FYI.

This story is over 5 years old.

Culture

Google rend son anonymat à Bouddha

Pour les algorithmes de Google Street View nous sommes tous des divinités.
24 septembre 2014, 9:00am
Images courtesy of artist

Que ce soit en goguette dans les allées de Disneyland, déambulant sur les boulevards de Las Vegas ou en exploration dans les jungles d’Asie, Marion Balac ne bouge pas d’un iota. C’est devant son écran qu’elle explore les contrées du monde, scrollant et cliquant au rythme de Google Street View. Une aventurière numérique, sorte d’Indiana Jones 3.0, elle traque les temples perdus. Car cette photographe-illustratrice-web-artiste est depuis quelque temps sur les traces d’une étrange quête, puisqu’elle cherche méticuleusement les statues divines d’à travers le monde dont les visages ont été algorithmiquement floutés par Google.

L'utilisation de cet outil bureaucratique, qui plonge nos visages - et ceux des statues - dans l'anonymat, crée ces images étranges. On a ici accès à un point de vue unqiue, celui du robot Google, qui traite chaque visage comme une donnée sans se préoccuper de son statut ou de son échelle." explique Marion Balac à The Creators Project “Le robot de Google ne fait aucune distinction entre un visage vivant et sa reproduction. Lorsque nous sommes floutés, c’est pour protéger notre anonymat. Nos droits civils et nos croyances religieuses traités par un algorithme - je trouve ça fascinant.”

Parce que oui, c’est bien dommage mais que tu sois le Sphinx du Luxor Hotel de Las Vegas ou l’un des innombrables Bouddhas qui peuplent la série Anonymous God, pour ton ordi, ça ressemble juste à ta tronche. S’il est vrai qu’être réduit par un géant comme Google à une série de données calculées en une fraction de seconde peut paraitre un peu déstabilisant, l’horizon qui nous verrait retrouver un semblant d’anonymat, et ce, que l’on soit ma voisine, Beyonce ou une divinité ayant été célébrée par des milliard de personnes à travers les siècles, est, en fait, plutôt réconfortante.

Marion Balac sera du 3 au 6 octobre exposée – sur un sujet super différent mais super super quand même – par la revue Entre aux côtés de Sandra Plantiveau et Hélène Barrier au 23 bis rue du Télégraphe dans le vingtième arrondissement de Paris Plus d’informations sur l’event Facebook. 

En attendant retrouvez quelques images de la série Anonymous Gods ci-dessous :

Accessoirement, c'est presque une obligation d'allez visiter son site.