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Drogue

Voici à quoi ressemble votre cerveau quand vous fumez de la weed

Grâce aux électroencéphalogrammes, il est possible de voir les effets qu'a la drogue sur le cortex cérébral.
27.2.15

Photo de Rafael Castillo via Flickr

Cet article a initialement été publié sur VICE Roumanie

Ana Lorga est une Roumaine pionnière du neuromarketing. Elle s'est spécialisée dans les études de marché réalisées à l'aide de mesures biométriques, d'électroencéphalogrammes (EEG) et de tests d'associations implicites. En se rendant à Amsterdam pour une conférence sur le sujet, Lorga, qui se trimballe toujours avec son casque EEG, s'est lancée dans une expérience impromptue qui consistait à mesurer les effets de la weed sur votre cerveau.

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« J'ai remarqué que beaucoup de participants à la conférence se fumaient un petit joint pendant les pauses et je me suis demandée ce qui se passait dans leur cerveau, m'a-t-elle raconté. Comme je n'ai pas le don de lire dans le cerveau, j'ai pensé à comparer leur activité cérébrale avant et après avoir fumé. »

Deux de ses collègues ont été assez gentils pour se sacrifier au nom de la science : un soir, après le diner, l'un d'eux a allumé un spliff et l'autre a avalé un space cookie.

« Avant de consommer les produits, nous sommes allés au bar de l'hôtel et j'ai enregistré leur activité cérébrale, détaille Lorga. Après 15 minutes, j'ai fait une nouvelle mesure. J'étais convaincue d'assister à une baisse de l'activité cérébrale parce qu'ils me disaient se sentir comme ralentis, absents et détendus. J'ai été vraiment surprise des résultats. »

Votre cerveau contient des milliards de cellules appelées neurones. Ils communiquent entre eux par des signaux électriques. La communication simultanée de milliards de neurones produit une grande quantité d'activité électrique qui peut être relevée grâce à un EEG. Étant donné que ces impulsions sont déclenchées à intervalle régulier, comme des ondes, on les appelle « ondes cérébrales ».

Les capteurs EEG mesurent l'activité des neurones situés à la surface du cortex. Lors de ces deux expériences, on a pu voir que la fréquence cérébrale avait grandement évolué avant et après l'ingestion des produits.

Souvent, les études montrent que le THC réduit davantage la fréquence cérébrale quand le sujet est détendu et l'accélère quand le sujet est soumis à des effets visuels. Avec les deux cobayes d'Ana, « il était clair que la fréquence cérébrale s'était accélérée après avoir fumé et que l'amplitude était plus grande – ce qui ne signifie pas un fonctionnement chaotique, mais que le cerveau est en état d'alerte supérieure », explique Laura Crăciun, neurologue. « Peut-être que le sujet planait ou avait des sensations bizarres », ajoute-t-elle.

Crăciun fait remarquer qu'il y avait un déséquilibre net entre l'activité cérébrale de l'hémisphère gauche (qui, en gros, gère la logique, le langage et les calculs) et de l'hémisphère droit (qui s'occupe de la créativité, de l'intuition, de la musique, de l'art) du premier sujet – un déséquilibre qui était également présent dans le relevé à jeun, ce qui signifie qu'il n'est pas uniquement lié à la consommation de cannabis.

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Les deux sujets avaient consommé une quantité modérée d'alcool au cours du repas ; cela n'interférait donc pas vraiment avec le processus. Les cobayes n'ont pas eu à effectuer de tâches pendant l'expérience ; ainsi, le relevé cérébral était celui d'un corps au repos et dans un état de relaxation.

« Pour le sujet qui a mangé le cookie, on a pu voir un ralentissement (la fréquence des ondes diminuait), couplé à une hausse de l'amplitude, ce qui peut être associé à un état de profonde relaxation, explique Crăciun. Sur le premier enregistrement, la fréquence cérébrale est visiblement plus rapide dans l'hémisphère droit et il n'y a pas de grosse différence avec le gauche. Aussi, l'EEG est moins symétrique et régulier, mais je n'associerais pas ça à une perturbation mais plutôt à un état de conscience. »

Dans la vidéo ci-dessus, on peut voir dans la partie gauche des ondes cérébrales de la personne au repos, sans avoir fumé. La trajectoire contient 14 enregistrements, chacun capté avec une électrode différente (les électrodes sont également réparties dans les deux hémisphères du cerveau).

On peut voir que le second schéma est complètement différent du premier, que ce soit au niveau de sa vitesse et de son aspect.

Le sujet est pourtant dans la même position qu'au début, au repos – c'est ainsi qu'on peut déduire que les changements visibles sur l'EEG sont dus aux substances ingérées.