Deux communistes espagnols arrêtés à leur retour du front contre l’organisation État Islamique

Ils ont été remis en liberté en fin d’après-midi ce mardi, mais ont interdiction de quitter le territoire espagnol.

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juil. 8 2015, 9:30am

Captura vía Youtube

Selon des sources policières consultées par VICE News, deux combattants communistes espagnols avaient été placés en détention ce lundi alors qu'ils rentraient du Moyen-Orient où ils étaient partis combattre l'organisation État Islamique (EI). Ils ont été remis en liberté en fin d'après-midi ce mardi , mais ont interdiction de quitter le territoire espagnol alors que leurs passeports ont été saisis sur demande du procureur général.

L'un des deux hommes avait été appréhendé dans la matinée de lundi alors que le second combattant s'est présenté de lui-même à 19h à la station de police de Canillas, à Madrid.

Ils font tous deux partie du parti marxiste-léniniste « Reconstruction Communiste », une organisation qui a demandé « la libération immédiate et sans condition pour les deux brigadiers ».

Les détenus, dont l'arrestation a été confirmée par la police, seraient les deux combattants apparaissant sur une vidéo envoyée de Syrie datant de février dernier et qui explique les motivations qui les ont poussés à s'unir à des forces kurdes combattant l'EI.

Depuis Ras Al-Aïn, (« Serekanye » en kurde) dans la province d'Hassaké, les militants ont déclaré s'être unis à la révolution du Rojava (« ouest » en kurde) « pour défendre la classe ouvrière kurde opprimée par des états fascistes ». Les deux exprimaient leur soutien total à « la lutte contre le fascisme de l'État Islamique ».

Depuis que l'EI a lancé une grande offensive en Syrie et en Irak à l'été 2014, sont apparus des mouvements de solidarité internationale avec les Unités de Protection Populaire (YPG) — des groupes armés kurdes. Ces derniers mois, des militants de provenances très diverses — Amérique du Nord, Allemagne, Pays-Bas, Turquie — se sont rendus dans le Rojava pour rejoindre la lutte contre l'organisation islamiste. L'organisation qui coordonne l'arrivée de militants étrangers dans le territoire kurde est le Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie (MLKP).

Selon le quotidien ABC, l'un des détenus s'appelle Álvaro F.R.— surnommé « camarade Martos ». L'enquête est dirigée par le tribunal central n°6 de l'Audience nationale espagnole, qui est présidée par le magistrat Eloy Velasco.

Selon ce même périodique, les deux hommes seraient revenus en Espagne en traversant la frontière entre la Syrie et la Turquie, et de là ils ont pris un vol direct pour l'Allemagne, pour finalement rentrer en voiture à Madrid. Selon le journal, les deux communistes auraient été interrogés en Allemagne et en Turquie.

Il y a un mois, « Infiltrados », l'émission de la chaîne espagnole Cuatro, un reportage réalisé par les journalistes Lluís Miquel Hurtado, Antonio Pampliega et Ricard Garcia-Vilanova, montrait le commandant « Paco » combattant contre l'État Islamique dans la bourgade kurde de Sinjar (Irak). 

Paco et Martos sont les deux communistes qui apparaissaient dans la vidéo publiée en février et sont les deux hommes actuellement détenus en Espagne selon le parti Reconstruction Communiste.

À lire : Les forces kurdes repoussent l'État Islamique à Kobané

Les YPG se sont créées en 2011, au début du conflit en Syrie. Ils sont devenus une structure militaire majeure en juillet 2012, au moment ou le régime de Bachar Al-Assad a abandonné la zone kurde et où le Parti de l'Union Démocratique (PYD) — proche idéologiquement du parti kurde PKK — a pris le contrôle de la région en proclamant une sorte d'autonomie démocratique.

Les YPG se distinguent par le grand nombre de femmes qui combattent dans ses rangs. Ils mettent en avant son caractère multiethnique : kurdes, arabes, chrétiens, yézidis et désormais des combattants internationaux.

Suivez David Meseguer sur Twitter : @DavidMeseguer

Regardez notre documentaire — Cloués au sol par l'organisation État islamique : Sur la route de Mossoul

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