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Une brève chronologie de l'holocauste nucléaire

Ou pourquoi l'arme atomique est la pire invention de l'histoire de l'humanité.

par MOTHERBOARD STAFF
12 Janvier 2018, 6:00am

Image : National Nuclear Security Administration

Grâce à Donald Trump et son meilleur ennemi Kim Jong-un, l'angoisse de la guerre nucléaire a ressurgi des cartons de la guerre froide pour débarquer dans les années 2010. Chouette ! Mais au fait, que se passerait-il si les bombes atomiques se mettaient vraiment à pleuvoir ? Permettez-nous de vous l'expliquer en commençant par la deuxième minute suivant les détonations.

H+1 minute

Les têtes nucléaires viennent de tomber. Quelle que soit leur puissance, elles ont vraisemblablement anéanti leur cible, petite ou grande : base militaire, centre de commandement, dépôts d’armes, infrastructure critique, ville, objectifs symboliques.

À l’ombre des champignons atomiques, ceux qui n’ont pas été broyés de l’intérieur par l’effet de souffle, vaporisés par la boule de feu ou carbonisés par le rayonnement thermique s’agitent dans les débris. Beaucoup souffrent de blessures plus ou moins graves qui les tuent plus ou moins vite : rétines brûlées, tympans crevés, lacérations, perforations, brûlures, fractures, organes éclatés…

Des incendies déclenchés par l’explosion commencent à se propager. Ils achèvent ceux qui ne peuvent plus bouger et asphyxient ceux qui se terrent dans des abris. Les secours sont en route, ou pas ; dans le cas d’une détonation unique comme dans celui d’une guerre nucléaire d’envergure, ils seront dépassés par l’étendue des dégâts et le nombre de victimes. La majorité des appareils électroniques sont hors-service.

H+1 journée

Une partie des particules radioactives projetées dans l’atmosphère par la ou les explosions a commencé à retomber. Les vents ont déjà porté certaines d’entre elles à des centaines de kilomètres de l’épicentre. C’est le fameux “fallout”. Dans la zone concernée, tous les êtres vivants qui ne sont pas protégés par un abri ou un équipement adapté sont touchés à des degrés divers.

Les individus les plus exposés à ces retombées radioactives manifestent les symptômes de la forme la plus grave du syndrome d’irradiation aiguë : ils vomissent, délirent ou tombent dans l’apathie, la peau rougie et criblée de cloques. Beaucoup rendent leur dernier souffle dans les heures suivantes, les autres mourront le lendemain.

Des pluies gorgées de cendres contaminées, les pluies noires, s’abattent à proximité des zones de bombardement. Devenus énormes, les incendies déclenchés par les explosions nucléaires commencent à répandre des millions de tonnes de cendre et de poussière dans la stratosphère.

Le début de l'apocalypse dans Threads, un docu-fiction diffusé par la BBC en 1984

H+1 semaine

Le syndrome d’irradiation aiguë continue à tuer. Les individus contaminés ne sont pas tous conscients d’avoir été irradiés mais des saignement des gencives, des infections étranges et des plaies qui ne guérissent pas signalent une mort prochaine. En cas d’échange atomique d’envergure, même à échelle locale, des effets globaux commencent à se faire sentir.

Les polluants soulevées par les incendies nucléaires rongent la couche d’ozone et font se répandre un smog photochimique dans l’hémisphère nord. Les rayons du soleil peinent à pénétrer ces nuages qui irritent les yeux et les voies respiratoires. La luminosité baisse et les températures amorcent leur chute.

H+1 mois

Des formes moins expéditives du syndrome d’irradiation aiguë, celles qui s’attaquent à la moëlle osseuse ou au système digestif, emportent de nouvelles victimes. Ceux qui survivent malgré la contamination perdent leur cheveux. Les niveaux de radioactivité des retombées a baissé pour atteindre un niveau ne posant aucune menace à court terme.

Les poussières ont atteint l’hémisphère sud. Dans certaines zones recouvertes par le nuage, la température a chuté de plusieurs dizaines de degrés celsius. Le manque de luminosité et la toxicité du smog perturbent la photosynthèse. C’est le début de l’hiver nucléaire. L’écosystème est bouleversé, l’agriculture chancelle et, avec elle, la civilisation.

Dans les scénarios les plus catastrophiques, notre monde s’effondre. Soudain, une bonne partie de ce que notre espèce a engendré devient nul et non avenu. Les rescapés s’organisent en communautés dont l’unique occupation est la survie. On tue parce qu’il le faut. Partout et à tout âge, on meurt de faim, de froid, de maladie et d’infection.

L'explosion de Little Boy au dessus d'Hiroshima dans Gen d'Hiroshima, 1983.

H+1 an

La température globale continue à chuter - l'explosion d'une centaine de bombes similaires à celle d'Hiroshima suffirait à faire baisser la température d’un degré. Il ne pleut plus autant qu’avant. Les bouleversements climatiques ont déclenché une famine globale, la famine nucléaire, qui décime les survivants. Les épidémies continuent à faire des ravages.

Les effets à long terme de l’empoisonnement aux radiations se déploient peu à peu : on devient stérile et aveugle, on meurt de leucémie. Les enfants naissent déformés et condamnés au cancer sous un ciel noir. Des milliards d’individus sont morts.

H+10 ans

Difficile de savoir ce qu’il est advenu de l’humanité. Les famines ont-elles continué ? La couche d’ozone s’est-elle remise ? Les températures sont-elles remontées ? Les inconnues sont trop nombreuses, mais une chose est sûre : rien ne pouvait arriver de pire.