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LE NUMÉRO AU BORD DU GOUFFRE

Lionel Soukaz

Quand j'ai rencontré Lionel Soukaz, je ne savais pas vraiment qui il était. Je savais qu'il ­s'agissait d'un cinéaste français gay et activiste, et c'était à peu près tout.
2.3.11

Illustrations et photo publiées avec l'aimable autorisation de Lionel Soukaz

  Quand j’ai rencontré Lionel Soukaz, je ne savais pas vraiment qui il était. Je savais qu’il ­s’agissait d’un cinéaste français gay et activiste, et c’était à peu près tout. Assez pour ­m’intéresser parce qu’à ma connaissance entre

Un chant d’amour

de Genet et

Les Chansons d’amour

de Honoré, le seul cinéma gay qui se revendique comme tel, c’est le cinéma porno. Or ce n’est pas le propos de Soukaz, même si parfois des gens se sucent la bite dans ses films. Non, Lionel Soukaz est l’un des rares à s’être fait le témoin cinématographique de l’homosexualité en France depuis les années soixante-dix en filmant et organisant les premiers festivals de cinéma pédé dans le pays.

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Son film majeur,

Race d’Ep

, est une histoire globale de l’homosexualité qu’il a écrite avec Guy Hocquenghem, le fondateur du Front homosexuel d’action révolutionnaire. Il a aussi côtoyé tous les mouvements de lutte à une époque où la préférence homosexuelle était encore pénalisée. J’ai donc rencontré Lionel Soukaz comme un bleu-bite, étant moi-même un homme blanc hétéro – c’est-à-dire, le truc qui a le moins à se battre sur Terre si ce n’est avec sa mère et ses différents avatars – pour qu’il me raconte son combat et sa traversée de toute l’homo-intelligentsia française. Je m’attendais à me retrouver face à un guerrier marqué par le feu, et en réalité Lionel Soukaz est le mec le plus doux avec qui j’aie jamais parlé.

Vice : Par quoi vous avez commencé ? Le cinéma ou l’homosexualité ?

Lionel Soukaz :

Le cinéma ! L’homosexualité, on n’en parlait pas à l’époque. Je suis né en 1953 et l’homosexualité était considérée comme un fléau social. Dans les cours d’école, tout le monde disait « enculé, enculé » mais c’était un non-dit terrible. On n’en parlait jamais, même les parents. Bref, on est en 1953, l’année où Staline meurt et le cinéma… Le cinéma j’ai toujours aimé ça, parce que ma mère prenait des photos et elle organisait des diaporamas le dimanche. C’était chiant, mais c’était bien. Et j’ai réellement commencé à fréquenter la cinémathèque vers 1967. Puis 1968 me tombe dessus, moi j’ai 15 ans et c’est le grand chambardement. Avant, j’étais comme mon père, plutôt gaulliste, mais avec tous ces événements, j’ai eu envie de rencontrer d’autres garçons.

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C’était le bon moment ?

Pas vraiment. 1968, c’est très macho. Les femmes font la cuisine pendant que les hommes jouent à Che Guevara, et les pédés sont très mal vus. Guy Hocquenghem raconte dans une interview donnée au

Nouvel Obs

en 1971 qu’il s’est vu obligé de se renier trois fois comme Saint Pierre, parce que si t’étais pédé, t’étais de la merde. Je me souviens d’amants communistes que j’ai eus à l’époque ; ils en parlaient comme d’une « déviance bourgeoise » qui n’avait aucun avenir.

J’ai entendu ça, aussi. J’ai l’impression que tout s’est mélangé naturellement pour vous, le cinéma et la sexualité.

Oui, parce que le cinéma, c’est très lié à la sexualité. On y va avec ses copains, on se masturbe en regardant des films même pas forcément sexy, mais bon. Avec l’apparition du cinéma érotique, on a ses premières expériences, on se fait draguer par de vieux messieurs… Il y avait une gêne parce que moi je savais que j’étais homosexuel, mais j’ai appris plus tard que mes copains hétéro baisaient tous ensemble. Mais comme pour moi c’était important et beaucoup plus difficile à admettre, je baisais beaucoup moins qu’eux et je passais mon temps à tout refuser.

