Sauf mention, toutes les photos sont d'Élise Blanchard/VICE News

Dans le cortège parisien contre la « loi travail XXL »

Des dizaines de milliers de personnes (400 000 selon la CGT) se sont rassemblées partout en France pour manifester contre la réforme du Code du travail.

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12 Septembre 2017, 5:30pm

Sauf mention, toutes les photos sont d'Élise Blanchard/VICE News

Des dizaines de milliers de personnes (400 000 selon la CGT) se sont rassemblées partout en France aujourd'hui pour manifester contre la réforme du Code du travail, surnommée « loi travail XXL » par les syndicats. C'est la première mobilisation sociale du quinquennat d'Emmanuel Macron.

À Paris, les manifestants (24 000 selon la préfecture et 60 000 selon la CGT) ont marché de la place de la Bastille à la Place d'Italie – sachant que la première manifestation du 9 mars 2016 contre la loi Travail version El Khomri avait mobilisé environ 30 000 personnes selon la préfecture.

« On montre qu'on est contre, c'est toujours mieux que rien, » dit Adrien, 25 ans et membre de la Fédération CGT des cheminots. « La direction va en profiter pour embaucher des gens à bas coût, » s'inquiète cet aiguilleur du rail présent dans le cortège parisien. « Et le travail sera de moins et moins bien fait. »

En tête de cortège, devant les chars des syndicats, on retrouvait des militants non-syndiqués, équipés de banderoles aux slogans étudiés comme « Sous la cagoule c'est Jul » ou « Plutôt fainéants que dirigeants ». Suivaient derrière les forains, qui manifestaient notamment contre une ordonnance du 19 avril, qui mettrait en danger la profession, selon Marcel Campion, exploitant de la grande roue de la Concorde et surnommé « Roi des forains ».

Des manifestants du cortège de tête sur le boulevard de l'Hôpital.

Dans le cortège syndical, on peut lire « Tu nous casses le code » sur la pancarte en carton que brandit Annie, 67 ans, une ancienne du milieu de l'édition. « Ce Code du travail est le résultat de presque un siècle de lutte des salariés pour rétablir un minimum de rapport de force [avec leurs] employeurs, » explique-t-elle. « On ne peut pas [détruire tout] ça avec des ordonnances. »

De son côté, Emma, étudiante de 23 ans, a voté Macron au premier tour, « pour faire barrage au Front national, », mais elle est loin d'être satisfaite par le président. « Il faut pouvoir prouver [à Macron] que s'il va trop loin [...] il y aura des personnes pour protester, » dit-elle. Après être partie étudier à l'étranger, Emma dit avoir réalisé qu'en France « il y a des choses qu'on a envie de défendre. »

Jean, son ami de 23 ans et compagnon de voyage, est du même avis. « On a vu différents modèles économiques, politiques [...] dans le monde et bien qu'on râle beaucoup en France [...] tous ces acquis sociaux, en matière de santé, d'éducation, de travail, c'est quand même bien, » explique Jean. « Et c'est justement ces choses-là qui sont menacées. »

Malgré quelques jets de projectiles et légères dégradations sur la fin du parcours à Paris, signalées notamment par la préfecture de police, la majorité des manifestants sont restés calmes et déterminés, dans une ambiance festive. La préfecture de police faisait état ce mardi soir de quatre interpellations.

Quasiment tout au long de la manifestation les forces de l'ordre sont restées à bonne distance du cortège. (Photo de Pierre Longeray/VICE News

Une autre manifestation à l'appel de la CGT est prévue pour le 21 septembre, à la veille de la présentation des ordonnances au conseil des ministres. La France insoumise a aussi prévu une manifestation à Paris le 23 septembre.