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Un grimpeur américain escalade en solo une falaise de 900m

Le grimpeur Alex Honnold est devenu le premier homme à escalader en solo et sans corde la légendaire falaise d'El Capitan, dans le Yosemite.
05 juin 2017, 9:24am

C'est un bloc de granit lisse comme la paume de la main et long de plus de 900 mètres, perdu dans l'immensité du parc du Yosemite, en Californie. Baptisée El Capitan, cette falaise légendaire par sa difficulté fait fantasmer tous les grimpeurs et les fans de base-jump du monde entier. Elle est aussi l'une des plus flippantes à gravir, au vu de la longueur de l'ascension.

Alex Honnold, grimpeur américain de 31 ans, qu'on avait déjà suivi dans ses aventures en Angola dans ce documentaire vidéo, s'est pourtant frotté au monstre dimanche 4 juin. Et avec la manière, puisqu'il a escaladé la paroi en solo et sans la moindre corde pour l'assurer via la voie Freerider, classée 7c+ pour les connaisseurs. Un exploit retentissant, qui fait de lui le premier homme à réaliser pareille performance.

L'ascension a duré quatre heures. Quatre heures de stress, d'une vigilance de tous les instants et d'efforts démesurés pour Alex Honnold, habitué aux grimpes les plus extrêmes. « Ce qu'il a réalisé, c'est comme s'il avait marché sur la Lune »,a expliqué au National Geographic son ami Tommy Caldwell, qui l'a suivi et photographié ce jour-là.

Alex Honnold avait déjà discrètement tenté le coup en Novembre dernier, avant d'annuler sa tentative en raison de conditions défavorables. Il explique, toujours au National Geographic, que cette performance a avant tout nécessité un gros travail mental. De visualisation du parcours d'abord, pour connaître la moindre des aspérités et chaque geste que l'ascension requiert, mais aussi un travail « d'extension de sa zone de confort » : « Il y a tellement de passages où je me suis mis à penser "ouaouh, redescends". Mais grâce au travail fourni depuis des années, j'ai appris à repousser ma zone de confort très loin. Elle est devenue assez grande pour qu'aujourd'hui, cette tentative qui me semblait complètement folle et insensée par le passé m'apparaisse comme possible aujourd'hui. »

Dans cet autre film, on comprend bien à quel point la grimpe est évidemment affaire de technique et de physique, mais aussi et surtout de conscience du danger et de rapport à ses peurs. A ce petit jeu-là, Alex Honnold n'est pas loin d'être le meilleur.