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Du plaisir de se faire masser les couilles dans les salons de massage de Paris

Un tour d'horizon des plaisirs découverts derrière les devantures des thermes thaïlandais.
2.11.16
salons de massage finition Paris

La première fois que je me suis rendu dans un salon de massage thaïlandais, c'était l'année dernière. Et comme toute brillante idée, celle-ci commence par une gueule de bois. J'avais 23 ans et j'étais encore en stage dans la pub. Lors d'un lendemain de soirée, j'ai décrété avec un pote que je voulais faire quelque chose de nouveau. On était vraiment au fond du trou à cause de cette soirée, et on s'est dit : « Et tiens, si on allait se faire masser ? » À la base, on voulait réellement se payer un massage traditionnel – rien qui ne présageait une quelconque faveur sexuelle tarifée. Plutôt un truc détente et apaisant, comme ces vidéos YouTube qui vous aident à vous endormir. Mais grâce à la magie d'internet, on est très vite tombé sur des sites de massages thaïlandais à Paris. Du coup, on s'est dit : « Et puis merde, allez on le fait. »

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On savait pertinemment dans quoi on s'embarquait. Le salon était dans le VIIIème arrondissement, un quartier plutôt chic en somme. Ce n'était pas non plus un de ces salons franchement glauques de Belleville. Une fois arrivé au bout de la rue en question, on a un peu attendu avant d'y aller. Pour nous, il était hors de question d'y foutre les pieds tant que des gens pouvaient nous voir. On flippait un peu, de la même manière que des adolescents qui veulent rentrer dans un sex-shop pour la première fois. Mais on ne s'était pas tapé tout ce trajet pour rester planter là comme deux cons.

Quand tu es devant la porte, tu sonnes, comme chez n'importe qui. C'est de toute façon fermé – ce n'est pas comme si il y avait une véranda ouverte sur l'établissement. Une fille vient regarder par un bout de fenêtre si tu n'as pas l'air d'un psychopathe ou d'un pédophile, bien que vu la gueule des autres clients, ce serait honnêtement difficile de s'en assurer. Elle t'ouvre, enfin, si elle te juge apte. Avec mon pote, on se retrouve alors dans une petite salle d'attente, un peu dans le même genre que celles qu'on trouve chez son docteur. On ne voyait pas vraiment la différence, pour l'instant. Un type faisait la caisse, et m'a pris à moi et mon pote 80 euros chacun, pour une formule de 45 minutes. Ce n'était pas forcément glauque à première vue – ça nous semblait même plutôt propre, ce qui nous a agréablement surpris.

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Photo via Flickr.

Ensuite, une fille vient te chercher pour aller te faire masser et te demande quelle formule tu veux. Comme je disais, on avait pris genre une formule de 30 ou 45 minutes, ce qui est déjà pas mal. C'est à partir de là que ça devient un peu glauque. On est alors descendu dans une sorte de cave aménagée. Il y avait deux « salles de massage » sur la droite et un coin pour se doucher au fond. Du coup, on rentre chacun dans une chambre avec une fille. Je me suis déshabillé, et la fille m'a demandé de prendre une douche. Personnellement, ça me rassurait de voir qu'ils faisaient attention à l'hygiène, le but n'était pas non plus de repartir avec une MST ou des puces. Néanmoins, j'avais toujours dans un coin de ma tête cette peur un peu débile qu'un Chinois vienne me dépouiller une fois à poil. Allez savoir pourquoi.

Dans la pièce à massage, la lumière était tamisée et il faisait excessivement chaud. J'ai dû me foutre sur un matelas au sol, où se trouvait un papier blanc – le même papier blanc de merde que tu trouves chez le médecin quand tu te fais ausculter sur sa table et qui se déchire inévitablement, même si tu essayes de rester immobile. Il y avait aussi une petite musique apaisante un peu cliché, genre musique d'ascenseur. La fille commence à me masser et m'enduit le corps d'une huile un peu dégueulasse. J'avais pris la formule body to body, donc elle aussi était à poil. La meuf en question était franchement moche – pas à mon goût, disons. Elle devait avoir la quarantaine et était très marquée par l'âge. Après le massage – parce que oui, elle te masse vraiment – elle m'a brièvement branlé et sucé, de manière presque maladroite, comme si elle ne voulait pas vraiment, en fait. J'ai même dû me finir tout seul, ce qui est assez triste quand on s'est délesté de 80 balles. Ensuite, je suis allé prendre ma douche et je me suis habillé. Je précise qu'elle masse, car ça m'est déjà arrivé de finir trop vite et comme j'avais pris une formule 45 minutes, j'ai naturellement demandé à ce qu'elle continue à me masser « normalement ». Ce qu'elle a fait. Plutôt réglo.