Vous saviez qu’il existait un cinéma homosexuel ?

Bien sûr, mais il n’y avait pas beaucoup de films à l’époque. Dans le cinéma hollywoodien, l’homosexuel c’était toujours l’alcoolique, l’impuissant ou les deux en même temps. Dans

Soudain l’été dernier

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par exemple.

C’est pour montrer la vérité que vous êtes passé à la réalisation ?

Pas au début en tout cas. Dans mes tout premiers films en Super 8, je jouais à l’hétéro. Dans

Ballade pour un homme seul

, je filme mon copain de l’époque et j’essaie de le dénuder, mais en fait c’est un film qui parle d’écologie. Quand je fais

Paris Chausey

en 1973, c’est la grande époque du cinéma 8 mm, on pique la caméra du tonton, ça facilite tout, et en plus personne ne peut censurer. C’était un long-métrage et je jouais encore à l’hétéro qui se pose des questions. Dans le scénario j’avais essayé de sous-entendre l’homosexualité du personnage mais j’ai vite renoncé parce que quand les comédiens ont appris que j’étais homo, ils se sont moqués de moi en jouant la tarlouze au téléphone. C’était très difficile à gérer.

Qu’est-ce qui vous a permis de l’annoncer aux gens, alors ?

C’est avec le Front homosexuel d’action révolutionnaire en 1971 qu’on a pu se révéler un peu. Avant, il y avait un groupe qui s’appelait Arcadie, où l’on pouvait aller danser le dimanche après-midi si on avait une cravate et qu’on n’embrassait pas. Mais le FHAR a tout fait exploser. Des intellectuels comme Daniel Guérin, Françoise d’Eaubonne et Guy Hocquenghem qui écrivait à l’époque dans

Tout !

en avaient rédigé le manifeste. Du coup, des jeunes gens sont arrivés de la France entière pour baiser et vivre enfin leur homosexualité. En fait les Beaux-Arts, c’était une grosse partouze.

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Vous étiez aux Beaux-Arts ?

Non, moi j’avais 18 ans, j’étais interdit de séjour dans ce monde-là, la majorité était à 21 ans. Je me planquais dans les toilettes. Il y avait des RG partout et fallait toujours se planquer.

Les toilettes c’était un bon plan ?

Oui. Les policiers français auraient pu mettre des caméras dans les toilettes pour nous surveiller. À l’époque, ça craquait de partout. Grâce au mouvement féministe d’ailleurs, parce que ce sont elles qui, les premières, ont revendiqué la sexualité, par rapport à l’avortement, la contraception, etc. D’ailleurs le FHAR, c’était mixte au départ. Ensuite, ça s’est séparé. Comme tout le reste. Les femmes ont reproché aux mecs de ne penser qu’au cul. C’est vrai que c’était le bordel. C’est un mouvement qui a disparu aussi vite qu’il est apparu.

Hocquenghem vous l’avez rencontré comment ? C’est grâce à lui que vous avez mis en chantier La Race d’Ep ?

Les premières années, c’était juste une connaissance. Il était au FHAR, moi j’étais fou amoureux de lui, je lisais ses livres sans comprendre tout, mais j’avais bien compris que le problème, c’était pas l’homosexualité mais l’homophobie. Son discours était très influencé par Deleuze d’ailleurs, qui était son professeur et ami. En 1969 il y a eu la création de l’université de Vincennes et j’y allais, mais plutôt pour fumer des joints. Il y avait trop de monde aux cours de Deleuze mais j’ai pu le rencontrer plus tard, avec Michel Cressole, Gilles Châtelet, François Châtelet, Foucault et toute cette bande-là. J’étais ­gamin à l’époque. J’y allais parce que tout le monde en parlait.

