Après Calais : Rencontre avec un migrant qui a atteint l’Angleterre

VICE News part à la recherche des migrants rencontrés à Calais, et qui ont finalement réussi à atteindre l’Angleterre.

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févr. 22 2016, 11:00am

Photo par Sally Hayden/VICE News

VICE News regroupe ses articles sur la crise migratoire mondiale sur son blog « Migrants »


VICE News part à la recherche des migrants rencontrés à Calais,

et qui ont finalement réussi à atteindre l'Angleterre.

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Il aura fallu des semaines de tentatives à Birhan pour passer en Angleterre. « Comme auparavant, on a essayé d'entrer dans la gare et de rester sous le train », m'explique-t-il. « C'est tellement dangereux, mais on n'avait pas le choix. On est restés 10 à 15 minutes sous le train. » Lorsque le train a commencé à bouger, explique Birhan, lui et ses amis ont sauté à bord. « On savait à ce moment-là qu'on ne se ferait pas prendre. »

Une fois arrivés à Douvres, une ville côtière au sud est de l'Angleterre, Birhan et ses compagnons de route se rendent à la police. « Ils nous ont reçus et nous ont demandé comment on est arrivés », dit-il.

« On leur a demandé de s'occuper de nous, de nous sauver la vie. Ils ont demandé si on voulait une aide à l'asile, on a dit oui. Ils nous ont interrogés et nous ont donné des cartes d'identité et nous ont amenés à Londres. On est restés cinq jours, ou sept jours. » C'est alors que Birhan a commencé sa tournée de l'Angleterre. Il est d'abord allé à Wakefield, dans l'ouest du Yorkshire, ou il a passé un peu moins de trois semaines. Il a ensuite été envoyé à Middlesbrough.

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La première fois que j'ai rencontré Birhan, c'était à Calais, juste à la tombée de la nuit. Pendant notre conversation, il n'a cessé de regarder à droite et à gauche. Son sweat marron sentait le gaz lacrymogène. Il venait de manger son premier et unique repas de la journée.

« Vivre ou mourir, c'est la même chose pour nous », m'avait-il dit, pour me faire comprendre à quel point il était déterminé à rejoindre l'Angleterre, quitte à mourir en cours de route.

Quelques jours après mon retour à Londres, Birhan m'a envoyé un texto pour me dire qu'il avait réussi la traversée du tunnel sous la Manche. Aujourd'hui, deux mois plus tard, je m'apprête à prendre le train pour Middlesbrough, la ville du nord de l'Angleterre où il vit actuellement. J'arrive sous la pluie. J'ai l'impression que la gare ici est constamment trempée

Lorsque Birhan arrive, nous prenons un taxi pour nous rendre chez lui. À Calais, nous ne pouvions pas être ensemble dans la même voiture, car quiconque véhicule un migrant peut être accusé de trafic d'êtres humains.

Notre chauffeur écossais nous demande comment nous nous connaissons. Je réponds : « On s'est rencontrés en France ».

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La maison de Birhan se trouve au milieu d'une rangée de maisons identiques, même si la porte d'entrée rouge trahit la présence de demandeurs d'asile.

À l'intérieur, il m'offre une tasse de thé et de la pizza. On se croirait dans une maison d'étudiants : il y a très peu d'objets et un poste de télévision cassé trône dans le salon. Six demandeurs d'asile vivent ici — tous des Érythréens. Lorsque nous passons à table, Birhan arrache des petits bouts de la croûte de sa pizza. Il m'offre du sucre pour le thé qu'il conserve dans un pot de mayonnaise.

Les voisins de Birhan sont des Irakiens qui vivent là depuis 2003. Middlesbrough, au nord-est de l'Angleterre, est l'une des seules villes du Royaume-Uni qui va au-delà pas les recommandations du gouvernement, qui prévoit un demandeur d'asile pour 200 habitants. Ici, c'est plutôt un demandeur d'asile pour 173 personnes. D'après des statistiques publiées en juin 2015 — c'est-à-dire, avant l'explosion des arrivées — Middlesbrough comptait alors 746 demandeurs d'asile pour une population de 140 000 habitants.

