Des chiens renifleurs à la retraite au lendemain de la légalisation

L’entraînement des nouveaux chiens devrait commencer avant l’été et devrait être terminé d’ici le mois de janvier.
29.5.18
Photos : Pixabay, Gendarmerie royale du Canada

La quinzaine de chiens renifleurs de l’équipe mobile de sécurité routière de la Gendarmerie royale du Canada devront être remerciés après la légalisation du cannabis, puisque leur entraînement les conditionne à détecter la drogue douce, qui ne sera plus prohibée cet été, selon le plan du gouvernement fédéral.

Les animaux seront vendus à d’autres services de police ailleurs dans le monde où le cannabis est toujours illégal, explique le responsable principal de la formation aux services cynophiles de la GRC, le sergent Gary Creed. Les plus vieux, généralement âgés de plus de sept ans, prendront quant à eux leur retraite.

« Ces chiens travaillent souvent sur les routes et lorsqu’ils sentent une drogue, nous devons fouiller le véhicule, dit-il. Après la légalisation, une arrestation que l’on fait de la sorte pourrait être remise en cause, nous devons donc changer ces chiens. »

L’entraînement des nouveaux chiens devrait commencer avant l’été et devrait être terminé d’ici le mois de janvier.

Toutefois, au lendemain de la légalisation, il existera toujours un marché noir. La majorité des chiens du service de police fédérale, soit environ 140 bêtes, continueront donc à être entraînés pour détecter le cannabis.

« Ça ne change rien aux équipes affectées aux services généraux puisque dans l’immense majorité des cas, les chiens sont appelés à fouiller une scène alors qu’un mandat a déjà été lancé ou lorsqu’il y a eu arrestation, » ajoute le sergent Creed. Dans ces cas-là, la découverte de cannabis par un chien renifleur serait donc tout simplement ignorée par les forces de l'ordre si elle n'est pas d'ordre criminel.

Du côté de la Sûreté du Québec, on souhaite attendre que la légalisation soit effective avant de revoir les pratiques de l’équipe canine. «On se prépare à ça, mais on attend les indications du gouvernement, explique le lieutenant Hugo Fournier. On ne bouge pas avant que les lois soient votées. On ne veut pas s’inviter dans le débat. »

Crédit : Gendarmerie royale du Canada

Mais la SQ n’anticipe pas de changements majeurs dans ses façons de faire. « Les chiens vont toujours être utiles près la légalisation. Sans entrer dans les détails, il va quand même y avoir de la production illégale et on va devoir intervenir. »

Même son de cloche au Service de police de la Ville de Montréal, où « aucun changement n'est prévu en ce qui concerne l'escouade canine ».

À l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), la formation des chiens détecteurs ne sera pas non plus touchée par la légalisation du cannabis. « Le rôle du chien détecteur reste le même, dit le porte-parole de l’ASFC, Nicholas Dorion. En vertu de la Loi sur le cannabis proposée, l’importation et l’exportation de cannabis seront toujours illégales au Canada, à moins d’avoir un permis valide émis par le gouvernement du Canada. Comme c’est le cas à l’heure actuelle, les permis sont délivrés à des fins précises seulement : médicales, scientifiques ou industrielles, comme le chanvre. »

Simon Coutu est sur Twitter .