trop contents 

Julien : Le concert de Londres était fou, clairement, bien que j'ai préféré celui de Leeds, quelques jours plus tôt pendant notre tournée avec SSPU. C'était sold-out, 400 personnes, énorme ambiance !

Vous êtes étiquetés groupe parisien mais la plupart d'entre vous n'êtes pas originaires de la capitale. Outre le fait que cela puisse se ressentir dans vos visuels, qu'il s'agisse des pochettes de vos singles ou du clip de « Party's Over, Biff», c'est aussi quelque chose qui façonne votre rapport à la musique ?
Martin : Ado j'avais une espèce de rejet de la scène parisienne, les baby rockers et compagnie me rendaient littéralement dingue, j'avais un vrai côté province VS Paris, que j'ai toujours d'ailleurs ! On parlait avec des copains écossais qui nous disaient que dans un pays avec de tels paysages et une météo aussi merdique, t'étais très vite inspiré, et je pense que c'est pareil pour nous avec nos souvenirs de province. On aime bien cette idée de se poser à la campagne pour composer et écrire tranquille. J'ai grandi dans le Beaujolais et énormément de groupes me rappellent les trajets pour aller au bahut en car où je les écoutais en regardant ces paysages matin et soir, donc encore maintenant ça me travaille énormément. Quand je rentre voir mon père je ne peux pas m'empêcher de me replonger dans mes vieux MP3 de l'époque.

Mathias : Complètement. L'album Semi Finalists parle de ça, de venir d'une petite ville grise en Picardie, et de débarquer à Paris, de galérer avec tes démos indie rock auxquelles tous les labels répondent par « c'est cool les gars, mais ça marchera jamais ! » Se prendre ces remarques pendant 5 ans, et l'envie de retourner dans ta petite ville, loin des Parisiens.

Vous avez prévu quelque chose de spécial pour cette tournée en compagnie de Sum 41 ? Vous comptez trinquer à la Badoit avec Deryck ?
Martin : Déjà on va essayer d'assurer et de prouver qu'on n'est pas là par hasard. C'est dur de te sentir légitime dans ce genre de circonstances, surtout qu'on débarque un peu de nulle part pour pas mal de gens. Et puis en trinquant avec Deryck, je vais enfin pouvoir renouer avec ma période straight edge d'il y a 10 ans, c'est cool !


Les dates de Sum 41 et Paerish en France :
16/01 : Bordeaux @ La Médoquine
22/01 : Toulouse @ Le Bikini
24/01 : Nîmes @ La Paloma
25/01 : Marseille @ Le Cabaret Aléatoire
26/01 : Lyon @ Le Transbordeur
22/02 : Paris @ Zénith
12/03 : Lille @ Aé
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Nicolas Milin est sur Twitter.