La garde Middlesbrough, au nord de l'Angleterre. (Photo de Sally Hayden/VICE News)

En 2015, l'Union Européenne a reçu le plus grand nombre de demandes d'asile depuis l'effondrement de l'ex-Yougoslavie il y a un peu plus de 20 ans, et a connu la plus grande crise migratoire depuis la Seconde Guerre Mondiale. De janvier à septembre 2015, 698 055 migrants ont fait une demande d'asile en Europe, dont 21 340 venus d'Érythrée.

À lire : « Je préférerais mourir ici » : rencontre avec les migrants menacés d'expulsion de la Jungle de Calais.

La majorité des demandeurs d'asile au Royaume-Uni viennent d'Érythrée. Selon le gouvernement, 3,726 Érythréens ont déposé une demande d'asile dans l'année finissant en septembre 2015.

Mais que fuient-ils au juste? En juin, un rapport publié par les Nations Unies a ouvertement critiqué la dictature dans ce pays de la Corne d'Afrique, qui est parfois surnommé « la Corée du Nord de l'Afrique ».

Selon le rapport, « Le gouvernement de l'Érythrée est responsable de violations flagrantes, systématiques et généralisées des droits humains qui ont créé un climat de peur où toute dissidence est étouffée, une grande partie de la population est soumise au travail forcé. » Certaines de ces violations pourraient constituer « des crimes contre l'humanité », poursuit l'ONU.

« Ce n'est pas la loi qui régit les Érythréens - mais la peur » conclut le rapport.

De nombreux jeunes Érythréens sont enrôlés de force dans l'armée pour une durée indéterminée — une pratique que le pays justifie en soulignant ses relations tendues avec l'Éthiopie.

Ceux qui sont considérés comme une menace par le régime sont emprisonnés de manière arbitraire. Les autorités érythréennes prétendent elles-mêmes que la torture est utilisée dans certaines prisons, même si cette pratique n'est pas "systématique."

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Lorsque Birhan est arrivé au Royaume-Uni, il a immédiatement appelé sa famille. Leur soulagement a été énorme — nombreux sont ceux qui ne survivent pas au voyage. »"Et ils savent que si j'arrive ici je serai à l'abri de tout, qu'aucun danger ne me menacera en Angleterre parce que c'est un pays en paix. »

Birhan a changé de carte SIM après avoir quitté Calais, laissant derrière lui les numéros des autres migrants et réfugiés rencontrés au cours du voyage — une manière de tout reprendre à zéro.

Mais au bout de trois semaines dans sa nouvelle ville, il se baladait dans le centre-ville lorsqu'il est tombé nez à nez avec un compatriote érythréen rencontré à Calais. Les deux hommes se sont salués avec un bonheur non dissimulé.

« Tout va bien », nous dit-il — ajoutant qu'il a toujours peur. Sans papiers, il y a très peu à faire. « Tu manges, tu dors, la vie n'a pas de sens ».

Aujourd'hui, Birhan prépare l'entretien pour sa demande d'asile. Il a parlé 15 minutes à un avocat, qui l'a rassuré sur l'entretien. Il y aura deux questions principales, lui a-t-il expliqué: « Qu'est ce qui vous a poussé à quitter le pays ? Que vous arrivera-t-il si vous rentrez [au pays] ? »

En attendant, il reçoit 35 livres (45 euros) par semaine, ce qui lui permet d'acheter de la nourriture dans une épicerie bon marché du coin, et de mettre un petit peu d'argent de côté.

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Lorsque j'avais rencontré Birhan à Calais, il décrivait l'Érythrée comme un pays « sombre ».

« La plupart [des pays] de l'Union Européenne disent qu'il n'y a pas de problème en Érythrée. Mais ils ne savent pas », explique-t-il.

