Etats-Unis

Les USA soupçonnent un ancien légionnaire d'être derrière les attentats de Paris

Le Département d'État américain désigne Abdelilah Himich, un franco-marocain de 26 ans, comme une des figures responsables des opérations extérieures menées par l’EI.
23.11.16
Un pompier devant le bar La Belle équipe le 13 novembre à Paris (Photo par Etienne Rouillon / VICE News)

Plus d'un an après les attentats de Paris et de Saint-Denis, les services de renseignement du monde entier tentent encore d'identifier le ou les principaux commanditaires de ces attaques simultanées.

Ce mardi soir, le Département d'État américain a inscrit sur sa liste noire des terroristes étrangers trois nouveaux noms, dont celui d'Abdelilah Himich, un franco-marocain né en novembre 1989.

« Himich aurait été impliqué dans l'organisation des attaques de l'EI contre Paris en novembre 2015 et contre Bruxelles en mars 2016, » indique le Département d'État dans son communiqué.

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Plus connu sous son nom de guerre (Abou Souleymane al-Faransi), Himich serait l'une des figures responsables des opérations extérieures menées par l'EI , toujours d'après les autorités américaines. Il serait à l'origine de la création du bataillon Tariq Ibn Ziyad, une cellule de près de 300 combattants européens de l'EI, responsable d'attaques en Irak, en Syrie et à l'étranger.

Un mois avant cette annonce du Département d'État, une enquête conjointe menée par Frontline et ProPublica révélait le nom d'Himich et le désignait comme l'un des architectes des attentats de Paris.

Né au Maroc, Himich a passé deux ans au sein de la Légion étrangère — pour laquelle il a combattu en Afghanistan. Un épisode qui l'a particulièrement secoué, d'après un témoignage recueilli par Le Monde.

« Il a été très marqué par l'Afghanistan, de mon point de vue, ça l'a traumatisé. Il a vu des choses horribles, des deux côtés », explique au quotidien la mère de la petite amie d'Himich.

Après cette expérience, Himich est retourné à Lunel, dans le sud de la France, d'où il est originaire. Celui qu'on surnomme « Abdel le légionnaire », se hisse vite à la tête d'une bande de jeunes Lunelois candidats au départ vers la Syrie.

Une enquête du Combating Terrorism Center de l'université de West Point, publiée début novembre, révèle qu'Himich est parti vers la Syrie en février 2014 — quelques mois après avoir été libéré de prison pour une histoire de trafic de drogue en avril 2013.

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Avant de rejoindre les rangs l'EI, Himich s'était engagé dans une unité proche de Jabhat Al-Nosra à son arrivée en Syrie. Mais en avril 2014, il rejoint l'EI, où il va rapidement prendre du galon — possiblement grâce à sa formation militaire au sein de la Légion.

Pour le spécialiste de la mouvance djihadiste, David Thomson, Himich ne serait plus en position de puissance au sein de l'EI. Selon une source au sein de l'organisation, Himich serait « tombé en disgrâce » et aurait été « placé en détention au sein de l'EI ».

Si Himich pourrait bien être impliqué dans les attaques de Paris, les services français restent prudents quant à son rôle éventuel. Le Monde indique que les services français et américains semblent plus prudents, interprètant de manière différente plusieurs éléments concernant Himich.


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