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Et vos premiers films partent de ça ?

Oui, je reprenais des extraits de

Co-ire

, des textes de ­Hocquenghem, de Schérer, Matzneff et Tony Duvert. Tous ces écrivains qui parlaient de choses dont on ne peut plus parler maintenant. C’était aussi l’occasion de faire des trucs que je pourrais montrer à Guy – il faut savoir que tout le monde était amoureux de lui. Il était sublimement beau et il parlait bien. J’ai eu plusieurs occasions ratées et il a fallu que j’attende 1976, qu’un amant m’invite chez un producteur de France Culture après avoir diffusé

Le Sexe des anges

à un festival, dans une maison près d’Avignon. Et là qui arrive ? Guy Hocquenghem.

Plutôt cool.

On a parlé toute la nuit, je lui ai montré le début de mon film. Je pense que ça l’a intrigué. Je lui ai dit que je voulais adapter

Oiseau de la nuit

qu’il avait écrit avec Jean-Louis Bory – c’est devenu par la suite la dernière partie de

Race d’Ep

. Et lui a décidé de me raconter le début de l’histoire, l’invention du mot homosexuel en 1860, etc. Avec un peu d’aide du CNC et de tous les copains de Guy, on a pu fabriquer les trois premières parties. C’était une chance fabuleuse de les rencontrer et une malchance de les perdre si vite.

La Race d’Ep est le premier essai cinématographique à ­revenir comme ça sur l’histoire de l’homosexualité ?

C’est possible, oui. C’est à la même époque que Foucault a sorti

La Volonté de savoir

, le premier volume de son ­

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Histoire de la sexualité

.

Vous avez été impliqué, vous, dans le FHAR ?

J’étais trop jeune. Je voyais ça de loin, je lisais, et ça m’excitait autant que ça me faisait peur. J’étais à la manif du 1er mai 1971 et c’était génial de voir Hélène Hazera, Genet aussi. Pas Jean Genet, hein, Philippe Genet ! Enfin Jean Genet je l’avais lu, il était un peu notre grand mentor. Hocquenghem l’avait déjà rencontré d’ailleurs, mais pas moi. J’ai eu l’occasion mais j’étais trop intimidé. Mais je lisais Genet, Hocquenghem, Jean-Louis Bory qui avait été prix Goncourt et l’un des premiers à faire son coming out sur un plateau télé [

ndlr : en 1973 chez Bouvard

]. C’était incroyable, surtout à une époque où il n’y avait que deux chaînes. Je l’ai vu à ce moment-là, je me suis tourné vers un de mes amis avec qui je regardais et je lui ai dit : « Moi aussi je suis pédé. » Il est parti. Je l’ai plus jamais revu. À l’époque pour être pédé, il fallait renoncer à tous ses amis, à toute sa vie d’avant – et c’est ce qui s’est passé pour moi.

À propos de télé, Jean-Edern Hallier avait pris fait et cause en faveur de l’homosexualité sur un plateau d’Antenne 2 à l’occasion de la sortie de La Race d’Ep.

Ah, ah, oui, c’était drôle. C’était la première d’une émission de Lionel Chouchan qui passait après un film de James Dean. Très peu de pub, et l’émission commence avec Les Charlots en arrière-plan, et nous au premier : Jean-Edern, Hocquenghem et moi. Jean-Edern part alors dans un délire poétique autour de l’homosexualité, Guy enchaîne et moi je pars contre la censure dont

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Race d’Ep

a été frappé. Chouchan a été convoqué le lendemain et il n’y a pas eu de suite, ça a été la seule et unique émission. Les Charlots étaient interloqués mais après l’émission, il y en a un qui est venu me voir pour me dire : « Ah mais tu sais moi j’ai rien contre, bien au contraire… »

Ah, ah. Outre Kenneth Anger et Jean Genet, de qui vous êtes-vous inspiré pour vos films ?

