FYI.

This story is over 5 years old.

Gaming

Xenoblade Chronicles X vient sauver la Wii U

2015 a été une année de merde pour tout le monde, y compris pour la Wii U de Nintendo.
13.1.16

Toutes les captures d'écran sont prises par l'auteur

2015 a été une année de merde pour tout le monde, y compris pour la Wii U de Nintendo. Certes, ses utilisateurs ont pu se consoler avec quelques bons jeux – Nintendo a sorti Super Mario Maker et Splatoon et quelques studios indépendants ont fait du bon boulot, notamment avec la version définitive de Year Walk et Affordable Space Adventures – mais ce qui a été le plus remarquable, ce sont les absences. On attendait tous le nouveau Zelda, finalement reporté à l'année prochaine, sans pourtant bénéficier de mise à jour vraiment significative depuis l'E3 2014. Même Star Fox Zero a été reporté. Ce qui fait donc de Xenoblade Chronicles X le jeu le plus attendu de la Wii U. Comme vous vous en doutez, il s'agit de la suite de Xenoblade Chronicles , qui avait cartonné sur Wii en 2010. On peut déjà parier que XCX va s'imposer comme le gros jeu de ce début d'année chez la secte des Wii-U-philes, et on les comprend.

Publicité

Ce nouveau RPG de chez Monolith Soft se caractérise par l'étendue vertigineuse de sa carte et par son scénario catastrophe sans détour : le jeu se passe dans un avenir proche, et la Terre a été détruite. Voilà, on vient de vous spoiler les premières secondes du jeu : adieu, la planète bleue. Et vous savez le pire ? Ce n'est même pas de notre faute. Enfin, certains Sapiens parviennent malgré tout à s'échapper dans l'espace avant de s'écraser sur la planète Mira et en faire quelque chose d'habitable. La Baleine Blanche, le vaisseau qui a transporté les restes de la race humaine jusqu'ici, devient la ville de New Los Angeles (si, si) et sert de base pour tout le jeu. Le ton est donné dès qu'on voit la manière dont ce tissu urbain bizarrement bien foutu fonctionne — on se régale devant cette vision approximative de la culture US à la sauce SF japonaise.

Le perso jouable est sauvé d'une capsule de survie par Elma, une militaire gradée qui s'impose rapidement comme le vrai protagoniste de l'histoire — qu'on peut résumer ainsi : faire prospérer l'humanité dans son nouveau camp de vacances tout en la protégeant d'une menace extraterrestre qui, si vous voulez mon avis, pourrait se régler à l'aide d'un bon gros annuaire géant. C'est donc grâce à Elma que vous arpenterez les vastes étendues de Mira et découvrirez sa beauté qui est par moments à couper le souffle : la construction de la map est une véritable leçon, avec ses environnements variés et surprenants. Tout est à la fois très bizarre et totalement cohérent. Chaque espace s'intègre à merveille dans son environnement et on croit volontiers que les créatures originelles de Mira, les « indigènes », ont mis des milliers d'années pour s'adapter à cet environnement, comme on l'a fait de notre côté.

Quant aux personnages que vous serez amenés à croiser, leur design et leurs interactions sont moins réalistes que ce qu'on voit habituellement dans ce genre de jeux, mais tout aussi fascinants. Après un combat, deux des membres de l'escouade sélectionnables du jeu décident tranquillement qu'ils « devraient faire leurs courses plus tard » – Sérieux ? C'est la première chose qui vous passe par la tête quand vous êtes couverts d'entrailles visqueuses d'un extraterrestre insectoïde qui vous donne l'air de sortir de la bataille de Klendathu ? Les mecs, vos tenues sont foutues, et même le meilleur pressing de Mira ne pourra pas les ravoir ! L'un des magasins les plus cools de New LA semble être Army Pizza, un hymne aux deux mamelles du Pays de la Liberté, les plats ultra-caloriques et les armes à feu. On peut y interagir avec des personnages, comme dans Binary Domain et Deadly Premonition, et ces rencontres avec des persos non-jouables (PNJ), bien qu'assez déconcertantes, sont assez touchantes pour ce qu'elles révèlent de l'ambiance générale du jeu.

Le personnage qu'on incarne n'a pas vraiment de prise sur ce qui l'entoure et demeure silencieux la plupart du temps. C'est Elma qui prend les décisions : on se sent donc un peu comme une mouche, qui vit l'intrigue à travers les actions de son équipe. Certes, il existe un fil conducteur et une intrigue de base, mais Mira est tellement grande et donne tellement envie de s'y perdre que les quêtes secondaires ou l'envie de partir en week-end découverte peuvent rapidement prendre le dessus. Ce qui n'est pas un problème. Dans ce jeu, c'est chacun son rythme et on ne culpabilise donc pas en prenant son temps. Vous vous sentez prêts à affronter ce méchant boss donc on vous rebat les oreilles ? Il vous a patiemment attendu. Beaucoup de jeux en open world font leur pub sur la liberté qu'ils offrent au joueur, mais dans XCX, on a vraiment l'impression de pouvoir faire ce qu'on veut.

