FRANCE

Référendum de Notre-Dame-des-Landes : le « oui » gagne, qu’est-ce que ça change ?

Lors d’un référendum organisé ce dimanche, le « oui » l’a emporté, avec 55,17 pour cent des votes exprimés. Mais les résultats divergent dans les communes directement touchées par le projet.
27.6.16
Image via Wikimedia Commons / Romain Bréget

Les habitants de Loire-Atlantique se sont déclarés majoritairement en faveur du projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dimanche soir. Sur 487 518 votes exprimés, 55,17 pour cent se sont dits en faveur de l'aéroport. 44,83 pour cent sont contre le projet.

• Qui a voté quoi ?

Le référendum, décidé par François Hollande le 11 février dernier, s'est tenu sur l'ensemble du département, un périmètre voulu par le gouvernement mais critiqué par les opposants au projet.

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Comme le détaille la carte de Francetvinfo, le « oui » l'a largement emporté dans les communes situées au nord-est du département (Ruffigné, Lusanger, Noyal-sur-Brutz où les scores atteignent 80 pour cent pour le « oui »).

À l'inverse, les communes directement touchées par la construction de l'aéroport ont massivement voté contre le projet. Dans la commune de Notre-Dame-des-Landes, 73,57 pour cent des votants se sont déclarés contre l'aéroport, le plus haut score du département.

Le maire de cette commune, Jean-Paul Naud, s'est félicité des résultats dans sa ville, comme le rapporte Le Monde. Il a cependant souligné que « le périmètre de la consultation avait été choisi pour que le oui l'emporte ».

• Quelles réactions des politiques ?

Même discours pour le parti Europe Écologie-Les Verts, cité par le journal : « Les dés étaient pipés d'avance et tout a été fait pour que le oui gagne : une consultation sur le seul département de Loire-Atlantique, une campagne inéquitable avec des moyens de collectivités mobilisés en toute illégalité, jusqu'aux amalgames répétitifs entre ZAD et violence pour activer un vote de peur. »

Au contraire, Philippe Grosvalet, président PS du conseil départemental de Loire-Atlantique, s'est réjoui des résultats de ce référendum, qu'il a jugé « sans aucune ambiguïté », rapporte Libération. Selon lui, cette consultation oblige le gouvernement à commencer les travaux de construction de l'aéroport.

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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a pu participer au vote, étant domicilié à Nantes, une ville dont il a été le maire. Cité par Francetvinfo, il a assuré qu'il s'agissait d'« un vote clair » et appel au respect de la voix des citoyens.

• Quand vont commencer les travaux ?

Le gouvernement a pour sa part salué le choix des électeurs, dans un communiqué en date de dimanche. « La démocratie a parlé. Elle a validé le projet de transfert d'aéroport [du sud de Nantes vers le site de Notre-Dame-des-Landes, plus au nord] déclaré d'utilité publique en 2008 (2 pistes), tranchant définitivement le débat sur l'opportunité de ce transfert. Le Premier ministre se félicite de ce choix qu'il a toujours défendu avec les élus du territoire », assure le communiqué.

Le Premier ministre annonce également que « les travaux préparatoires à la réalisation du nouvel aéroport s'engageront dès l'automne prochain » et que « les personnes qui occupent illégalement le site du nouvel aéroport devront partir d'ici le début des travaux ».

Un départ aussi souhaité par Bruno Retailleau, le président LR de la région et président du Syndicat mixte aéroportuaire chargé de ce projet d'infrastructure. « Il faudra bien sûr évacuer la ZAD, qui est encore une fois une zone de non-droit et il faudra ensuite commencer les travaux », a-t-il assuré, selon Franceinfo.

• Vers une évacuation prochaine ?

Mais les travaux sont encore loin de débuter. Comme le rappelle Le Monde, la France doit faire face à une mise en demeure de la Commission européenne, datée d'avril 2014, sur des infractions à la réglementation environnementale. Il reste aussi des jugements en appel sur des recours déposés contre des arrêtés préfectoraux (sur la loi de l'eau et les espèces protégées ou sur l'agrandissement de routes).

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Par ailleurs, les opposants n'ont pas dit leur dernier mot. Le soir même du scrutin, Dominique Fresneau, vice-présidente de l'Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport), affirmait la volonté des opposants au projet de continuer la lutte, malgré les résultats du référendum qui étaient, pour eux, prévisibles.

Le prochain rendez-vous a déjà été fixé par les opposants, qui appellent à se réunir les 9 et 10 juillet sur la ZAD, la zone d'aménagement différé rebaptisée « Zone à défendre ».


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