HESHER
Spencer Susser
Metropolitan
C’est bon d’avoir des copains intermittents puisqu’ils ne font rien de leur journée, même quand ils travaillent, comme certains passent leur vie dans des salles de montage à rien foutre, et ils peuvent mater tous les films qu’ils veulent. Il faut que je remercie ma belle-sœur de m’avoir rappelé l’existence de Hesher dont la bande-annonce m’avait attiré assez facilement avec son logo, un rip-off de celui de Metallica, et qui est sorti en direct-to-video le mois dernier. Il se trouve que le film est une excellente surprise, parce que même s’il pourrait être mieux – Joseph Gordon-Levitt en cromag fan de metal dans ce que ça a de plus transgressif n’est pas méga-crédible –, c’est un de ces prototypes de films aux ambitions desquels toute fiction actuelle devrait se comparer. Il n’est pas seul, puisque dans le même genre, Bellflower sortira bientôt au cinéma. Mais la fiction on en a fait le tour et plus on avance, plus il devient urgent de tenter de nouvelles choses tout en restant dans un carcan narratif relativement classique. Hesher fait partie de ces choses un peu nouvelles qui m’ont fait dire qu’il y avait encore un sens à regarder de l’entertainment. Et que n’importe quel film tourné à Los Angeles était, quel que soit son budget, de la propagande pour le cinéma.
HESHER LOCLEAR
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HORS SATAN
Bruno Dumont
Pyramide
Bruno Dumont a tout dit dans le dernier numéro du magazine mais il a oublié de dire que Hors Satan sortait ce mois-ci. On le fait donc à sa place puisqu’il s’agit du meilleur film français de l’année dernière, bien que La Guerre est déclarée m’ait vachement marqué et que je regrette toujours de ne pas avoir parlé de la transcendance magnifique du drame humain qui a frappé ce jeune couple parisien promis à une réussite totale – comme quoi, on peut échapper au déterminisme cristallisé par une indéfinissable tragédie. Non, en fait pour voir quelque part de la transcendance à l’écran, c’est bien dans le cinéma de la supposition de Dumont qui à l’aide de décors abruptes, de comédiens au charisme pas tout à fait évident, de trois dialogues et d’un montage à la serpe arrive à raconter l’histoire d’un prophète errant sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais. J’aime d’autant plus ce film que le vent qui y souffle dans le micro en dissimule certains dialogues et que je peux enfin légitimer le son dégueulasse de mes films en disant que « Bruno Dumont aussi ».
VIRGILE ISCAN

LE BELIEVER
Inculte
The Believer, c’est la revue littéraire US où j’aimerais travailler quand j’aurai quitté VICE, d’ici quelques années, ou peut-être avant. J’irai d’abord m’enterrer dans une ville américaine moyenne où je trouverai sans peine un job de bibliothécaire grâce à mon anglais irréprochable et à ces airs de sincérité humiliée sous lesquels je parviens à dissimuler ma lâcheté. Là, pendant les heures creuses, entre deux communications aux lecteurs, je pourrai leur écrire des petits courriers amusants, pour leur dire que je dig profondément leur petite confrérie de bro intellectuals, leurs longues interviews et leurs nouvelles déconneuses un peu guindées mais touchantes avec des blagues sur des dinosaures qui s’appellent Roland comme Roland Barthes. Ils me fileront des petits boulots d’editing, des tâches de SR un peu fastidieuses, et je leur proposerai peut-être des idées de sujets, si je surmonte cette paresse coupable que je parviens à faire passer pour du relief intellectuel. À ce stade, mon compte Hipinion sera probablement activé. Et j’aurai pardonné à Inculte de m’avoir tapé mon idée de publier une version traduite du Believer en France, dont j’aurais été bien inspiré de parler autour de moi au lieu de me recroqueviller dans cette rêverie puérile sur une autre vie possible de bibliothécaire à Seattle, cette pulsion de fuite que je tempère en récit et que les circonstances m’ont encore forcé à amender.
MARCO POLIO

STARFIX, HISTOIRE D’UNE REVUE
Nicolas Rioult
Éditions 2501
Quand je peux, je rends à César ce qui est à César, et voilà une occasion unique de dire tout ce que je dois à Starfix, magazine de cinéma ultime qui a permis de faire émerger il y a trente ans une nouvelle cinéphilie aujourd’hui largement partagée. Mais à l’époque où à 8 ans tu lisais le magazine, ta mère qui tombait sur la couverture affichant un monstrueux Francis Huster dans un film de Zulawski ne comprenait pas trop ce qu’elle avait fait au Seigneur pour que son rejeton trouve son compte dans ces images cauchemardesques. Ce qu’elle ne comprenait pas c’est qu’à travers Starfix, le rejeton en question comprenait bien mieux le sens et la légitimité de la subversion et de la liberté critique rigoureuse qu’en l’amenant voir défiler Mitterrand rue Soufflot. Évidemment, Christophe Gans et Nicolas Boukhrief, les deux rédacteurs en chef historiques de Starfix, sont devenus de mauvais cinéastes, et lire qu’Al Batard a appris la rigueur critique en lisant Starfix discrédite un peu le magazine. Il n’en reste pas moins que ce dernier reste essentiel en tous points, et que cette petite bible qui ressemble à une fan fiction autoéditée est un très bon point de départ pour découvrir à quel point les portes qu’il a ouvertes sont encore pertinentes. Et si tous les fans de Starfix sont devenus des croûtons poussiéreux, Christophe Lemaire alias Robert Paimbœuf reste un des mecs les plus passionnants et malins à bosser dans la presse ciné aujourd’hui.
AL BATARD
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