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Music Reviews

Tous les mois des disques sortent. Tous les mois nous les accompagnons avec de gentils sourires ou des gens qui vomissent toute leur haine dessus.


 

PATRICK COWLEY

 

MAXÏMO PARK

     

 

FEADZ

 

IMPALED





 


LIL SILK
Here Comes the Laughter

Mixtape

Injuste monde que celui du rap game : un timbre de voix chelou et un flow quasi-offbeat-mais-en-fait-non-pas-du-tout-putain-mais-j’arrive-pas-du-tout-à-voir-où-il-va peut suffire à magnétiser les fans, et c’est ce que réussit sans difficulté apparente Lil Silk, habitant d’Atlanta et poulain de Young Thug, dont la voix haute et instable rend complètement dingo. On n’ira pas jusqu’à dire, tel l’esthète André Manoukian, que le mec pourrait réciter le bottin, mais en tout cas il peut faire autant de morceaux qu’il veut sur les thèmes « je suis foncedé » ou « je suis sur le point de faire de l’argent », on sera toujours là pour être d’accord avec lui.

ATL MENU

 
MIGOS
Young Rich Niggas
Mixtape


Faut être sacrément peu constructif pour ne pas s’enthousiasmer pour les rares jeunes rappeurs qui, de nos jours, décident de monter un groupe, surtout quand ce groupe est composé d’un oncle et de son neveu (qui n’ont que trois ans d’écart : il doit y avoir une histoire de baby momma ou de granny momma derrière tout ça) et d’un cousin actuellement en prison. « Versace » mérite un prix Nobel toutes catégories (clip, look, lyrics, break IDM en intro) mais plus généralement toute la tape est habitée d’un sentiment grisant : les mecs ont l’air trop contents de rapper, ils sont marrants, espiègles, tantôt mignons, tantôt violents, un peu comme la vie. Et les instrus ont ce gimmick « start-stop/faux stop » qui marche à chaque fois.

MUSÉE DU JUS DE POMME
BUSTA RHYMES & Q-TIP
The Abstract and the Dragon

YMCMB / G.O.O.D Music

Il y a des trucs dans la vie qui partent d’office dans le couloir 8 de mes préférences à moi. Busta Rhymes, par exemple. Je hais Busta Rhymes de tout mon être. Je le hais pour ce qu’il est, pour ses blagues, son exubérance, son visage dont les traits grossiers appuient avec précision sa nullité générale, son accent caribéen, ses efforts désespérés pour paraître sympa alors que tout le monde capte, dès le premier instant, que cette grosse tête abrite au mieux un concessionnaire de voitures, au pire un assassin. Et Q-Tip aussi, contre qui je n’ai rien mais qui est chiant depuis la chute du Mur de Berlin. Alors ouais, sachez-le : ça m’étonne de bien aimer cette tape de deux vieux qui parodient sans gêne leur propre passé. Mais ça marche parfaitement. J’ai envie de porter un sweat, de manger un Yes et de remater pour la 300e fois la part de Gino Iannucci sur la Yeah Right.

JIMMY MORE HELL

   


MODERAT
II - Tour Edition
Monkeytown


Cette Tour Edition est accompagnée d’une courte notice stipulant que « The Moderat II Tour Edition simply is a collector’s item for true fans. » Cette assertion ne pouvant être contestée, le mieux serait sans doute que vous en preniez connaissance, que vous la relisiez plusieurs fois si nécessaire, et que vous fassiez un choix, sachant que vous pourrez à tout moment revenir sur votre décision, si par exemple, malgré le plaisir que vous procure l’album, vous veniez à douter de votre légitimité en tant que fan véritable de Moderat ou qu’au contraire, vous souhaitiez rejoindre le cercle des aficionados, après avoir longtemps pensé que Moderat n’était qu’un groupe de passage dans votre existence. La vie vous propose un nombre incalculable de choix. Ce disque en est un.

HASSIDIC CHENEY

 
FEADZ
Instant Alpha
Ed Banger
C’est hyper bien. Enfin, c’est hyper bien si vous aimez à la fois Luke, les stabs, DJ Deeon, les couleurs saturées, UGK, Bone-Thugs-N-Harmony, l’idée d’un futur non dystopique, sécher les cours, regarder les clips, le R&B, Airbnb, la bass music et plus généralement, la place de la basse dans l’histoire de la musique. Alors là, c’est hyper bien. Pensez à un cornet de frites, plus un sandwich, plus une boisson. Plus un sundae. Hyper bien comme ça.

