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Le ministère de l’Intérieur lance une appli mobile pour les alertes attentats

Fin mars, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait annoncé qu’il fallait « améliorer l’information du public en période de crise ».
Pierre Longeray
Paris, FR
08 juin 2016, 11:05am
Image via Ministère de l'Intérieur.

À deux jours du début de l'Euro, et en plein débat sur les risques d'attentats dans les fameuses « fan zones », le ministère de l'Intérieur français lance une application mobile pour prévenir la population des attentats.

Baptisée SAIP pour Système d'alerte et d'information des populations, cette application permet « d'être alerté, via notification sur son smartphone, en cas de suspicion d'attentat ou d'événement exceptionnel (accident de sécurité civile) susceptible de résulter d'un attentat, » indique le ministère dans un communiqué.

Lors d'une journée de travail « post-attentats » tenue à la fin mars, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait annoncé qu'il fallait « améliorer l'information du public en période de crise ». En cas d'attentats, les réseaux téléphoniques se trouvent vite saturés comme les services de police. « Dans la nuit du 13 novembre, la Préfecture de police a reçu 93 000 appels, » indiquait Cazeneuve à l'époque.

« Des messages doivent donc pouvoir être rapidement diffusés à nos concitoyens pour qu'ils appliquent les consignes de prudence, tandis que des réponses claires doivent être apportées à leurs interrogations, sans passer forcément par les numéros d'urgence, » avait alors préconisé le ministre — d'où le choix de lancer une application mobile.

L'interface de l'application est relativement basique et facile d'utilisation. Après avoir accepté que l'application accède à votre géolocalisation et vous envoie des notifications, la page d'accueil vous indique si un incident a lieu à proximité. Pour ceux qui ne souhaitent pas être géolocalisé, il est aussi possible de « suivre un lieu » et de savoir qu'elle est la situation dans votre lieu de résidence, mais aussi dans d'autres villes de France, où des proches peuvent habiter par exemple.

Quand le bandeau de l'application est vert, il n'y a rien à craindre. Il est possible de consulter des conseils à suivre en cas d'incidents. Les attentats ne sont pas les seuls incidents couverts par l'application. SAIP couvre aussi les accidents nucléaires, les ruptures d'ouvrages hydrauliques, et les incidents liés aux produits dangereux.

On apprend notamment qu'en cas d'« alerte produit dangereux », il ne faut pas s'asseoir ni s'allonger, même si vous vous sentez mal. En cas d'alerte nucléaire, il ne faut pas aller chercher ses enfants à l'école — « ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques et les secours en milieux scolaires, » indique l'application.

Si un incident est détecté, c'est le préfet qui choisit d'envoyer une alerte sur l'application SAIP. Un écran de notification rouge apparaît alors sur l'écran de l'utilisateur — sans alerte sonore ni vibration en cas d'alerte attentat puisqu'elles peuvent s'avérer dangereuses pour des personnes retenues otages ou cachées.

En cas d'alerte, un message d'alerte « Je m'informe » s'affiche sur l'écran et permet d'avoir accès à des « informations et des consignes précises concernant l'état de la situation en cours ainsi que le comportement immédiat à adopter ». L'application permet aussi de relayer l'alerte sur les réseaux sociaux, afin d'accélérer la diffusion de l'information.

Enfin, pour que l'alerte apparaisse, il faut garder l'application active en arrière-plan. Le ministère assure que la consommation de batterie est négligeable.

L'application est développée par la société Deveryware, qui assure à Europe 1 que « la géolocalisation des utilisateurs de l'appli ne sera stockée et accessible nulle part, » mais aussi que les noms, numéros de téléphone et localisations des utilisateurs ne seront connus « ni de la société ni des autorités ».

L'application est disponible en anglais et en français depuis ce mercredi matin sur l'Apple Store et Google Play. Elle est déjà opérationnelle. D'ici l'automne prochain, elle devrait aussi permettre d'alerter en cas d'avalanche ou d'inondation.


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