Gérard Blain, le réalisateur qui a tourné

Les Amis

. Un très beau film. Molinier aussi, avec ses talons, me troublait beaucoup. Mais il n’y avait rien à l’époque à part Anger, qui avait fait

Fireworks

. Cocteau l’avait montré à tout le monde, en France. Mais ce que je ne savais pas, et que j’ai appris par Hocquenghem (c’est aussi le sujet de

Race d’Ep

), c’est que dans les années trente il y avait un mouvement très important en Allemagne, pareil à New York et à Paris – le fameux

Magic City

des années folles. Mais le cinéma, pour moi, c’était les films qui portaient un carré blanc à la télévision, et la cinémathèque où l’on payait 1 franc pour voir tous les films. Puis je m’occupais du ciné-club dans mon lycée où je passais du Dziga Vertov, du ­Eisenstein. Mais il n’y avait rien sur l’homosexualité, même si Eisen­stein était homo, il fallait décrypter

Que Viva Mexico

.

D’où l’envie de faire un festival ?

Frédéric Mitterrand avait déjà organisé un festival en 1977 à l’Olympic à Paris, mais il n’a passé que des films hollywoodiens et un film soviétique. À la suite de ça, à La Rochelle, on a regroupé avec Jean-François Garsi et ­Cinémarges les films Super 8 de Michel Nedjar,

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Banque du sperme

, le film des Gazolines du FHAR, ceux d’Isabel Mendelson… Tout à coup, des films affluaient de partout. Et

Le Chant d’amour

de Jean Genet était toujours interdit.

Par rapport à la législation de l’époque, c’était pas un incroyable sac de nœuds de programmer un truc comme ça ?

Ah si ! Quand on a fait La Rochelle, on a voulu appeler le festival « Ciné pédé, gouine et les autres », mais la municipalité de La Rochelle nous est tombée dessus – et pourtant ils étaient de gauche. On nous a dit : « Appelez ça “Images de déviances” parce que vous comprenez, votre intitulé ça passera pas… » C’était dans le cadre de Cinémarges et ça a été le départ de tout. Enfin c’est vraiment

Tout !

, le journal de 1971, qui a été le départ de tout, mais ensuite très rapidement, des Groupes de libération homosexuelle se sont développés un peu partout.

Vous en faisiez partie, indirectement.

Je faisais le tour des villages avec mes films 8 mm. Évidemment, nous n’étions pas toujours très bien reçus. Et bref,

Le Chant d’amour

était toujours interdit. Ce qui est marrant c’est qu’à la base, il a été interdit suite à une plainte des gardiens de prison qui n’appréciaient pas de se voir à l’écran en train de maltraiter un prisonnier. Et comme Genet avait été libéré de prison par Cocteau, il fallait qu’il se tienne à carreau. On avait une copie au Collectif Jeune Cinéma et je la passais à droite, à gauche. Pour en revenir à la toute première question, la sexualité passait par le cinéma, le cinéma par la sexualité et tout ça était très lié. Ça s’est retrouvé ensemble dans des festivals et La Pagode a été violemment réprimée lors de la seconde édition, d’ailleurs.

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La Pagode ? Le cinéma de rombières du 7e arrondissement ?

Oui. À l’époque c’était un cinéma qui appartenait aux Malle. C’est là que

Salo

de Pasolini était sorti. Comme nous présentions des candidats homosexuels aux élections législatives de 1978, pour nous c’était devenu une plate-forme d’agit prop et le gouvernement n’appréciait pas. La police a investi le festival, il y avait des RG tous les jours, ils enregistraient les débats. ­Interdiction du festival, saisie des films… mais j’avais planqué la plupart donc ils n’ont pris que ceux de Cocteau ,qui eux avaient des visas. Mais plus grave, c’est l’attaque d’une trentaine de ­fascistes masqués, Jeune Nation. Ils ont matraqué les gens… Il y a eu des blessés très graves, dont le cinéaste Guy Gilles.

Un peu Stonewall à Paris.