KELLY SLAUGHTER  
ACTRESS
Ghettoville
Ninja Tune


Ça m’énerve de dire que je n’ai dans l’ensemble pas aimé ce disque et que j’ai du mal à apprécier le délire art contemporain d’Actress, sur le mode : « Je fais de la musique dysfonctionnelle exprès pour vous faire chier alors que je pourrais très bien faire plein de beaux morceaux comme ceux que j’ai pu faire jadis, eh ouais les mecs allez vous faire mettre parce que moi je suis un artiste qui trace à l’ICA. » C’est une dynamique de merde de refuser de générer de la beauté quand on sait comment faire, mais en même temps ça m’irrite encore plus d’arriver à vaguement comprendre que c’est un geste artistique hyper fort, que personne n’a jamais vraiment fait dans la dance music. Ce mec est donc, selon mes critères, un gros con.

DEMI MORT
 


DENA
Flash
!K7 Records


Cette petite Bulgare adoubée par Konbini se caractérise par une fâcheuse tendance à porter des fringues techno-futuristes, à chanter comme on lave du linge et à garder la bouche constamment entrouverte, tout en évoluant dans un univers visuel qui oscille entre le marbre, le néon, les ongles multicolores et les bonnets en laine. J’ai finalement très peu de choses à en dire, si ce n’est que la Bulgarie n’a jamais autant ressemblé au Sri Lanka.

ARTHUR JACK RUSSEL  
MONDKOPF
Hadès
In Paradisum

Après un premier album aux reflets cobalt, construit sur un cœur floral nuit/mystère/inquiétude, Mondkopf nous revient avec un disque aux tonalités rouge profond, décliné en trois fragrances distinctes, s’ouvrant sur un mélange de lave rose, d’eau de Styx et de safran iranien, avant de se stabiliser sur une base oud cuir ou bois d’agar. Le résultat, sensuel, entêtant, minéral, rappelle la rudesse des encens de Somalie, mais dévoile, au fil des écoutes, un sillage composé de balsa et de fève Tonka. En d’autres termes, ça commence comme un long remix du « One » de Metallica par Saaad et Witxes, et ça se finit par l’éjection de votre esprit dans l’espace intersidéral, et sa mise en orbite dans une mer d’espace où vos derniers compagnons d’éternité seront un féroce chien noir et l’esprit d’un vieil Indien catholique.

DANSE AVEC LES LOUBAVITCH

 
PATRICK COWLEY
School Daze
Dark Entries

Je propose de faire abstraction du fait que 1. la matière première de cet album a été composée par Cowley, accessoirement producteur de Sylvester et inventeur de la Hi-NRG, alors qu’il expérimentait avec des synthés compliqués dans les années 1970 et que 2. le résultat a été réutilisé et édité pour servir de bande son à des films porno gay. Tout ce qu’il faut retenir, c’est que cette musique moite et gracieuse peut entrer sans problème dans le petit temple trop touchant de la musique électronique à l’expressivité émotionnelle surdéterminée mais magnifiée par ses moyens limités. 

COWLEY SERRÉ

   


IMPALED
The Dead Still Dead Remain

Willowtip


En temps normal, j’aurais mis un Smile à un album qui comporte des titres comme « Immaculate Defecation » ou « Faecal Rites », juste parce que j’ai émis un ricanement à la Butthead rien qu’en lisant leur tracklist, mais en cherchant sur Google, j’ai appris que cet album était un réenregistrement de leur premier album sorti il y a treize ans. Ce qui veut dire que les mecs de ce groupe ont plus de 40 ans. Putain, j’espère vraiment qu’à cet âge-là mon futur appartement bourgeois et mon break de marque allemande suffiront à impressionner mes enfants et leur permettront de comprendre que travailler dur est la seule façon de s’en sortir dans la vie.

