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La baisse du prix de l'essence n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour la planète

Aux États-Unis, la chute du prix de l'essence ne serait pas synonyme d'une utilisation plus fréquente des voitures, d'après une étude du gouvernement américain.

par Laura Dattaro
31 Décembre 2014, 10:20am

Image via Flickr

Les automobilistes américains éprouvent un certain soulagement à la pompe. À la fin de cette année 2014, le prix moyen pour le gallon d'essence (3,71 litres) est tombé à moins de 2,30 dollars (1,89 euro), soit un dollar de moins par rapport à décembre 2013.

La baisse du prix du carburant est un scénario qui a longtemps inquiété les écologistes, qui craignent que l'essence à bas prix pousse les gens à utiliser leurs voitures plus fréquemment. Plus de véhicules sur les routes entraîne plus de pollution atmosphérique. Elle peut prendre la forme d'un nuage de pollution qui encrasse nos systèmes respiratoires. Ce peut être aussi des émissions plus fortes de dioxyde de carbone, identifié comme un responsable du réchauffement de l'atmosphère et des océans.

Mais d'après un rapport de l'Agence d'Information sur l'Énergie américaine (EIA), une essence moins chère ne veut pas nécessairement dire que les automobilistes vont passer plus de temps sur les routes. D'autres facteurs, comme une population vieillissante (qui conduit moins), et une tendance chez les jeunes Américains à passer leur permis de plus en plus tard, pourrait avoir un effet compensatoire par rapport à la baisse du prix à la pompe.

« Des facteurs économiques et démographiques expliquent pourquoi les gens conduisent moins, » a déclaré Timothy Hess, un analyste de l'EIA, spécialiste des perspectives énergétiques à court terme. 

Au milieu des années 1990, une baisse de 12 pour cent du gallon d'essence aux États-Unis a augmenté de 1 pour cent le nombre de kilomètres parcourus par les automobilistes. Aujourd'hui, pour reproduire le même effet, on estime qu'il faudrait une baisse des prix du carburant de 25 à 50 pour cent.

Prenant en compte l'élasticité des prix, l'EIA estime qu'en 2015, même si les prix de l'essence baissaient de 23 pour cent, la consommation d'essence restera plus ou moins identique. En France, pour le moment on estime selon les sources que la baisse des prix sur l'ensemble de 2014 tourne autour de 15 pour cent.

« Les prix de l'essence ont plus d'impact sur le modèle de voiture que les gens achètent que sur le nombre de trajets qu'ils font, » a déclaré à VICE News Tom Turrentine, un chercheur et anthropologue de l'institut des transports de l'Université de Californie.

Les facteurs de compensation sont multiples. Les baby-boomers prennent leur retraite, ils sont moins nombreux à prendre leur voiture pour aller travailler. L'importante migration récente des banlieues vers les centres urbains a diminué l'importance de la migration pendulaire automobile des Américains. Et donc le fait que la nouvelle génération en capacité de conduire, passe son permis de conduire plus tard, quand elle décide de le passer.

En 2012, le secteur du transport américain — les voitures, les camions, les bateaux, les trains et les avions — a émis 1,7 milliard de tonnes de dioxyde de carbone, ce qui correspond à 28 pour cent des émissions de gaz à effet de serre du pays, juste derrière celles dues à la production électrique.

L'EIA prévoit une augmentation de moins d'un pour cent des émissions dues à la consommation d'essence en 2015.

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