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Perlora, de station balnéaire à village fantôme

Sous Franco, Perlora était un petit bout de paradis pour les travailleurs espagnols.
26.10.20

Un panneau d'accueil vert et sale indique : « Perlora, village de vacances ». Bien qu'il soit aujourd'hui abandonné, le village de vacances de Perlora, dans la région des Asturies en Espagne, montre encore des signes du petit coin de paradis qu'il était autrefois. Jusqu'à 300 chalets s'étendent sur 30 hectares sur cette magnifique étendue de la côte nord-ouest de l'Espagne. J'ai pris la route avec mon appareil photo, curieux de voir l'ampleur du déclin de Perlora depuis sa fermeture il y a 15 ans.

Créé par le syndicat vertical de Franco au plus fort de sa dictature en 1954, Perlora était une station balnéaire bon marché dans la région verdoyante et luxuriante des Asturies, ouvert aux travailleurs des principales entreprises publiques du régime. Pendant 54 étés, cette station balnéaire en plein essor a offert aux heureux gagnants de la tombola les vacances de leurs rêves. Quinze pesetas (environ 9 centimes d'euros) par personne suffisaient pour acheter quatre repas par jour et un séjour dans l'une des villas. Le village comptait également un terrain de football, des restaurants, des magasins et bien sûr, un accès à la plage.

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Perlora a connu un boom dans les années 60 et 70. Mais après le franquisme, le village a continué à dépendre de l'État jusqu'en 1982, date à laquelle il a été remis au gouvernement des Asturies. Mais la région a connu une période économique difficile qui se poursuit encore aujourd'hui (malheureusement, elle a le taux de suicide le plus élevé d'Espagne) et n'a pas pu maintenir l’endroit. Perlora a été fermé en 2006 et, malgré les multiples propositions faites depuis, aucune n'a abouti.

Des gardes employés par l'État patrouillent en voiture dans les quartiers vides, s'assurant que personne ne se faufile dans les 300 villas inoccupées, et effectuent des petits travaux d'entretien de routine. J'ai demandé à un gardien dans une cabine de sécurité s'ils avaient beaucoup à faire. « Seulement un ou deux adolescents qui se faufilent par pure curiosité », m'a-t-il dit calmement derrière la vitre. La région, l'une des plus pauvres d'Espagne, a investi environ un million d'euros pour empêcher la station de se dégrader, mais un tour dans les rues tranquilles montre qu'on ne peut pas arrêter le temps qui passe.

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L'église de Perlora, fermée au public, est ornée de fenêtres brisées et de poubelles éparpillées sur l'herbe à l'extérieur. Sur les différents bâtiments administratifs, les restaurants, les zones sportives et les terrains de jeux, la peinture rose, jaune, verte et orange s’écaille. Tout semble kitsch et prisonnier du temps.

La ville attire toujours des visiteurs, bien que la plupart viennent de la municipalité locale de Carreño. Je vois des gens qui courent, qui promènent leur chien et, surtout, des personnes âgées qui avancent lentement avec un regard nostalgique dans les yeux. Maintenant, c'est un simple lieu de passage, un grand terrain en décrépitude. En été, les gens se rendent encore sur les deux plages voisines.

Je rencontre un homme aux cheveux gris appelé Roberto, debout sur la route devant une bande de chats. Il dit qu'il les nourrit chaque fois qu'il le peut. « Dans les années 70, toute ma famille est venue ici, raconte-t-il. Nous étions une vingtaine et nous faisions toutes sortes de choses : nous jouions au football, nous mangions des tortillas. » Beaucoup de bâtiments dont il se souvient ont été démolis, les autres attendent leur tour. Mais pour l'instant, les lampadaires fonctionnent toujours, émettant une lumière jaune et chaude lorsque la nuit approche.

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