FLORENCE DEL REY

 
ICED EARTH
Plagues of Babylone
Century Media
Je me demande ce qui a pris à mon rédacteur en chef de me proposer de chroniquer cet album. Sérieux, je préfère limite devenir breton et végétarien voire straight-edge plutôt que de me coltiner ces bouffeurs de viande aux hormones venus tout droit d’un grill Courtepaille tout crado, celui de la cinquième sortie sur l’autoroute de la ramasse. 

JOHN & SARAH CONNARD  


CHEVEU
Bum
Born Bad


Sachant que j’ai écrit la biographie promotionnelle accompagnant ce disque, plusieurs observations sont à noter : 1. il est évident que je ne pourrai en dire que du bien (mais comment faire autrement ? car il s’agit là techniquement du disque le plus beau, fou et vital que vous entendrez cette année, sérieusement), 2. déontologiquement, je ne devrais peut-être pas chroniquer ce disque (mais on me l’a demandé, et très franchement, je vous emmerde, ce truc est trop bon pour le laisser aux mains d’un stagiaire), 3. je peux vous assurer que c’est le seul disque que vous entendrez jamais qui cite à la fois directement Bertrand Blier, Harmony Korine et l’affaire Marcovic (mais pas en même temps), 4. il s’agit clairement du meilleur disque de Cheveu, ce qui, compte tenu du niveau vertigineux de 1000, l’album précédent, n’est pas exactement rien, 5. la pochette défonce, comme d’habitude.

LOUBNA JAMIE BASTONGA

 
THE SENTENCED
Demo
Self Released

Quand ils arrêtent la musique, les hardcore kids français deviennent graphistes freelance et glissent lentement mais sûrement vers une vie peuplée de tatouages arty, de Vans édition limitée et de célébration permanente de l’auto-entreprenariat jusqu’à ce qu’ils procréent avec le tromblon de scène qu’ils avaient rencontré lors d’un concert de Providence à la Miroiterie. Ceux du Texas, eux, remontent immédiatement quinze groupes, détestent encore plus ce que vous aimez et continuent de jouer la meilleure musique de haine au monde. Baston de tous les instants ou cupcake à la farine de gluten, chacun son truc, hein.

SYLLA SAINT-CREEPY

     


MARISSA NADLER
July
Sacred Bones


Ça, c’est Marissa. Quelques notes de piano, une cigarette, une vieille édition des Raisins de la colère. Une ampoule qui grésille dans la pièce d’à côté, un jean. Une référence un poil trop appuyée à Dylan, une autre à Neil Young. Un chapeau. Ça, c’est Marissa. Et sur les coups des 23 heures, quand elle rentre du bar d’à côté avec son sac à main et sa solitude, et qu’elle se met à faire une clé de sol, puis un la, puis un mi, puis qu’elle en parle en des termes pompeux dans une interminable update Facebook, ça, aucun doute, c’est bien Marissa.

LORD OF THE BORING

 
NENEH CHERRY
Blank Project

Smalltown Supersound


Si je devais faire un top 5 de mes moments Neneh Cherry, je mettrais le clip et le maxi de sa reprise de « I Got You Under My Skin » en premier, après quoi il y aurait forcément l’album Raw Like Sushi et la plupart des vidéos qui vont avec, à commencer par celle de « Buffalo Stance » qui m’évoque pas mal d’après-midi de 1989. Ensuite, il y aurait son disque fait d’orge et de blé, Homebrew, qui est vraiment pas terrible à la réécoute, mais qui me semble avoir été réalisé dans un bel état de décontraction, à la campagne, comme en témoignent les photos de presse de l’époque sur lesquelles on voit Neneh en salopette. En quatrième, je mettrais sa reprise de Suicide, enregistrée il y a deux ans pour un disque avec The Thing, qui est assez cool, mais vraiment trop musique-musique. Et en cinquième, je mettrais le single « Woman » parce que même s’il est over-cramé, ça me rappelle quelques souvenirs de vie courante de l’année 1997. Ce nouvel album produit par Four Tet ne figure pas dans ce classement car il est parfaitement réalisé, plutôt inspiré et de super bon goût, mais si je voulais des trucs bien réalisés, inspirés et de super bon goût, je m’intéresserais aux tables en bois massif ou aux fauteuils Arne Jacobsen, pas à la musique pop.

