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Les pires choses que des gens ont publiées dans leur histoire Instagram

« J’ai publié une vidéo de moi avec un sac de poudre dans la bouche, puis j’ai écrit “C’est l’hiver, c’est l’hiver, c’est l’hiver” ».
27 avril 2018, 11:00am
À gauche : VICE ; à droite : US Library of Congress / domaine public via 

Si vous m’aviez demandé quand j’étais adolescente ce que je ferais à 25 ans, j’aurais probablement mentionné quelque chose de vague comme avoir un emploi salarié, habiter à Londres et, avec un peu de chance, posséder un réfrigérateur SMEG bleu canard. Ce que je n’aurais pas imaginé, c’est qu’en parallèle à ma « vraie » vie, je mènerais une autre vie virtuelle. Plus particulièrement, une vie virtuelle à laquelle beaucoup de gens s’intéresseraient. Une vie qui existerait dans nos téléphones et qui impliquerait de téléverser un flux constant de vidéos pour que nos abonnés puissent nous observer et que nous les observerions nous observer. Une vie qui ressemblait à une émission de téléréalité diffusée en continu, dans laquelle nous serions le seul participant et le seul réalisateur. Je parle ici des histoires Instagram.

Si vous êtes dans la vingtaine ou la trentaine, c’est-à-dire trop vieux pour Snapchat et blasé de Twitter, il y a de fortes chances que vous publiez régulièrement des histoires Instagram. Et puisqu’il est si facile et rapide de les publier, il y a aussi de bonnes chances que vous ayez publié des histoires douteuses lors de soirées arrosées. Le genre d’histoire que vous supprimez le lendemain matin en vous réveillant en sueurs froides à l’idée que votre collègue Tristan, qui pour une raison obscure est toujours le premier à voir vos histoires, vous a déjà vu en train de lécher de la kétamine sur une affiche du film Almost Famous « Il y a 3 heures » avec un commentaire disant « Ouais l’gros » et que vous soyez peut-être déjà viré. Ça ne m’est pas encore arrivé, mais j’ai quand même déjà publié sept vidéos de suite dans lesquelles je fumais un joint d’un air sérieux avec « Wild Thoughts » comme fond musical en bougeant la tête d’une manière très particulière, comme si mon cou était détaché de ma tête, geste que je n’ai pas été capable de reproduire à ce jour.

En tous les cas, étant donné ce phénomène relativement nouveau qui, d’après moi, n’a pas encore été suffisamment exploré, j’ai décidé de demander à des gens les choses les plus regrettables qu’ils ont publiées comme histoires Instagram. Évidemment, ils m’ont tous demandé de conserver l’anonymat.

Esme, 21 ans
Une fois, j’étais dans un party de Noël et j’ai publié une vidéo de moi avec un sac de poudre dans la bouche, puis j’ai écrit : « C’est l’hiver, c’est l’hiver, c’est l’hiver. » Je n’ai pas de filtre en général, et je pense toujours que je suis dans mon faux compte IG, alors que je suis dans mon vrai compte. La vidéo est restée en ligne pendant au moins sept heures sans que personne réponde quoi que ce soit. Je pense que mon ami me l’a mentionné avant que je voie mon histoire le lendemain matin.

Georgina, 24 ans
J’ai vu que mon ex regardait mes histoires, alors j’ai écrit des trucs comme « Va chier! », « Arrête de regarder mes histoires! », ou encore « T’as une petite queue! » avec son nom complet. J’ai laissé les publications en ligne toute la journée. Il n’était pas abonné à mon compte, alors j’ai fait un test en publiant différentes histoires, et il les regardait toujours pas plus tard qu’une heure après que je les aie publiées. Je m’en foutais à vrai dire, parce qu’il employait de la violence psychologique et je le détestais. Je pense que beaucoup de mes amis le détestaient aussi, parce que j’ai reçu beaucoup de messages disant : « YAAASSS ». Il a arrêté de regarder mes histoires par la suite.

Jake, 26 ans
J’avais pris de la MDMA avec des amis et on flânait dans un cimetière près de chez moi. J’ai pensé que ça serait une bonne idée de publier un genre de monologue au fil de mes histoires, dans lequel je parlais sincèrement de « briser les barrières qui nous séparent » et je disais que « les gens devraient se tenir davantage avec moi, parce que je suis un bon gars ». Dans certains cas, j’étais étendu face première sur une tombe. Je les ai supprimées quelques heures plus tard, mais entretemps, j’ai reçu bon nombre d’émojis de face qui pleure de rire. Mes amis se moquent encore de moi en disant : « Je suis un bon gars! »

Alice, 23 ans
J’ai déjà publié une vidéo d’un ver solitaire dans la toilette, qui venait selon toute vraisemblance des intestins d’un de mes colocs.

Paige, 20
Quelqu’un m’a filmée alors que j’étais vraiment, vraiment saoule et que je hurlais la chanson « Bitch Better Have My Money » de Rihanna dans un bar à karaoké. Sur le coup, je l’ai publiée, mais j’étais trop saoule pour bien réfléchir, et je n’avais pas réalisé que j’utilisais le mot « n… », ce qui était évidemment problématique. Je me suis réveillée le lendemain matin avec des messages d’amis bien intentionnés qui étaient comme « Euh… » J’ai vite retiré la vidéo et me suis excusée.

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Kaya, 25 ans
La pire chose que j’ai publiée, c’était moi en train d’uriner dans un verre au [club queer de Londres] Vogue Fabrics. Le verre débordait et je faisais juste le vider par terre au fur et à mesure. J’ai supprimé la vidéo quand ma belle-sœur m’a averti. J’ai réalisé qu’il serait sans doute mieux que je la retire si je voulais encore avoir un emploi.

AJ, 28 ans
Mon ami m’a mis au défi de publier une photo de moi nu devant un miroir, alors je l’ai fait juste pour le faire rire et parce qu’il ne m’en croyait aucunement capable. Je l’ai laissée en ligne pendant environ une heure avant de la supprimer. Honnêtement, je paraissais bien dans la photo, mais ma tante l’a vue et c’était un peu malaisant, alors je l’ai retirée le plus rapidement possible.

@daisythejones