Noisey

Un bref historique de l'infiltration fasciste dans le punk et le metal

Depuis les années 1970, les mouvements fascistes infiltrent les scènes punk et metal sous couvert d'ésotérisme ou de libre expression.
07 septembre 2017, 4:30am

Alexander Reid Ross est maître de conférences à la State University de Portland et auteur de Against the Fascist Creep récemment publié chez AK Press. Son ouvrage rend compte des différentes formes, souvent travesties, que revêt l'extrémisme de droite actuel, afin de démontrer que l'infiltration est l'objectif conscient et secret des groupes néo-fascistes qui cherchent à pénétrer puis ébranler de l'intérieur les mouvements sociaux de gauche, autant dans leur forme classique que dans leurs nouvelles incarnations.

Les conséquences du rassemblement « Unite The Right » de Charlottesville, dont les organisateurs étaient ouvertement fascistes, ont brutalement ranimé l'intérêt pour les mouvements antiracistes et antifascistes. À la suite de ce rassemblement, un néo-Nazi du nom de James Alex Fields a foncé en voiture dans un groupe de manifestants antifascistes, faisant un mort et 19 blessés. Pendant la journée, Fields avait été photographié parmi le groupe fasciste Vanguard America, vêtu de leur uniforme, polo blanc et pantalon militaire, et brandissant un bouclier orné de leur logo, deux faisceaux romains croisés en X. Ce genre d'image semble donner des indications claires quant au visage du fascisme et aux lieux où il doit être combattu. Mais ses incarnations sont rarement aussi ouvertes et aussi revendiquées. C'est souvent au sein des subcultures, sous couvert d'ambiguïté, que les fascistes recrutent et exercent leur influence ; par exemple pendant les concerts, les soirées, dans les magazines et sur internet. Il est probable que la plupart se désolidariseront du mouvement alt-right, ou se replieront vers ce genre de milieux afin de rassembler leurs forces.

Le meurtre de Charlottesville a fait remonter le triste souvenir du 26 mai, lorsqu'une attaque au couteau à motivations racistes, perpétrée par Jeremy Joseph Christian, a fait deux morts et un blessé grave dans les transports publics de Portland, Oregon. Les médias avaient rapidement fait état des liens de Christian avec de récents mouvements de protestation d'obédience alt-right, mais il ne correspondait pas au profil typique du white supremacist – son truc, c'était plutôt le heavy metal, l'anarchie et le nihilisme.

Lire la suite sur Noisey.

Publicité