HOUMOUS AU CHOCOLAT

 
WARPAINT
S/T

Rough Trade


Parmi les 10 conseils qu’on file à un jeune groupe qui veut réussir, on oublie parfois de leur dire que signer un album homonyme, why not, mais pas tout de suite. Regardez Beyoncé ; ce jeune groupe a enregistré quatre albums pour en sortir un à son nom, et il se vend plutôt bien. Deux albums pour Warpaint, c’est peu, ça fait un peu manque d’inspiration. Comme l’album est bon, je dirais que c’est pas tant le manque d’inspiration que la fougue et l’impudence d’une jeunesse pressée d’en découdre avec soixante ans de rock blanc qui a fait qu’en fait, Warpaint en avait rien à foutre. Ces meufs voulaient simplement sortir un bon album. Maintenant que c’est fait, elles pourront se poser le cul pour réfléchir au titre du prochain.

JAMIE HUGUES AUFREY

 
CHEATAHS
S/T

Wichita

D’habitude, les hommes qui semblent refuser obstinément de vieillir me foutent les jetons, parce qu’ils finissent souvent par devenir des trentenaires en crise prématurée, qui se transforment ensuite en quadragénaires désireux d’être « en phase avec leur époque », avant de sombrer dans la cinquantaine bien tassée et de tenir des discours fondés sur la philosophie de Rod Stewart, type « la future femme de ma vie n’est pas encore née » ou « une thérapie, c’est comme un plat chinois : c’est très copieux sur le moment, mais tu crèves de faim une heure plus tard ». Pourtant, ces grands gamins à hoodie ont réussi à me donner envie d’abandonner le confort de mon lit deux places et sa parure satin au profit d’un clic-clac Ikea glané sur Leboncoin.fr, d’exhumer ma planche de skate placardée d’autocollants en faveur de l’élection de John Kerry et de tracer jusqu’à l’aube.

BOB FAGGET

 
MOGWAI
Rave Tapes
Sub Pop


Je ne sais pas si ça fait vingt ans que Mogwai enregistre le même album. Je ne vais pas les juger à l’aune de ce fait, mais « Remurdered » m’a fait penser à une balade nocturne où les taxis seraient figurés par des larsens, le vent par une nappe électronique et les piétons, exclusivement chinois et très ordonnés, par une séquence pleine de rebondissements répétée en boucle qui, à force de tourner inlassablement, finirait par rendre tous ces rebondissements plats mais pas inintéressants dans ce qu’ils apporteraient de réalité à une nuit qui, finalement, si elle est toujours différente, reste toujours la même. Comme quoi, le post-rock n’a pas fait que du mal à l’humanité. D’ailleurs, Mogwai croient tellement à ce concept délavé qu’ils se permettent, alors que ce procédé n’est plus pertinent depuis 1994, de réciter un texte (avec des parties à l’envers) sur un instru à base de guitares lascives et de bruit harmonieux.

TED POST-ROCK

 
GEM CLUB
In Roses
Hardly Art


Gem Club m’a permis de découvrir un nouveau sous-genre musical, la chamber pop. Comme le terme m’a fait peur, je suis allé voir sur Wikipédia s’il avait vraiment le sens que je lui imaginais, et visiblement, le site du savoir transcosmique n’a pas envie que je l’apprécie puisqu’il y accole les termes « élégance » et « refus d’agressivité », deux façons de vivre que j’avais vaguement pressenties. Si ça appelle de la tendresse en vous, vraiment, je vous en prie, écoutez Gem Club. Ils signent sur un label au nom délicat de Hardly Art et quand ils vont boire un verre de bon vin, ils sourient en évoquant le prochain film de Wes Anderson et sa direction artistique dont ils soutiennent le manque de couilles. Mais, vous voyez le mec qui pisse sur un coin du bar, à côté de vous, parce qu’il a bu trop de bières et ne peut plus compter sur ses jambes pour lui indiquer le chemin des chiottes ? C’est moi. Salut les mecs ! Ça gaze ?