Publicité

On prend conscience des dimensions vertigineuses de Mira en se baladant à travers ses cinq continents. On trouve des objets à collecter un peu partout sur cette carte, plus vaste que celles de The Witcher 3 et Fallout 4 réunies, et peuplée par d'énormes monstres arrivés ici bien avant nous. Voilà les maîtres de cette Terre d'adoption. Vous n'êtes qu'un nuisible dont il faut se débarrasser, au mieux : un visiteur. Alors, ne vous aventurez pas n'importe où. Si vous croisez le chemin d'un plus gros que vous, éclipsez-vous discrètement. Les énormes indigènes sont omniprésents et par moments, tout ce que vous récolterez en essayant de tailler le bout de gras avec eux, c'est votre mort et celle de vos compagnons. C'est frustrant, et c'est exactement l'effet voulu par Monolith. Bienvenue dans un monde qu'il faut respecter pour le conquérir — ceux qui s'abstiennent de le faire finiront écrasés menus.

« Xenoblade Chronicles X », trailer de la bataille

Comme nombre de ses camarades, Xenoblade Chronicles X souffre d'une hyperinflation de quêtes secondaires et d'objets à collecter. Celles-ci sont parfois nécessaires pour faire avancer l'intrigue ou débloquer des options. À un moment, je devais absolument trouver trois potimarrons au beau milieu d'un continent désert – ce qui devait m'aider à obtenir une licence de pilotage de Skell, l'un des énormes mechas que vous avez peut-être vus dans les previews du jeu (et qui s'écrasent dans la première heure de l'histoire). J'ai passéquatre heures à trouver ces putains de cucurbitacées. Le jeu regorge aussi de missions d'affinité, qui se concentrent sur les relations entre certains personnages et qui consistent en d'autres quêtes d'objets. C'est un concept vieillot qu'une boîte comme Monolith devrait éviter, après tant d'années d'expérience.

Publicité

Cependant, une fois qu'on peut enfin piloter un Skell, le jeu prend une nouvelle dimension. Tout devient plus rapide, mais on se rend aussi compte des dimensions du jeu. Des zones jusque là hors d'atteinte deviennent accessibles. Les Skells sont personnalisables, ce qui veut dire que vous pouvez adapter leur technique de combat à votre jeu, ce qui rend presque caduque les évolutions précédentes de votre personnage. Vers la fin du jeu, les compétences que vous utilisez sur votre Skell ont plus d'importance que la classe à laquelle vous appartenez.

Avant les Skells, les combats se déroulent à peu près comme dans n'importe quel MMO. Les actions individuelles sont soumises à un temps de latence, mais les attaques du groupe jouable sont gérées en même temps, ce qui fonctionne plutôt bien dès que vous comprenez qu'il est inutile de déclencher chaque attaque. En fait, vous vous contentez de choisir la technique à utiliser et le jeu se charge du reste. Les évolutions que vous pouvez choisir pour améliorer votre unité sont plutôt simplistes – certaines se limitent aux coups, d'autres sont des tanks et certains alliés sont simplement là en guise de renforts. La progression de votre personnage est un peu différente. Vous pouvez vous perfectionner dans certaines compétences à chaque combat et progresser vers une classe plus avancée, en mettant à jour vos compétences et équipements dans le même temps. En général, les combats sont assez stressants pour que vous restiez sur vos gardes.

Publicité

XCX repose sur une multitude de mécaniques interconnectées, de l'adhésion à une faction à l'entretien des fabricants d'armes, que vous pouvez financer en leur donnant votre stock de devises minières, le Miranium. Dommage que ce ne soit pas bien expliqué dans le jeu. J'ai dû lire le manuel plusieurs fois pour tout comprendre – à quand remonte la dernière fois que ça vous est arrivé ?

Ces différents systèmes sociaux difficilement identifiables fonctionnent en symbiose, et le jeu repose en partie là-dessus. Malheureusement, leur présentation plutôt embrouillée peut décevoir, surtout ceux qui se lancent dans le jeu à reculons. On peut craindre que XCX ne sombre sous le poids de cette complexité. La progression du personnage diffère des RPG habituels, et il faut parfois plusieurs heures avant qu'une séquence (risques/gains escomptés ou exploration/découvertes escomptées) satisfaisante n'émerge. Les joueurs patients seront récompensés, mais je ne serais pas surpris que nombre de joueurs abandonnent au bout de quelques heures, confus. Pour moi, le simple fait que XCX soit si différent des autres jeux, tous genres confondus, en fait une raison valable d'y perdre mon temps – les visuels ne cessent d'impressionner et la bande son éclectique de Hiroyuki Sawano joue pratiquement un rôle principal. Accrochez-vous à XCX : vous y trouverez une atmosphère théâtrale unique et pêchue qu'on n'a vu nulle part ailleurs en 2015. Ni en 2014. Ni en 2013. Vous m'avez très bien compris.

Les RPG de console stagnent depuis pas mal de temps. Une prise de risque comme ce XCX est donc plus que bienvenue. Ce genre de jeu demande un investissement en temps énorme de la part des joueurs, mais après tout, on pourrait passer un temps infini à découvrir ce nouveau monde et son écologie. Alors certes, XCX a de nombreux défauts qu'on ne peut passer sous silence, mais son style singulier en fait un indispensable pour tout détenteur de Wii U. Et puis, c'est à peu près le seul Open World disponible sur la console de Nintendo. Et même une fois que Zelda sera sorti, vous ne verrez jamais Link se balader dans l'un de ces machins.

Xenoblade Chronicles X est sorti en Europe le 4 décembre, exclusivement sur Wii U. Les Japonais sont déjà meilleurs que vous puisque le jeu est sorti chez eux en avril. Cet article a été rédigé en partenariat avec Nvidia Shield - cliquez ici pour découvrir leur catalogue.

@sayemahmd