À Stonewall, les travestis ont réussi à repousser les flics mais là c’est le contraire qui s’est produit. On s’est fait tabasser dans le noir par l’extrême droite pendant que les flics étaient dans la cabine de projection. Ça a donné lieu à une manifestation rue Sainte-Anne où on a renversé un car de police qu’il a fallu rembourser après. Après cette histoire, les gens ont eu peur et le festival a capoté alors que la première ­semaine, il y avait des queues très longues – si j’ose dire – dans la rue des ministères. C’était plein à craquer.

L’arrivée de la gauche au pouvoir a détendu les rangs, non ?

Disons que ça a permis qu’on ne soit plus considérés comme un fléau, mais ça a aussi amené de nouvelles lois, la double peine pour les gens qui avaient des rapports avec des adolescents et cette ambiguïté sur la majorité sexuelle. De nouvelles censures aussi. C’était surtout un espoir déçu avec l’affaire du Rainbow Warrior, l’affaire du Coral, l’éradication de l’extrême gauche par le PS. Tout le monde avait tellement attendu ce moment qu’une fois la gauche au pouvoir, il n’y a plus eu de résistance.

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D’ailleurs tant qu’on en parle, je voulais savoir si le FHAR était proche des mouvements situationnistes et annexes.

Oui, dans l’utilisation des slogans et tout ça. Mais le situationnisme était là avant, et le lettrisme et le surréalisme. Le FHAR était centré sur la révolte homosexuelle, ce n’était ni une école ni un mouvement artistique, bien qu’on produisait beaucoup, et il rassemblait des anarchistes comme Daniel Guérin. Et le situationnisme, c’était très hétéro. À l’époque le pédé c’était vraiment le moins que rien, c’était l’ami des gitans, des Arabes, des hors-la-loi. Le FHAR nous a permis de nous revendiquer pédés, gouines, transsexuels, folles, pervers, comme les noirs se sont appelés « nègres » avec les Black Panthers. Transformer l’injure en fierté, retourner l’arme de l’exclusion pour la revendiquer. Mais la transparence totale a ses côtés pervers.

C’est-à-dire ?

Il y a une très belle phrase de Pasolini qui dit : « Les sex-shops ne sont pas une preuve de libéralisation mais de mainmise de l’État sur la sexualité des gens. » Je me souviens dans Actuel, Hocquenghem et Cressole avaient sorti un questionnaire pour connaître la sexualité de telle ou telle personnalité. Ils s’attaquaient à Deleuze et Deleuze s’était soulevé en pointant du doigt que c’était un fascisme de forcer les gens à être transparents sur leur sexualité. Guy (Hocquenghem) est beaucoup revenu là-dessus par la suite en parlant de la double vie qu’il a menée, de l’importance d’avoir des amis différents, et surtout de ne pas avoir une existence monolithique. De sortir de soi.

L’effervescence autour des festivals gay et lesbiens vous réjouit ?

C’est très bien oui, et je les soutiens tous mais le côté « ghetto » m’ennuie un peu. À l’Étrange Festival, ça me plaît de voir un public varié. Les films sexuels sont politiques, les films politiques sont sexuels, on ne peut pas les différencier comme on ne peut pas différencier la pensée du corps. Avant tout, je pense que toute sexualité est une éternelle possibilité de changement.

Aujourd’hui il semble que le travail du FHAR et des GLH ait porté ses fruits. Est-il encore besoin de se battre ?

En ce moment, je suis très proche de collectifs comme Existrans. Ce qui se passe aujourd’hui avec les transsexuels, c’est un peu ce qui se passait avec nous à l’époque. Nous, on témoignait du rapport avec les Arabes, de l’homosexualité, d’une autre manière de vivre. Quand on voit les

female to male

et les

male to female

aujourd’hui, ils ont d’autres revendications, d’autres raisons de se révolter. On est bien loin d’Herculine Barbin, qui n’a vu d’autre solution que le suicide.