GERBY LEWIS

 
STEPHEN MALKMUS & THE JICKS
Wig Out at Jagbags
Domino


Ça me fait chier de dire du mal de Stephen Malkmus et je sais à quel point il est facile de taper sur les socialistes, mais cet album est tellement de gauche qu’il me fait penser à la BO d’un film choral sur le 11e arrondissement de Paris qui raconterait l’histoire de Vincent Macaigne qui décide – sur un coup de tête – de quitter son job bien payé dans la com’ pour ouvrir une boulangerie, idée qui lui permettrait de draguer mollement des intermittentes qui viennent acheter leur baguette tradition au levain, avec un cameo de Najat Vallaud-Belkacem qui jouerait la tenancière d’un bar à soupes aromatisées au tofu.

HAÏLÉ SYLLASIÉ 1ER DU NOM

 
MAXÏMO PARK
Too Much Information

Daylighting


Cet album est officiellement le truc le plus assommant de ma journée – et sachez qu’elle a débuté sur trois réunions, dont une qui gravitait autour d’une présentation Powerpoint avec des graphiques en secteurs éclatés et un nombre indécent de points d’exclamation. J’aurais même pas écouté cet album pendant ma préadolescence, et c’était pourtant l’époque où je considérais la J-pop comme un genre musical et Shannen Doherty comme ma maîtresse de pensée.

HILLARY DULL
 


IAMTHEMORNING
Miscellany
Internet


Le matin, c’est France Inter qui me réveille à 7 h 30. Je me lève à 40 pour réveiller mon fils. Je lui sers son bol de céréales. Je file à bouffer aux chats, je change de station et je m’allonge sur le canapé. Mon fils se pointe d’habitude à 45/50, on discute genre discussions de réveil, sauf quand j’ai envie d’entendre la radio. À 8 heures et quelque, il va se laver les dents et se préparer et s’il ne se laisse pas distraire par de la lecture, il est prêt à partir vers 8 h 20. Il va faire un bisou à sa mère qui dort encore et se barre après avoir mis son goûter dans la petite poche de son sac à dos. Il me reste 5/10 minutes pour me mettre à mon ordi et commencer à bosser en écoutant la revue de presse. Inintéressant ? Figurez-vous qu’un groupe dont les membres n’ont même pas pris la peine de mixer le son de leurs instruments à cordes pour ne pas ressembler à du MIDI ont décidé de signer un album encore plus chiant et monotone que mes matinées.

MORON 5

       
SISTER IODINE
Blame

Premier Sang


En écoutant ces captations audio d’ouragan nucléaire, j’ai d’abord cru à l’enregistrement pirate d’un défilé SS retrouvé sur un autobahn aux abords de la Forêt-Noire. Puis, à la musique d’accompagnement d’une séance de torture dans les locaux de la Stasi. Puis, à un épais brouillard. Mais avec le recul, je dirais qu’il s’agit indiscutablement de la musique qu’écoutent les personnages des romans de Thomas Bernhard lorsqu’ils s’apprêtent à tuer leur femme.

FRIEDRICH SNITCH

 
FANTÔME
It All Makes Sense

Rough Trade


Le projet Fantôme réunit deux experts de la musique digitale, lesquels ont vraisemblablement tenté de retracer le périple existentiel d’une femme à fleur de peau qui nous parle de ses fêlures sur douze morceaux. Il y est notamment question de vouloir crier, vouloir mourir, s’offrir tout entière à un garçon et se sentir mal aimée. Sincèrement, Hanin Elias était autrement plus déconneuse quand elle sortait de l’ombre des groupes aux noms débiles comme Phallus Über Alles.

WACK TAYLOR

V/A
I Heard the Angels Singing - Electrifying Black Gospel from the Nashboro Label
Tompkins Square


On peut se demander quel genre d’individu jugerait utile de disser le gospel, mais ça n’empêche que bon, autant j’adore le gospel quand c’est mélangé à de la disco ou de la house ou quand c’est chanté par des enfants ou par Alice Coltrane ou Spiritualized, mais comme ça, nature, c’est pas trop ma came, en fait vu de l’extérieur c’est presque gênant à écouter, comme si on débarquait dans une église baptiste avec des gens en transe, alors qu’on n’a jamais ouvert la Bible et que le plus fort pic d’intensité spirituelle qu’on a vécu jusqu’ici a été provoqué par les premières minutes d’une vidéo d’Italia Blue en début de carrière.

CE GOSSE PÈLE