En Érythrée, poursuit Birhan, « la peur est avec vous dès l'enfance » . Pour Birhan, la peur est arrivée avec la perte de ses proches lorsqu'il avait trois ans. C'était en 1992. Un jour, son grand frère de 23 ans et son oncle ont disparu, sans un mot.

Des années plus tard, à l'âge de 19 ans, lors d'une réunion organisée par les autorités, Birhan a demandé: « Où est mon frère? Je veux savoir où il est. S'il a commis un crime, aussi, je veux savoir ce qui lui est arrivé, je veux savoir où il est. »

« Ils n'ont rien dit et sont venus dans la nuit », raconte-t-il. « Ils m'ont bandé les yeux et m'ont jeté en prison pendant neuf mois. Je ne sais même pas dans quelle prison j'étais. Neuf mois et ils ne t'autorisent jamais à aller aux toilettes, ils te donnent une bouteille [pour uriner]... Tu es battu tous les jours. »

« Ce qui se passe actuellement en Érythrée ne se passe même pas en Syrie, parce que ce qui se passe en Syrie, tout le monde le sait et ils vont enfin [trouver] une solution », poursuit Birhan, la voix tremblante. « L'Érythrée n'est pas un pays. C'est comme un groupe d'individus qui dirigent sans lois, sans [se soucier] des droits des gens. »

Birhan — qui a souhaité qu'on n'utilise pas son vrai nom — ne correspond pas aux critères qui définissent habituellement un « migrant économique ». Il m'informe non sans fierté que son père possède 150 orangers. Il a rarement eu faim lorsqu'il vivait chez lui. S'il est parti, c'est pour échapper à la répression du gouvernement.

« Personne ne veut mourir. Personne ne veut jeter [sa] vie à la mer. Personne n'a besoin de ça, mais pour nous, la vie et la mort deviennent identiques », dit-il.

Birhan accuse le président érythréen Isaias Afwerki — qui est à la tête du pays depuis son indépendance en 1993 — d'inciter à la haine entre les citoyens, d'encourager la méfiance et de s'espionner les uns les autres. « [Avant, les Érythréens] vivaient ensemble, mangeaient ensemble, priaient ensemble. Aujourd'hui... ils se battent entre eux. »

« Que va-t-il advenir de la nouvelle génération ? » poursuit-il. « Quel avenir y a-t-il pour notre pays ? Nous devons réfléchir à une vie meilleure pour eux. »

Birhan parle aussi avec tendresse de la culture érythréenne, de la langue Tigre, de la musique... Il me montre des photos de son mariage traditionnel. Il m'explique qu'en Érythrée, la polygamie est souvent acceptée. Pour lui, ce n'est pas une mauvaise chose puisque la pratique aide à réduire le déséquilibre entre les hommes et les femmes — conséquence de la guerre d'indépendance. Je lui dis que la polygamie n'est pas légale au Royaume-Uni mais que le mariage homosexuel l'est. Birhan semble tout d'abord ne pas comprendre, puis rit. « Tu vois, il y a tellement de liberté, ici, » dit-il.

En attendant, l'Érythrée — un pays de moins de 6 millions d'habitants — semble être en train de se vider. La population mondiale de réfugiés érythréens compte des centaines de milliers de réfugiés. Des centaines de plus traversent chaque jour la frontière avec l'Éthiopie.

Girmay Abraha, qui est responsable des programmes d'appui psychologique au sein de l'organisation Center for Victims of Torture (Centre des Victimes de la Torture — CVT), nous explique qu'il mène un combat impossible. Même si de nombreux nouveaux venus souffrent de traumatismes liés à la torture, il est presque impossible de les convaincre de rester dans les camps pour un suivi psychologique de 10 semaines. Souvent, ils repartent aussitôt arrivés, généralement pour rejoindre l'Europe.

