masque coronavirus
Société

Ce que votre masque dit de vous

Tous les masques ne naissent pas égaux.
08 juin 2020, 7:18am

Le masque s'est imposé comme la tendance mode du printemps-été 2020. Certes, il fait transpirer du visage et embue les lunettes, mais il protège aussi les personnes vulnérables du coronavirus, alors enfilez votre muselière comme tout le monde et arrêtez de vous plaindre.

Cela dit, tous les masques ne naissent pas égaux. Voici notre guide de ceux que vous verrez en ces temps bizarres et ce qu'ils disent de leur propriétaire.

Le masque chirurgical

Eine Ärztin mit OP-Maske

Image : images/ZUMA Wire.

Votre apparence vous importe peu. Vous devez juste porter un masque, n'importe lequel. Vous êtes un garçon pragmatique. Bientôt, l'élastique du masque à usage unique que vous portez pour la trentième fois d'affilée va se casser. Mais votre petite amie sera là pour le remplacer. « Bébé », dira-t-elle en caressant la barbe de clochard que vous gardez parce que c'est « une barrière de protection naturelle », comme vous l'avez dit à vos potes sur Zoom, et certainement pas parce que vous manquez de volonté pour vous raser après avoir passé 23 heures au lit. « Bébé, dira-t-elle. Tu ne peux pas te promener en ressemblant à ça, que va dire ta mère ? » Vous savez très bien que votre mère ne va rien dire puisque vous n'allez jamais la voir. Vous vous réfugiez devant Netflix pour oublier la vérité indéniable que vous êtes un fils ingrat.

Le masque FFP2

Eine Frau mit einer FFP-2 Maske

Image : images/Westend61.

Vous avez vu la catastrophe arriver. Vous êtes médecin, infirmier, virologue, étudiant en médecine. Ou peut-être êtes-vous simplement sceptique : une maladie inconnue de l'humanité qui ressemble à la grippe ? Ce n'est pas vous qui allez gober ça ! En février déjà, vous appeliez vos proches pour leur communiquer vos instructions : 1. Portez un masque ; 2. Ne touchez que les élastiques, sinon le masque ne sera pas stérile ; 3. Ne portez le masque qu'une seule fois et jetez-le immédiatement dans un sac-poubelle spécial ; 4. Sortez les poubelles tous les jours en portant des gants préalablement désinfectés dans une solution faite des larmes de Mr Propre ; et 5. Brûlez le local à poubelles et tout l'immeuble avec. Répétez l'opération. D'aucuns diront que vous êtes un paranoïaque germaphobe, mais une chose est sûre : vous survivrez à cette pandémie. Et quand il ne restera plus que vous sur cette Terre, vous crierez dans le vide : « Je vous l'avais bien dit !!! »

Le masque cousu main

Ein junger Mann mit Hündchen-Maske

Image : images/ITAR-TASS.

Voilà dix ans que vous êtes « monté sur Paris » et vous n'imaginez pas vivre ailleurs, mais à l'annonce de la quarantaine, vous n'avez pas hésité à fuir votre boîte à chaussures pour l'oasis de campagne de papa et maman. D'ailleurs, ces derniers vont finir par vous rendre fou. Tous les jours vers 15 heures, votre père, inquiet, entre dans votre chambre pour « s'assurer que tout va bien » avant de s'en aller en laissant la porte grande ouverte. Le neuvième jour, votre mère vous a laissé trois post-it expliquant que son esprit est plus apaisé quand tout est bien rangé. Pendant ce temps, le marchand de tissus de la ville n'a jamais aussi bien bossé.

Toutes les mamans du coin ont stocké du coton tissé serré et produisent actuellement des masques à l'échelle industrielle. La vôtre vous en a fait un avec des croissants dessus parce que vous adorez ça, les croissants. Ses vieilles chemises des années 80 y sont passées. Peu à peu, des choses commencent à disparaître dans la maison. Des torchons. Des draps. Il n'est pas à vous ce jean, sous l'aiguille de sa machine à coudre ?

La cagoule

Ein Mann sitzt mit Sturmhaube an einem Schreibtisch

Image : images/HärtelPRESS.

Le corona ne vous fait pas peur. Vous en avez vu d'autres. Vous savez ce qui compte vraiment dans la vie et c'est le respect. Les gens se mettent à terre quand vous entrez dans le supermarché. C'est ça, le respect. Panier dans une main, casque dans l'autre. Vous n'avez pas de vélo, non. Votre truc, c'est les scooters. Les scooters débridés. « Vous cumulez les points ? » vous demande la caissière. « Non, bébé. Seulement les nudes », vous lui répondez.

Le masque de créateur

Eine Frau trägt eine professionell genähte Maske mit Blumenmuster

Image : images/PA Images.

Vous prenez la situation au sérieux. Vous soutenez les commerces de proximité. Vous soutenez les métiers de l'art. Vous avez fait le choix conscient de dépenser 20 € pour un masque de créateur local réutilisable au lieu de commander un pack de dix jetables pour la moitié du prix sur Amazon (l'ennemi). Vous « connaissez » le designer (votre meilleure amie Lucie vous l'a présenté il y a cinq ans lors d'un vernissage) et vraiment, vous aimez beaucoup ce qu'il fait. En vérité, vous êtes passée à sa boutique une fois au total et vous vous êtes sentie obligée d'acheter le truc le moins cher. Déprimée parce que vous ne pouvez pas aller au bureau, vous essayez trois tenues différentes avant d'aller faire les courses et vous vous remaquillez avant chaque réunion Zoom.

Le masque de hipster

Ein Mann mit Tattoos im Gesicht und einer schwarzen Atemschutzmaske aus Stoff

Image : images/ITAR-TASS.

Alors, non, ce n'est pas vraiment un masque de protection, c'est un masque anti-poussière. Mais c'est la même chose. Il était noir et en promo, et si tout se passe bien, vous pourrez le ressortir pour la première rave illégale post-Covid. Vous comptiez profiter de la quarantaine pour décrocher de la cocaïne, mais au final, vous avez trouvé ce dealer vraiment cool sur Whatsapp qui a de la super qualité. Pour faire court, vous n'avez pas du tout économisé d'argent ces dernières semaines. Vous checkez votre iPhone 11 toutes les trois minutes. Vous faites un tour sur Tinder, vous le reposez. Vous scrollez sur TikTok, vous le reposez. Vous voyez l'écran scintiller du coin de l'œil – un pote ? Un plan soirée ? Non, juste une notification qui vous rappelle de vous hydrater.

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