L’évolution future de l’espèce humaine est potentiellement terrifiante
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L’évolution future de l’espèce humaine est potentiellement terrifiante

Un quadrupède décérébré ? Un homme-dauphin ? Un ange en Air Max ? Un vampire accro à Instagram ? Petit panorama de ce à quoi pourrait ressembler l'homme dans 1000 ans.
Genono
par Genono

L’inconvénient, à l’heure de l’homo sapiens hyperconnecté, c’est que ce Dracula serait très chiant. Repas à base de jeunes vierges postés sur Instagram pour gratter un maximum de likes, snaps mal éclairés à cause de son allergie à la lumière … Le pire, c’est que ce mec serait tellement hype, à l’heure de Twilight et d’American Horror Story. Il finirait dans les clips de Lady Gaga, on tournerait des télé-réalités sur lui, et Young Thug lui prêterait ses plus belles jupes. Et puis Draculito finirait par se reproduire, transmettre son patrimoine génétique de suceur (de sang) et devenir le père de toute une nouvelle espèce de suceurs (de sang, après j’arrête avec cette vanne). Non, vraiment, si l’espèce humaine évolue pour devenir homo vampirus et qu’elle n’a pas le style incroyable de James Marsters, ça ne vaut pas le coup.

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Waterworld

Le réchauffement climatique a des effets dramatiques et continuera d’en avoir tant que l’homme continuera à se croire chez sa mère. Parmi ces effets indésirables, l’inexorable montée des eaux, qui finira par engloutir Amsterdam, le Bangladesh et le Mont Saint-Michel. Si l’être humain survit assez longtemps, on peut imaginer le voir s’entasser par millions sur les quelques lopins de terre qui resteront émergés. Le reste de l’humanité devra s’adapter à la vie marine, et finira par développer des capacités d’apnée et de nage à faire pâlir Michael Phelps. Le cas de Michael Phelps est intéressant, parce que son corps est tellement adapté à la natation (envergure plus grande que sa hauteur, grands bras et petites jambes, mais et pieds immenses et très flexibles) qu’il est soumis chaque année à des tests pour vérifier qu’il n’est pas porteur du syndrome de Marfan, une mutation génétique qui a justement pour symptômes une hypercroissance des os entrainant des membres disproportionnés, l’hyperlaxité ligamentaire, en plus de pas mal d’autres désagréments plus pénibles.

Si l’être humain devait adopter une vie majoritairement aquatique, les gènes responsables de certaines de ces caractéristiques auraient donc de grandes chances d’être sélectionnés par la sélection naturelle si chère à Darwin. Il serait également probable qu’à terme, notre pilosité s’amenuise et que notre capacité à rester en apnée augmente, mais rien n’indique que l’on finisse avec une queue de thon comme Ariel la petite sirène. Reste à savoir si Kevin Costner aurait eu une meilleure carrière si on avait confié la réalisation de Waterworld à George Miller, qui en aurait fait un Mad Max détrempé. Putain, ça aurait eu de la gueule.

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Au fond de mon cœur, j’espère que la race humaine finira par s’autodétruire, que ce soit de manière directe par le nucléaire nord-coréen, ou de manière indirecte par la dégradation progressive mais certaine de l’atmosphère terrestre. Mieux, l’hypothèse d’une série de catastrophes naturelles réduisant notre espèce en cendres est tout à fait viable, ce qui serait une jolie façon pour la nature de nous hurler à l’oreille : KARMA, BITCH.

En étant très pessimiste, on peut également imaginer que l’espèce humaine se survive à elle-même, qu’elle continue à occuper la planète pendant des millénaires, et par conséquent, qu’elle finisse par évoluer. Le truc cool avec l’évolution des espèces, c’est que la science ne peut absolument rien prévoir. Au mieux, elle peut tenter de donner des embryons de pistes en se basant sur l’histoire de l’évolution et en bâtissant des modèles théoriques, mais concrètement, aucune hypothèse ne peut jamais être considérée comme tout à fait probable. On peut donc imaginer un homme à trois jambes ou avec des organes fluorescents, tout est possible, surtout les hypothèses les plus farfelues. Aucun évolutionniste n’aurait jamais pu prévoir l’existence de l’ornithorynque – ce mammifère venimeux à bec de canard qui pond des œufs – ou du rat-taupe -ce rongeur qui vit en colonies comme les insectes, avec reine et soldats.

