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Boire ou s'unir, il faut choisir

Et si le mariage marquait le début de la fin des problèmes d'alcool ? Une étude récente montre que les gens qui convolent en noces picolent de manière beaucoup plus raisonnée et responsable.

Plus la trentaine approche, plus vos potes ont tendance à se ranger dans l'une de ces deux catégories : d'un côté, il y a ceux qui se marient et disparaissent de la circulation pour aller s'enterrer dans un minuscule pavillon en banlieue et s'atteler à la reproduction de petites versions miniatures d'eux-mêmes, et de l'autre, il y a ceux qui continuent à se comporter comme d'éternels adolescents et pour qui le quotidien reste rythmé par les coups d'un soir, la mauvaise coke et les fameuses « tournées de shots chez un copain barman ». Pour vous la faire autrement : il y a ceux qui acceptent de passer l'essentiel de leurs soirées devant l'Amour est dans le pré en tenant fébrilement la main de leur meuf, et ceux sont qui préfèrent les rencards Tinder en happy hour et les soirées Fifa avec un pack de Kro.

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Peut-être que finalement, devenir adulte, c'est exactement ça : faire des choix de vie et basculer d'un côté ou de l'autre de la barrière. Comprendre : choisir de redevenir sobre ou de rester alcoolique. C'est tout le propos d'une étude réalisé par l'Université de Missouri-Columbia qui tend à apporter la preuve scientifique que le mariage est l'étape de vie qui éloigne le plus efficacement les jeunes de la bouteille.

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L'étude commence par ce constat évident : aussitôt la majorité atteinte, les jeunes se mettent à boire trop et n'importe comment – les mecs raides morts en train de pioncer dans les buissons sur lesquels l'on tombe en rentrant de soirée ont beaucoup plus souvent 20 piges, que la cinquantaine, clodos exceptés. Pour mettre un nom sur ce moment où, épuisé par autant de connerie, l'être humain reprend le contrôle de soi-même et de son destin, les scientifiques parlent d' « effet de maturation ». Assez logiquement, ce retour dans le droit chemin coïncide avec des prises de responsabilités telles que : commencer un nouveau job, trouver un conjoint ou adopter un chien (que l'on se retrouve à aimer plus que ses propres parents).

Mais les résultats de l'étude sont salutaires : le fait de dire « oui » à quelqu'un pour la vie entraîne en réaction une très forte baisse de sa consommation personnelle d'alcool. Cet effet vertueux du mariage a même été observé chez les gens portant les marqueurs d'une consommation excessive ou ayant de « graves » problèmes d'alcoolisme. Est-ce que cela veut dire que si vous êtes un gros poivrot, il suffit de vous marier avec cette amie d'amie qui cherche un mariage blanc pour dire instantanément adieu à tous vos problèmes d'alcool ? Peut-être pas, mais c'est quand même une option à envisager car sur le long terme, n'importe quel type d'union durable pourrait avoir des conséquences bénéfiques sur le quotidien et la vie réelle.

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Plus concrètement, les chercheurs ont recoupé des données d'une ancienne étude structurelle effectuée par l'Arizona State University qui portait sur les liens entre hérédité et troubles liés à l'alcool – l'étude en question se concentrait plus particulièrement sur l'évolution des habitudes de consommation entre 18 et 40 ans et entre les périodes de célibat et de mariage (Notez que la moitié des personnes interrogées étaient des enfants d'alcooliques).

Au fil de leurs recherches, les scientifiques en sont arrivés à la conclusion que « chez les sujets observés, le mariage provoquait non seulement une réduction des comportements excessifs face à la consommation d'alcool, mais aussi que l'effet vertueux du mariage était bien plus marqué chez les individus ayant de graves problèmes d'alcoolisme avant de se marier ».

Ceci s'explique en partie par une meilleure compréhension de ce que les chercheurs appellent la « role incompatibility theory » ou cette idée qu'un individu se sentirait en permanence torturé par l'envie, d'un côté, d'être un bon mari ou une bonne femme, et de l'autre, celle d'avoir envie de se mettre une mine en permanence. Grâce à cette mécanique, les chercheurs espèrent réussir à identifier plus facilement et soigner plus rapidement les gens qui ont des problèmes d'alcoolisme, tout comme ils espèrent aussi inspirer d'éventuelles futures politiques publiques dans le domaine de la santé.

Matthew Lee, un post-doctorant du Département de Sciences Psychologiques de l'Université de Missouri insiste sur la réelle prise de conscience induite chez les patients par la mise en pratique de cette théorie : « La théorie suggère que si une personne réalise que ses comportements à risque sont si forts qu'ils l'empêchent de s'accomplir ou d'assumer une grosse responsabilité comme, par exemple, se marier, l'une des manières les plus évidentes pour pallier cette incompatibilité consiste à faire une croix sur le comportement à risque. »

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En d'autres termes : si vous êtes jeunes et que vous n'en avez encore strictement rien à foutre du mariage, vous pouvez continuer à picoler peinard. Mais vers 30 piges, à un moment ou un autre, vous risquez forcément deux choses : A) Avoir juré devant témoins de continuer à mater des séries à la con tous les soirs de votre vie en compagnie de votre moitié ; B) D'être marié, amoureux, épanoui, mais toujours complètement alcoolo. Et rassurez-vous en vous disant que dans ce cas, la science pourra vous aider.

Mais si vous avez envie de célébrer dignement vos noces de poivrot avec votre moitié – disons, une fois par semaine, le vendredi soir – autour de quelques verres de punch, hé, pas de pression, c'est cool aussi.