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Une fois le truc terminé, je suis allé attendre mon pote dans un salon fermé. C'était terriblement glauque à ce moment-là. En fait, je devais l'attendre non pas dans la salle d'attente du début, mais dans une autre pièce à l'écart, juste à coté des escaliers. Et là, j'ai vu tous les prochains clients. C'était des mecs assez vieux et je n'osais absolument pas les regarder. Ils me faisaient un peu flipper. Quand mon pote est arrivé, on s'est mutuellement demandé si on avait « kiffé ». Honnêtement, ce serait hypocrite de dire que je regrette cette expérience. On s'est quand même dit qu'on n'en parlerait pas trop autour de nous, parce que ce n'est pas non plus un truc dont tu peux te vanter en soirée. Le seul regret dans cette histoire, c'est le portefeuille. Tu te dis « Tiens, j'aurais pu me branler tout seul, ça m'aurait coûté bien moins cher ». Mais c'est comme les plans culs que tu regrettes, tu ne te dis ça qu'une fois chez toi, sous la douche.

Au final, je n'y suis allé que trois fois depuis un an. Jamais seul, mais toujours avec des potes. Sinon, c'est franchement glauque. Je ne me verrai pas y aller tout seul, comme si je prenais un McDo. Je vois plus ça comme une expérience entre potes, plus qu'un besoin vital de me faire branler dans une cave. Les deux autres fois, j'étais complètement bourré, et je me suis même fait arnaquer comme un vulgaire touriste. Je suis arrivé dans un salon complètement ivre, et immédiatement, on me demande de payer 100 euros pour 30 minutes. Cette fois, c'était un salon vraiment « classe » par rapport aux autres, toutes proportions gardées bien sûr. La cabine de massage était bien éclairée, les gens à l'intérieur avaient l'air normaux, et il y avait un certain effort de décoration – avec le genre de meubles qu'on trouve chez Fly ou Conforama. Les femmes présentes n'étaient pas asiatiques. L'une d'elle commence donc à me masser et me dit : « Bon écoute, si tu veux plus, va falloir remettre 100 euros sur la table ». Au début, je n'étais pas du tout chaud, et puis elle m'a convaincu assez rapidement – profitant du fait que j'étais un mec bourré. Évidemment, on ne prend pas toujours les meilleurs décisions de sa vie quand on est à 4 grammes. J'ai donc aligné le fric.

Sauf que la meuf s'est barré avec mon argent, et une autre arrivée pour soi-disant me « finir ». Je me suis vite rendu compte que je n'aurais rien de plus qu'un simple massage – j'ai donc tenté de lui expliquer que je venais de payer pour plus que ça. Elle m'a expliqué très naturellement que « Oui, mais t'as payé l'autre, pas moi. Si tu veux plus va falloir payer. » Là, j'ai compris que je me faisais complètement arnaquer. Je me suis habillé et je me suis tiré, ultra énervé, évidemment. Se faire tirer son fric alors qu'on est à poil sur une table d'auscultation de médecin n'est jamais une expérience agréable.

On ne va pas se mentir, tout ceci n'est pas très moral. Je sais que la plupart de ces femmes ne font pas ça par plaisir et qu'il y a sans doute des organisations abominables derrière, mais ça ne m'a pas empêché de le faire. Je ne vais pas non plus commencer à juger tous les gens qui font ça. Clairement, je préfère trouver une meuf sur Tinder – car même si ça va pas plus loin qu'une branlette, ça reste de la prostitution.

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