Mais il est tout aussi probable que l’espèce humaine ne connaisse aucune évolution spectaculaire. Quelques retouches fonctionnelles peut-être, du type réduction de la taille de l’appendice, ou disparition de la pilosité des jambes… rien de bien folichon, en somme – nous ne serons probablement jamais des X-Men. Pourtant, l’espèce humaine évolue constamment, et nos gênes subissent inlassablement des mutations, de génération en génération. Rien de perceptible au quotidien, évidemment, mais l’exemple tibétain est saisissant. Une étude menée en parallèle sur 50 Tibétains vivant à une altitude de 4300 mètres et sur 50 Chinois Hans de Pékin vivant à une altitude inférieure à 50 mètres a en effet révélé des différences importantes au sein des génomes respectifs. Les tibétains sont ainsi génétiquement adaptés à la vie en altitude, et notamment à la raréfaction de l’oxygène.

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Les Tibétains ne sont pas des gens comme nous. photo : Ian Taylor/Flickr.

Il existe deux hypothèses concernant l’origine de ces différences. Soit l’organisme des tibétains a muté naturellement au cours des derniers millénaires pour acquérir ces capacités spéciales -mais dans ce cas, personne ne sait expliquer pourquoi seuls les Tibétains présentent ces caractéristiques, alors que les habitants d’autres contrées de haute altitude, comme les Andes, possèdent le même génome que le reste de la population mondiale. L’autre hypothèse concerne une lignée humaine ayant coexisté avec l’homo sapiens et l’homo neanderthalensis : l’hominidé de Denisova, qui aurait transmis, par le biais de la reproduction, certains de ses gènes – dont celui relatif à la vie en altitude, donc- à notre espèce. Bon, l’anecdote est sympa, mais on n’est pas tellement plus avancé.

Vous avez peut-être déjà entendu parler de cette étude publiée par Henry Cosad Harpending (qui est décédé au début du mois) et John D.Hawks, selon laquelle l’espèce humaine a subit cent fois plus de mutations génétiques au cours des dix mille dernières années que depuis sa séparation génétique avec les grands singes. Agriculture, sédentarisation, développement progressif de la médecine, apparition de technologies facilitant les tâches quotidiennes… Ces modifications du mode de vie de l’espèce humaine, brutales à l’échelle de l’évolution, ont bouleversé nos gènes, contribuant par exemple à rendre l’homo sapiens plus résistant à des maladies comme la malaria, ou à continuer à pouvoir digérer le lait à l’âge adulte. Encore plus intéressant, le CCR5, un gène présent chez 10% de la population mondiale, permettrait à l’organisme de lutter naturellement contre le virus du sida.

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La révolution industrielle, la mondialisation, l’avènement de l’homme connecté… plus le temps passe, plus le mode de vie de l’homme évolue rapidement. En conséquence, les mutations génétiques sont de plus en plus nombreuses, et une récente étude canadienne a démontré que la plupart des enfants venaient au monde avec une centaine de mutations génétiques par rapport au génome de leurs parents. Cependant, la plupart de ces mutations n’apportant pas d’avantage décisif quant à la survie, elles n’ont aucune raison d’être sélectionnées par le processus évolutif, et par conséquent, d’être transmises à nos descendants. C’est très déprimant, mais la sélection naturelle ayant abouti à nous offrir une imagination débordante, voici quelques hypothèses concernant l’avenir de notre espèce.

L’évolution inverse

On a tendance à penser que l’évolution va toujours dans un sens : celui de l’amélioration des capacités de l’espèce, et de l’adaptation à son environnement. Pourtant, certains cas isolés tendent à prouver que les mutations génétiques peuvent prendre un malin plaisir à nous faire revenir quelques millénaires en arrière. Le cas du syndrome Uner Tan est particulièrement frappant. Découvert au siècle dernier, et mis en lumière par un neurobiologiste turc (Uner Tan, donc), cette dégénérescence du cervelet provoque chez les personnes atteintes la quadripédie – concrètement, elles marchent à quatre pattes, même adultes -, un langage primitif fait d’onomatopées, et un retard mental important.

Ces caractéristiques ne présentent aucun avantage en termes de survie, hormis peut-être le fait de ne pas comprendre le monde désenchanté et déprimant qui nous entoure, leur évitant ainsi le suicide qui nous pend tous au nez. Mais si la grande histoire de l’évolution, lasse de son fonctionnement très sérieux, décidait de déconner un peu en nous retirant tous les avantages acquis au cours des derniers millénaires, l’humanité pourrait se retrouver à quatre pattes. Techniquement, ce serait plutôt difficile à gérer au début, car il faudrait repenser toute la société : rabaisser les portiques dans le métro, fabriquer des chaussures pour mains, et arrêter de laisser vos putains de clébards chier sur les trottoirs.

