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Élections régionales : un premier tour historique pour le Front National

Le parti de Marine Le Pen se retrouve en tête des scrutins au niveau national avec 27,96 pour cent des voix. Suivent derrière, le parti de Nicolas Sarkozy, Les Républicains (26,89 pour cent) et le Parti Socialiste (23,33 pour cent).

par Reuters et VICE News
07 Décembre 2015, 9:20am

Photo de Julien Warnand/EPA

Le parti d'extrême droite français, le Front National, a réalisé un premier tour historique des élections régionales, ce dimanche 6 décembre. Le parti de Marine Le Pen se retrouve en tête des scrutins au niveau national avec 27,96 pour cent des voix. Suivent derrière, le parti de Nicolas Sarkozy, Les Républicains (26,89 pour cent) et le Parti Socialiste (23,33 pour cent).

En l'espace de cinq ans, le parti frontiste a gagné 16 points au niveau régional. En 2010, au premier tour des précédentes élections régionales, le FN atteignait 11,42 pour cent des voix au niveau national. En 2015, le FN arrive en tête dans presque la moitié des régions : 6 sur 13.

Le FN ne gouverne aujourd'hui aucune région, mais une victoire du parti lors du second tour prévu pour dimanche prochain, parait de plus en plus probable dans une ou plusieurs régions. Cela serait la première fois en Europe qu'un parti d'extrême droite gouvernerait seul, une ou plusieurs régions.

« Tout s'est aligné pour que le FN fasse un score sans précédent, » explique l'analyste des sondages Jérôme Fourquet pour l'Ifop — citant pêle-mêle la crise migratoire, les attaques terroristes à Paris de novembre et de janvier (où 17 personnes avaient été tuées à la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo et dans une épicerie casher de Paris).

« Ce qui était auparavant un plafond pour le FN est devenu le minimum à faire pour le FN après Charlie Hebdo. L'importance du FN est de plus en plus grande avec la crise migratoire et les attaques terroristes. »

Marine Le Pen, la présidente du parti, pourrait elle-même remporter une région dans le nord du pays.

Briguer la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, qui compte 6 millions d'habitants (la troisième région de France), est dans l'esprit de Marine Le Pen, un marchepied pour conquérir à terme l'Élysée.

La nièce de la présidente du parti, Marion Maréchal-Le Pen, se retrouve aussi en tête dans la région PACA (sud-est du pays). « Nous avançons pas à pas, nous construisons notre crédibilité… Cela permet de rassurer les citoyens français et casse l'argument de la peur que nos adversaires utilisent, » déclarait récemment Maréchal-Le Pen dans une interview accordée à Reuters.

Cette percée du FN, après ses victoires lors des élections européennes (2014) et départementales (en mars dernier), marquerait (pour les élus du FN) une « tri-partition » du jeu politique français, dans lequel droite et gauche ont mené la danse pendant de nombreuses années.

« Ces résultats vont être un formidable levier pour Marine Le Pen en vue de 2017, » explique le sondeur Frédéric Dabi.

Ainsi, la gauche et la droite française se retrouvent face à d'importants dilemmes à trancher. Chaque parti avec plus de 10 pour cent des voix peut se présenter pour le deuxième tour de la semaine prochaine. D'après les derniers résultats, le PS, le LR et le FN pourraient se retrouver face à face dans la plupart des régions.

Si les trois partis décident de se maintenir dans une région, il y a de fortes chances pour que le FN remporte le deuxième tour. Ainsi, le PS a décidé de se retirer dans deux régions où il a fini troisième : en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en PACA, pour tenter de barrer la route au FN en laissant une chance à la droite de l'emporter.

Avant même les résultats de ce dimanche soir, le Premier ministre, Manuel Valls (socialiste) avait annoncé que « tout doit être fait » pour éviter que le FN ne se retrouve au pouvoir, même des alliances avec Les Républicains.

Mais ce lundi matin, certains refusent de rendre les armes du côté du PS. Dans la région Grand Est (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine), le candidat socialiste Jean-Pierre Masseret, qui a terminé troisième, a annoncé ce lundi matin qu'il ne se retirerait pas malgré la demande de son parti. Dans cette région, le FN est en tête avec 36,06 pour cent des voix accordées à Florian Philippot, le vice-président du parti de Marine Le Pen.

Du côté des Républicains, le président du parti, Nicolas Sarkozy, a fait savoir dès hier soir qu'il n'y aurait ni retrait-ni fusion avec d'autres listes. Pour Sarkozy, son parti représente « la seule alternance possible » donc qu'il maintiendra ses listes partout — même là où elles arrivent en troisième position.

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