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Après avoir quitté l'Érythrée, Birhan a fait des milliers de kilomètres de marche. Il lui a fallu 16 jours pour traverser le Sahara avec des trafiquants et un groupe de 70 personnes. « Si quelqu'un demande de l'eau, ils te montrent le fusil », m'explique-t-il.

« Si vous dites quoi que ce soit, ils vous abattent, ils s'en fichent de vous. » Une des femmes qui voyageait au sein du groupe s'est blessée au cou. « Ils nous ont dit de la laisser là. Nous l'avons laissée dans le désert... Elle ne pouvait pas bouger alors ils ont dit au conducteur de la laisser là. [Ils ont dit] 'Si elle meurt, elle meurt, de toute façon.' Alors on l'a laissée là. »

D'autres Érythréens nous ont fait des récits similaires. Beaucoup estiment qu'autant de femmes que d'hommes tentent le voyage, mais que le nombre de femmes diminue au fur et à mesure de la route, à cause des kidnappings et des décès.

Un homme érythréen nous a dit qu'une fois son groupe arrivé en Italie, il ne restait plus que 25 pour cent de femmes — et plus que 10 pour cent à Calais.

Une fois arrivés en Libye, où les migrants risquent la prison ou la torture aux mains des trafiquants et des milices, il reste encore la dangereuse traversée de la mer.

Pour Birhan, la traversée de la Méditerranée aura duré trois jours. "C'était un petit bateau... dans l'eau nous étions remués comme une toute petite chose. Alors je me disais qu'aujourd'hui, c'est le dernier jour de ma vie."

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Birhan a choisi l'Angleterre parce que sa femme y vit déjà. Ils se sont rencontrés à la fac et cela fait six ans qu'ils sont mariés. Après leur mariage, elle s'est rendue en Arabie Saoudite pour travailler comme domestique mais elle a été maltraitée par ses patrons. Elle a finalement réussi à s'échapper et à rejoindre le Royaume-Uni, où elle vit depuis un an.

La dernière fois qu'ils se sont vus, c'est lorsqu'il venait d'arriver. Ils ont passé deux heures ensemble à Londres ,en compagnie d'un membre de la famille de sa femme. La femme de Birhan — qui a préféré que nous n'utilisions pas son nom — vit aujourd'hui à Birmingham, la deuxième plus grande ville d'Angleterre. Elle partage un appartement avec deux autres personnes, suit des cours d'anglais et en attendant de trouver un travail. Elle reçoit chaque semaine 39 livres (50 euros) du gouvernement. Birhan a peur de révéler au British Home Office qu'il est marié, de peur qu'on lui retire sa maigre allocation. Une fois qu'il recevra ses papiers, m'explique-t-il, lui et sa femme décideront ensemble dans quelle ville s'installer.

Birhan, un demandeur d'asile érythréen, à Middlesbrough, une ville du nord-est de l'Angleterre. (Photo par Sally Hayden/VICE News)

À plusieurs reprises, Birhan utilise les mots « notre ville » pour parler de Middlesbrough, même s'il dit comprendre les citoyens britanniques qui se sentent menacés par le flux de migrants et de demandeurs d'asile. « Beaucoup de gens n'ont pas de travail, ils cherchent, » explique-t-il. « Je le vois avec mes yeux, beaucoup de gens sont au chômage en Angleterre... C'est peut-être difficile pour eux aussi... »

« Ici ils ont la charité, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux leur demander, ils te le donneront. Les [Anglais] aident les immigrés. »

Pour lui, Middlesbrough et Calais, c'est la nuit et le jour. « À Calais, tu peux manger une [seule] fois par jour et encore », dit-il.

Birhan avance que les autorités britanniques lui ont dit qu'il devait attendre six mois avant de pouvoir prendre des cours d'anglais. Il a essayé de rejoindre un cours, mais s'est fait refouler à cause de son niveau d'anglais — apparemment trop bon. Aujourd'hui, il dit parler de moins en moins bien.