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Nouvelle espèce

Le plus grand frein à l’évolution est la mondialisation. Pour qu’une espèce évolue vraiment, le principe d’isolement géographique est essentiel. Il suffit de jeter un œil à la faune d’îles comme Madagascar ou l’Australie : de nombreuses espèces exclusives à ces zones, ayant évolué au cours du temps d’une manière très précise, pour s’adapter à un environnement en particulier. Or, l’homme du XXIème siècle vit dans le brassage permanent. Selon l’anthropologue Steve Jones, les humains sont ainsi 10 000 fois plus semblables les uns aux autres qu’ils ne devraient l’être. Toute mutation génétique intéressante est donc vouée à être diluée dans les six milliards d’êtres de notre espèce cohabitant sur notre planète.

En revanche, si un groupe d’hominidés parvient à rester complètement déconnecté du reste de l’humanité pendant suffisamment de temps, il est possible que son évolution se poursuive en parallèle de la nôtre. Alors que nous, pauvres mondialisés, stagnerions dans notre évolution diluée, cette communauté s’adapterait génétiquement sans cesse aux contraintes de son environnement. Au bout d’un temps suffisamment long (des dizaines de milliers d’années), ce groupe aurait connu des mutations tellement profondément différentes de celles du reste de la planète que l’on pourrait se retrouver face à une nouvelle espèce humaine. Et à la manière de sapiens décimant -volontairement ou non- neandertalis, cette nouvelle espèce pourrait causer notre fin (ce n’est pas triste).

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Des anges en Air Max

Si vous avez déjà été un enfant – a priori, oui -, vous avez vu, dans les dessins animés devant lesquels vous collaient vos parents pendant qu’ils se hurlaient dessus en s’accusant de tous les maux du monde, toutes sortes d’animaux ailés : des chevaux, évidemment, des poissons, des sangliers ou bien des chats. Eh bien, les chats ailés existent vraiment. Il s’agit d’une anomalie génétique, et malheureusement ces ailes ne sont pas fonctionnelles, ce qui participe au désenchantement du monde et au sentiment constant de déception cruelle à chaque fois qu’un truc cool apparait.

Il n’y a aucune raison d’imaginer que cette mutation improbable apparaisse un jour sur un homme, mais rappelez-vous qu’à la base, il n’y avait aucune raison non plus pour qu’elle apparaisse sur un chat. Tout espoir n’est donc pas perdu, et peut-être qu’un jour, de drôles de silhouettes angéliques se promèneront dans le métro. Techniquement, les ailes ne sont pas super pratiques : si elles sont trop larges, on ne rentre pas dans l’ascenseur ; on ne peut pas dormir sur le dos : il faut prévoir deux trous à l’arrière de tous ses t-shirts… bref, que des emmerdes. Le seul truc cool, c’est que le premier mec à voir des ailes pousser dans son dos pourrait croire qu’elles sont fonctionnelles, sauter du haut du plus haut building parisien, et s’écraser comme une merde en bas. Ça vaut le coup d’espérer.

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Supergirl

J’ai longtemps cru que l’histoire d’Olivia Farnsworth était un hoax. Pourtant, force est de constater que cette petite fille qui ne ressent ni la douleur, ni la faim, ni la fatigue est bel et bien réelle. La cause : une anomalie chromosomique, qu’elle pourrait transmettre à sa descendance, et qui pourrait finir par être conservée par la sélection naturelle dans l’hypothèse où ces caractéristiques lui apporteraient un avantage décisif pour la survie. Dans la société actuelle, où les enfants font du patin à roulettes avec des genouillères, et où les airbags ne nous laissent même plus l’occasion de tutoyer la mort lors d’un accident de voiture, pas certain que ne pas connaitre la douleur soit une manière de mieux survivre que les autres.

Il faudrait un scénario complètement apocalyptique pour que les descendants d’Olivia supplantent les humains classiques, et deviennent l’avenir de l’humanité. Epidémies, famines, guerres… Ou alors, beaucoup plus simple, il faudrait que la Terre s’arrête de tourner, afin que les habitants de la face éclairée de la planète ne puissent plus jamais trouver le soleil. Souvenez-vous d’Insomnia : Pacino pète les plombs à cause de cette foutue lumière qui ne s’éteint jamais. Quelques semaines suffiraient à voir les hommes péter un plomb, la société brûler, et tout le monde crever de crises cardiaques à cause du manque de sommeil.

Génération quatre pieds gauche

Selon certains scientifiques un brin alarmistes, le virus Zika pourrait être responsable d’une régression évolutive complète de l’humanité. En effet, il est probable que le virus soit capable d’interagir avec le génome humain, pour s’y insérer, et ainsi se propager sans avoir besoin d’un vecteur comme le moustique. En gros, Zika pourrait se transmettre de génération en génération, à l’image du virus du Sida. Non seulement ça fait flipper, mais d’autre part, les effets de Zika sont moyennement fun : sa principale conséquence est la microcéphalie – en gros, les bébés naissent avec de tous petits cerveaux.

