LES WOVEN BONES N’ONT JAMAIS ÉTÉ SI FATIGUÉS

Si vous ne connaissez pas Woven Bones, jetez une oreille à leur dernier album In And Out And Back Again : ça ressemble à un long souffle shitgaze qui donne envie d’oublier à jamais les 2 500 derniers autres groupes qui ont rajouté du feedback sur leurs guitares. Comme ils sont texans et que ça nous impressionne, on a parlé avec Andrew Burr de ce qu’ils font en ce moment et du rythme de vie bluesy qu’ils mènent quand ils ne jouent pas de l’harmonica dans leur ranch en suivant le cours du pétrole.

Woven Bones – Guess You Alreday Knew

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Vice : Comment se passe votre tournée ? Vous n’arrêtez pas de jouer ces derniers temps ; est-ce que vous avez le temps de retourner à Austin ?

Andrew Burr : La tournée se passe très bien. Généralement on tourne un mois, on est off pour un mois et on reprend la route pour un mois – juste ce qu’il faut pour qu’on ait pas le temps d’avoir un vrai boulot. Mais ça ne nous rapporte pas vraiment beaucoup d’argent, surtout après avoir payé nos frais. Même si c’est devenu quelque chose de professionnel pour nous maintenant, on n’a pas sorti de vrai single qui nous permettrait de vivre uniquement de notre musique.

On espère venir en Europe au printemps prochain d’ailleurs, notre tourneur bosse dessus.

Votre prochain album est prévu pour la même période, mais celui-ci sortira sur Hardly Art, alors que le précédent était chez Hozac.

Oui. Hardly Art est un super label, et ces mecs adorent notre musique. C’est une sorte de famille dont nous faisons partie maintenant. On n’a pas hésité à choisir HA, parce que c’est aussi une subdivision de Sub Pop et qu’on sera donc mondialement distribués.

Des changements par rapport à I&O&BA ?

C’est moi qui vais écrire toutes les chansons, comme on a fait jusqu’à présent : c’est d’ailleurs la seule solution. Je ne crois pas du tout à une écriture démocratique des chansons : ça ne marche jamais. Ça prend vraiment beaucoup trop de temps et les gens finissent toujours par se mettre sur la gueule.

Ah ouais, je vois.

Si je peux juste avoir du temps pour être seul, avec du matos pour m’enregistrer et de la bouffe au frigo, je peux composer non-stop. En revanche, il ne faut pas que je boive en composant, sinon j’ai envie de sortir dans les rues, de draguer des meufs et de faire la fête. Je vais d’ailleurs déménager à New York bientôt. C’est une ville qui m’inspire beaucoup et me permettra de donner un son nouveau à nos prochains enregistrements, contrairement à Austin.

Les drogues, la fête, tout ça.

Ouais, et les flingues aussi. J’en suis au point où tu sens que rien de bon n’arrive après ces soirées folles, à part que tu as juste perdu quelques années d’espérance de vie. En plus on bosse avec des professionnels maintenant, donc il faut qu’on soit plus straight. Et aussi, je n’ai pas eu de vrai boulot depuis trois ans.

T’es crevé, en gros.

Quand tu as ce rythme de vie, tu es vite crevé, ouais. Personne n’y survit très longtemps. Tu ne peux pas vivre comme si chaque jour était le Goner Fest.

Tu n’as plus de job mais tu vis où en ce moment ?

Je suis à Roanoke, en Virginie. J’ai pris une semaine de vacances pour être hors de la ville et me reposer dans un petit patelin du sud en fumant de la weed.

INTERVIEW : ANTOINE QUINCEROT

PHOTO AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE WOVEN BONES

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