ovnis

Près de 1000 Canadiens ont signalé avoir vu un OVNI l’an dernier

L’un des plus éminents ufologues du pays analyse toutes les observations d’objets volants faites au pays.

par Mack Lamoureux
03 Juin 2019, 8:06am

Photo : Pixabay

Pour la trentième année consécutive, Chris Rutkowski et son équipe de recherche privée ont studieusement documenté tous les cas de Canadiens qui ont rapporté avoir vu un objet volant non identifié au cours de l’année civile. En 2018, l’équipe d’UFOlogy Research à Winnipeg a comptabilisé 937 observations d’ovnis à l’échelle du pays, ce qui est en fait peu comparativement aux dernières années. Par ailleurs, 2018 a obtenu la note de 4,4 à « l’échelle de l’étrangeté » – j’y reviendrai.

Chris Rutkowski, qui est l’un des plus éminents ufologues au Canada et l’auteur de plusieurs ouvrages sur les ovnis, assure que documenter toutes les observations d’ovnis au pays est un travail difficile. « Mes collègues et moi, on doit examiner chaque cas et tout ce qu’on a pour le rapport, dit-il. Quand on a environ 1000 cas par année, ça a tendance à représenter beaucoup de temps. C’est certainement le côté moins glorieux des X-Files. »

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Un graphique des formes d’objets observés dans le ciel canadien. Source: UFOlogy

Le groupe définit un ovni comme « un objet vu dans le ciel que le témoin ne peut identifier ». Il recueille ses données auprès des témoins, d’autres chercheurs et des groupes de recherche sur les activités paranormales, comme MUFON, des forums sur l’internet portant sur les ovnis et l’inconnu, ainsi que de Transport Canada et le ministère de la Défense nationale.

C’est au Québec qu’il y a eu le plus d’observations : 41 % des cas, alors que la province compte 25 % de la population canadienne. Les rencontres ont duré en moyenne 16 minutes, sont survenues surtout en été et se sont produites, ce qui ne surprendra personne, surtout la nuit.

Bien qu’une moyenne de trois observations d’ovni par jour pendant une année soit impressionnante, la plupart étaient, disons, indignes de faire appel aux agents Mulder et Scully. « Elles sont beaucoup moins spectaculaires que ce qu’on voit à la télé ou ce qu’on raconte, dit l’ufologue. Habituellement, c’est juste une lumière dans le ciel. Les gens signalent avoir vu quelque chose qui n’avait pas l’air d’être un avion, une étoile ou un satellite. Ils veulent en parler et qu’on leur dise qu’ils ne virent pas fous. »

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Un graphique des observations par province. Source: UFOlogy

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’interactions qui ont changé de l’ordinaire. Chris Rutkowski raconte qu’en septembre, sur l’île du Cap de Sable au large de la Nouvelle-Écosse, un groupe de personne a vu un objet de la forme d’un ballon-sonde. Les témoins qui l’ont photographié assurent cependant que « l’objet n’avait pas les caractéristiques d’un ballon ».

Une autre qui sortait de l’ordinaire a eu lieu quelques mois plus tard à Yarmouth, aussi en Nouvelle-Écosse : un capitaine de bateau et une femme sur la rive ont vu la même chose. « Deux témoins distincts ont vu une série de lumières inhabituelle qui se déplaçait dans le ciel, et, quand ç’a été rapporté, on a constaté que Transport Canada avait eu trois échos radar à cet endroit précis et à ce moment précis, raconte-t-il. Ce n’est pas le genre de choses qui arrive tous les jours. Est-ce que c’était aussi bien que Roswell, Shag Harbour, ou Falcon Lake? Pas tout à fait, mais ça indique qu’il se passe à cet endroit des choses intéressantes que les gens ne comprennent pas. »

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Le « ballon ». Source: UFOlogy

Entre autres, le rapport de l’année 2018 détaille l’apparence de ce que les gens ont vu (surtout des lumières et des disques dans le ciel), les couleurs des objets (surtout blancs), la crédibilité des témoins (en général pas à toute épreuve) et le nombre de témoins (un ou deux, en moyenne).

L’équipe de UFOlogy Research donne à chaque cas une note d’étrangeté, ce qui est défini comme « le degré auquel un cas particulier est en lui-même anormal ». Des lumières dans le ciel sont un exemple de cas peu étrange, mais « l’observation d’un objet de la forme d’une soucoupe qui s’éloigne du témoin en planant lentement serait considérée comme très étrange ». (Ce qui est vrai. Ce serait vraiment étrange!) Sur une échelle de 1 à 9 où « 1 signifie que l’observation n’est pas étrange et 9 qu’elle est exceptionnellement inhabituelle », 2018 a obtenu une note de 4,4.

« On a probablement eu quelques 9, parce que des gens ont rapporté avoir été en contact de près avec des extraterrestres dans leur chambre à coucher, qui les ont emmenés dans leur vaisseau où ils leur ont fait des choses, dit Chris Rutkowski. Ces cas se présentent, mais ce qu’il y a, c’est qu’ils sont plombés par leur indice de crédibilité. Il y a très, très peu de cas qui sont hautement crédibles et hautement étranges. »

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Le graphique de l’étrangeté des cas. Source: UFOlogy

L’ufologue et sa bande cherchent et trouvent une explication à autant de cas qu’ils le peuvent : c’est parfois un drone, la Station spatiale internationale qui passait au-dessus de leur tête, une opération de sauvetage à proximité, mais des fois, c’est impossible. En 2018, environ 5 % des cas sont restés inexpliqués.

« Au bout du compte, même si on ne peut pas affirmer que des extraterrestres visitent le Canada, dit-il, on peut dire qu’il y a un phénomène qui persiste et qui est signalé par une bonne part de la population chaque année.

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