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Avec un peu de bonne volonté, un scientifique suffisamment imaginatif pourrait modifier Zika afin que les caractères transmis par le virus permettent d’améliorer l’humanité : plutôt que de créer une génération d’humains au cortex minuscule, on pourrait créer une génération d’enfants à l’intelligence supérieure, mais aussi de filles au fessier hyper-développé à l’âge adulte. Encore mieux, un scientifique carrément déconneur pourrait mettre au point une génération entière d’humains avec des pieds à la place des mains. Et pour les faire chier, on ne leur donnerait que des pieds gauches. On allouerait une île déserte à ce groupe de mutants, avec des caméras de télé-réalité un peu partout, et on les observerait galérer à ouvrir des noix de coco, faire des châteaux de sable, ou même se torcher le cul. Comme quoi, améliorer le destin de l’humanité, c’est pas bien compliqué.

Twilight

L’existence des vampires n’a jamais trouvé de résonance scientifique crédible -une raison de plus de penser aux ténèbres et à la mort. Pourtant, il y a de fortes raisons de penser que certaines des caractéristiques attribuées aux vampires trouvent leur origine dans des mutations génétiques bien réelles. Par exemple, la protoporhyrie érythropoïétique d’origine génétique, provoque une véritable allergie à la lumière, avec des effets son et lumière dignes des meilleurs épisodes de Buffy. Même chose pour la consommation de sang humain : le syndrome de Renfield l’explique parfaitement. Bref, tous les symptômes du vampirisme sont explicables scientifiquement d’une manière ou d’une autre. Avec beaucoup de malchance et quelques mutations génétiques soigneusement sélectionnées, un homme pourrait cumuler tous ces maux et devenir l’équivalent 2.0 de Dracula.

Le genre de mec qu’on aimerait pas croiser dans une ruelle sombre à la Japan Expo.

L’inconvénient, à l’heure de l’homo sapiens hyperconnecté, c’est que ce Dracula serait très chiant. Repas à base de jeunes vierges postés sur Instagram pour gratter un maximum de likes, snaps mal éclairés à cause de son allergie à la lumière … Le pire, c’est que ce mec serait tellement hype, à l’heure de Twilight et d’American Horror Story. Il finirait dans les clips de Lady Gaga, on tournerait des télé-réalités sur lui, et Young Thug lui prêterait ses plus belles jupes. Et puis Draculito finirait par se reproduire, transmettre son patrimoine génétique de suceur (de sang) et devenir le père de toute une nouvelle espèce de suceurs (de sang, après j’arrête avec cette vanne). Non, vraiment, si l’espèce humaine évolue pour devenir homo vampirus et qu’elle n’a pas le style incroyable de James Marsters, ça ne vaut pas le coup.

Waterworld

Le réchauffement climatique a des effets dramatiques et continuera d’en avoir tant que l’homme continuera à se croire chez sa mère. Parmi ces effets indésirables, l’inexorable montée des eaux, qui finira par engloutir Amsterdam, le Bangladesh et le Mont Saint-Michel. Si l’être humain survit assez longtemps, on peut imaginer le voir s’entasser par millions sur les quelques lopins de terre qui resteront émergés. Le reste de l’humanité devra s’adapter à la vie marine, et finira par développer des capacités d’apnée et de nage à faire pâlir Michael Phelps. Le cas de Michael Phelps est intéressant, parce que son corps est tellement adapté à la natation (envergure plus grande que sa hauteur, grands bras et petites jambes, mais et pieds immenses et très flexibles) qu’il est soumis chaque année à des tests pour vérifier qu’il n’est pas porteur du syndrome de Marfan, une mutation génétique qui a justement pour symptômes une hypercroissance des os entrainant des membres disproportionnés, l’hyperlaxité ligamentaire, en plus de pas mal d’autres désagréments plus pénibles.

Si l’être humain devait adopter une vie majoritairement aquatique, les gènes responsables de certaines de ces caractéristiques auraient donc de grandes chances d’être sélectionnés par la sélection naturelle si chère à Darwin. Il serait également probable qu’à terme, notre pilosité s’amenuise et que notre capacité à rester en apnée augmente, mais rien n’indique que l’on finisse avec une queue de thon comme Ariel la petite sirène. Reste à savoir si Kevin Costner aurait eu une meilleure carrière si on avait confié la réalisation de Waterworld à George Miller, qui en aurait fait un Mad Max détrempé. Putain, ça aurait eu de la gueule.

Pour plus de Vice, c’est par ici.