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Musique

Tout ce que j’ai appris de l’album unique du Wu-Tang en traînant avec Martin Shkreli

Quand RZA lui a demandé quels morceaux du Wu-Tang il aimait, Shkreli a répondu : « J'aime les morceaux un peu punk rock. »
3.2.16

Photo : Bobby Viteri

La première chose que l'on remarque en entrant dans le bureau de Martin Shkreli en plein cœur de Manhattan, c'est l'énorme boîte en or qui fait office de pochette pour l'un des albums les plus légendaires de tous les temps. Elle repose négligemment par terre, telle une boîte à pizza vide.

Bien entendu, cet album est The Wu : Once Upon a Time in Shaolin, que le Wu-Tang Clan a sorti en un seul exemplaire et vendu pour deux millions de dollars l'année dernière. Le fait que l'acheteur se trouvait être l'un des hommes les plus détestés au monde (il a fait augmenter de 5 000 % le prix d'un médicament qui pourrait sauver des vies et a été accusé d'escroquerie, entre autres) a emmerdé pas mal de monde. Comment une relique si précieuse a pu terminer entre de si mauvaises mains ? Les 31 titres finiront-ils par retrouver leur chemin jusqu'aux oreilles de plus méritants qu'un auto-entrepreneur millionnaire frauduleux imbu de lui-même ?

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Quand l'info est devenue publique, RZA a dit à Bloomberg : « La vente de Once Upon a Time in Shaolin s'est faite en mai, bien avant que les escroqueries de Martin Skhreli (sic) ne soient dévoilées. On a décidé de donner une partie des recettes à des œuvres caritatives. » Depuis, le meneur du Wu a imploré Shkreli pour qu'il rende l'album public ou en fasse au moins profiter les gens. Pendant ce temps-là, Ghostface Killah l'a traité de « shithead », ce qui a amené Shkreli à proférer des menaces et à faire une vidéo étrange avec trois potes masqués.

D'après Shkreli, les gens sont prêts à payer des millions pour un tableau de Warhol, et il est donc tout à fait normal d'en faire autant pour un album de rap tiré à un seul exemplaire. « Avant, [la musique] c'était pour l'élite, ceux qui étaient privilégiés », m'a-t-il dit. « À l'époque de Mozart, la musique n'était pas faite pour être écoutée de tous. »

Shkreli a grandi à Sheepshead Bay, où ses parents ont émigré depuis l'Europe de l'est. Il s'est néanmoins présenté à RZA comme un New-yorkais pure souche lors des discussions qui ont précédé la vente : « Je lui ai dit, "écoute mec, je suis de Brooklyn. C'est 80 % de ce dont tu as besoin de savoir sur moi." Il m'a dit que c'était un bon début. »

« Je lui ai dit "Je viens de New York, j'ai grandi dans une famille pauvre et j'ai réussi à m'en sortir ici", poursuit-t-il. « Je lui ai avoué que je n'étais pas son plus grand fan. Je n'en suis même pas un vrai. Il y a beaucoup de gens qui apprécient plus le Wu-Tang que moi, mais je voulais quand même posséder cet album. »

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Quand RZA lui a demandé quels morceaux du Wu-Tang il aimait, Shkreli a répondu : « J'aime les morceaux un peu punk rock. »

Forbes a pu écouter 51 secondes de l'album, tandis qu'environ 150 personnes en ont entendu 13 minutes lors d'une soirée l'année dernière. Néanmoins, seuls Shkreli et le Wu savent exactement ce qu'il y a sur Once Upon A Time, qui inclut deux disques appelés Shaolin School et Allah School. Durant l'une des nombreuses interviews que j'ai faites de Shkreli pour mon article sur lui, il a passé une partie du second disque en fond. Je ne peux malheureusement pas vous en dire grand-chose, mis à part que c'était bien un album du Wu-Tang, avec des bruits de kung-fu, des extraits de films – et oui, un featuring avec Cher.

« La tracklist n'est connue de personne, m'a assuré Shkreli. J'ai en ma possession le manuscrit qui les révèle. » J'ai eu l'occasion de griffonner le nom de quelques morceaux – Dirty Bomb et Stone Him ! Swine [Interlude] ». (La liste des morceaux précédemment proposée par Complex est incorrecte, mais je n'ai pas de version complète ou de substitution à vous fournir.)

Shkreli m'a avoué qu'il envisageait de le détruire – je ne sais pas vraiment s'il plaisantait – alors, au nom de la postérité musicale, j'ai pris quelques photos de l'album et des « manuscrits » mentionnés par Shkreli avec mon téléphone. Vous pouvez les trouver ci-dessous, mais d'abord, sachez que le numéro de téléphone de Shkreli est public, ce qui signifie qu'il reçoit des tonnes d'appels de la part d'inconnus. Il m'en a fait écouter quelques-uns qu'il avait enregistrés, de la part de fans et de trolls. Parmi eux, il y avait celui d'un mec qui se faisait appeler Monkey Boy et tenait un discours complètement incohérent, et celui d'un homme qui semblait sérieux en disant à Shrekli qu'il avait appris beaucoup de la vie grâce à lui.

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Puis on est arrivé à un message qui disait : « Salut Martin, c'est RZA. Rappelle-moi. » Je me demande ce qu'il avait à lui dire.

Ce certificat d'authenticité atteste qu'il n'y aura jamais d'autres copies de Shaolin.

Quelques illustrations d'ODB et Inspectah Deck se trouvent dans le livret de paroles.

« The Magnificent Butchers » se trouve être le nom d'un des morceaux, ainsi qu'un clin d'œil à un film d'arts martiaux hongkongais de 1979.

Le livret de paroles ainsi que le reçu – adoubé d'un sceau de cire que Shkreli a qualifié de « ridicule ».

Une copie de l'un des deux CD.

L'album est décrit ici comme un « conte d'épées et de sagesse ».

Je suis vraiment désolée d'avoir raté cette photo, manifestement trop floue.

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