Gagnez 12 000$ par jour en vendant des armes virtuelles

OPSkins est une boutique en ligne proposant des skins Counter-Strike. Contrairement au marché en ligne de Valve, elle permet aux vendeurs de convertir leur agent virtuel en monnaie sonnante et trébuchante.

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29 Août 2017, 7:54am

Le commerce international d'armes à feu est l'un des marchés les plus lucratifs au monde. Et comme l'ont découvert deux jeunes joueurs avides récemment, le marché des armes virtuelles n'est pas trop mal non plus.

En janvier 2015, Artur Minavoc, 23 ans, et John Breschisci, 30 ans, ont fondé un site web baptisé OPSkins. Basé à Montréal, OPSkins est une plateforme non-officielle d'achat et de vente de designs d'armes - les skins - que l'on gagne après avoir atteint certains objectifs dans les jeux Counter-Strike: Global Offensive, PlayerUnknown's Battlegrounds ou Dota 2. Les utilisateurs viennent sur le site, mettent en vente le skin dont ils veulent tirer profit, puis la boutique met l'objet en attente le temps que le vendeur ait reçu le paiement.

Minacov et Breschisci gèrent les risques de la transaction, et perçoivent 10% des recettes chaque vente. Les deux fondateurs affirment que le site gère en moyenne pour 120 000$ de transactions chaque jour, ce qui correspond à un bénéfice de 12 000$ par jour.

100 point d'opérations valent 1$. Ce skin de couteau a été évalué à 1 500$. Image : Screenshot

Les deux hommes ont fondé leur boîte après avoir réalisé que les joueurs qui vendaient des armes virtuelles en dehors du Steam Community Market officiel, qui appartient à Valve, se faisaient régulièrement arnaquer.

"Avant, les gens vendaient leurs armes directement sur les forums", explique Minacov. "L'acheteur payait via Paypal, mais n'était débité qu'une fois l'article reçu. Les vendeurs étaient désavantagés par ce système, qui repose sur la bonne foi de l'acheteur. La communauté n'était pas contente du manque de fiabilité de ces transactions, alors nous avons essayé de trouver une solution."

La raison pour laquelle certains utilisateurs ont commencé à vendre des articles en dehors du marché officiel de Valve est simple : lorsqu'un utilisateur vend un article via le Steam Community Market, il ne peut pas utiliser la somme perçue comme il le voudrait. Elle ne peut servir qu'à acheter d'autres skins ou de nouveaux jeux sur Steam, ajoute Minacov, qui dirige l'entreprise depuis le sous-sol de ses parents.

"Chez nous, les gens peuvent virer la somme perçue directement sur leur compte. Certains tirent des revenus conséquents de cette activité", affirme-t-il.

Skins proposés à la vente sur OPSkins. Image : Screenshot

Les nouveaux skins Counter-Strike par exemple, sont attribués aux joueurs de plusieurs façons : soit ils sont offerts en cadeau après que ceux-ci ont complété un défi, soit ils sont achetés via le marché de la communauté Steam. En parallèle de ce marché officiel, entre 10 000 et 15 000 articles sont achetés chaque jour sur le site de OPSkins. Certains se vendent pour des milliers de dollars. Le record de vente du site, un couteau virtuel, a été acheté sur la plateforme alternative pour 5 000$.

Est-ce un prix insensé pour une arme virtuelle ? "Certains objets tirent leur valeur de leur rareté, mais les enjeux sont cosmétiques avant tout", a déclaré Brechisci. "De nombreux utilisateurs estiment qu'il n'est ni ridicule, ni superficiel d'acheter un beau skin. Pour tout dire, ils étaient 370 000 à avoir acheté des skins et à en être fiers, quelques mois seulement après l'ouverture d'OPSkins."

Si OPSkins est parfaitement indépendant du Steam Community Market, le site a déjà eu des démêlés avec Valve. "On est entrés en conflit plusieurs fois", explique Brechisci. "Une fois, ils nous ont fait fermer. Ils voulaient enquêter sur nos pratiques. Quand ils ont vu qu'il n'y avait aucun souci, ils nous ont laissés tranquilles."

En fait, leur magasin se porte si bien qu'OPSkins emploie désormais 20 personnes basées aux États-Unis, au Canada et en Europe.

En 2015, OPSkins a été le sponsor principal des ESWC Counter-Strike: GO World Finals de Montréal, à hauteur de 100 000$. "Pour notre ville, c'était un événement de taille", explique Minacov. "Nous voulons rendre à la communauté ce qu'elle nous a donné, et nous avons pu promouvoir notre produit à cette occasion."