L'attente paraît sans fin, mais pour la première fois de sa vie, dit-il, lui et ses compagnons de route commencent à réfléchir à l'avenir. « Avant, les gens ne pensaient qu'à eux-mêmes : Que va-t-il m'arriver ? Est-ce que je vais mourir demain ou aujourd'hui ? Aujourd'hui, je sais qui si on nous en donne l'opportunité, nous allons étudier et créer des choses pour nous et pour le monde entier."

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Deux des colocataires érythréens de Birhan ont vu leurs demandes d'asile rejetées. Les autorités ont décidé que, tans qu'ils ont un revenu, ils peuvent vivre une vie décente en Érythrée. Ils devront maintenant attendre plusieurs mois avant de passer au tribunal pour une deuxième audience. Pour certains, le cycle d'appel, de refus et parfois de passages dans des centres de détention peut durer des années.

Cette réalité reflète une nouvelle tendance : beaucoup d'Érythréens risquent aujourd'hui l'expulsion. En effet, le British Home Office a récemment changé ses directives sur l'Érythrée, se basant sur un rapport danois discrédité par de nombreuses associations militantes, qui prétend que l'Érythrée est un pays sûr en général. Le nombre de demandes d'asile acceptées est d'ailleurs passé de 73 pour cent à 43 pour cent durant les six premiers mois de l'année 2015.

Interrogé par VICE News, un porte-parole du Home Office a refusé d'écarter la possibilité qu'un demandeur d'asile soit déporté directement vers l'Érythrée. « Toutes les demandes d'asiles sont considérées sur la base de leur mérite individuel. Là où les gens estiment qu'il y a un réel besoin de protection, ou une crainte fondée que [la personne] sera persécutée, l'asile sera accordé. Si quelqu'un ne répond pas à nos critères de protection, nous nous attendons à ce que cette personne quitte volontairement le pays. Si elle ne le fait pas, nous chercherons à la faire partir. »

En route pour la gare de Middlesbrough, nos capuches sur la tête pour nous protéger contre le froid, nous passons à côté d'une camionnette blanche. « C'est la même voiture que celle utilisée par la police à Calais », remarque Birhan.

Il salue de la tête un couple de l'autre côté de la route. « Ce sont des Nigérians. Tous les noirs de Middlesbrough, les Africains, se disent bonjour. C'est notre culture. Même si ceux qui sont d'ici ne se disent pas bonjour, nous nous disons toujours bonjour. »

Un Anglais avec un lourd accent s'approche de nous et d'une voix pâteuse, nous demande de l'argent.

Birhan m'explique qu'il a vu beaucoup de mendiants dans la ville. Ce sont des toxicomanes, lui a-t-on dit.

Birhan se met à parler rapidement. Il m'explique qu'il a perdu du poids. Qu'il ne dort pas la nuit — « peut-être à cause de l'anxiété". Il a demandé de l'aide à l'hôpital du coin, mais ils ne lui ont pas proposé de diagnostic, ni de médicaments.

En partant, je lui demande ce qu'il compte faire de sa soirée. Il me dit qu'il va écouter de la musique Tigre et regarder des vidéos YouTube sur la lutte pour l'indépendance de l'Érythrée.

Je lui ai demandé s'il fait parfois des cauchemars à cause des expériences qu'il a vécues lors de son voyage vers l'Europe.

« Je ne dors pas assez longtemps pour pouvoir rêver », me dit-il

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Birhan a continué de nous tenir informés du progrès de sa demande d'asile. Plusieurs semaines après notre rendez-vous à Middlesbrough, il m'a dit qu'il avait enfin eu son entretien. L'entretien aura duré 3 heures et Birhan a dû répondre à 135 questions. Ces interlocuteurs étaient « très gentils » avec lui, dit-il, et lui ont même donné à boire et à manger. Il m'a dit qu'il se sentait confiant même s'il était terriblement nerveux.

Une semaine plus tard, il m'a envoyé un autre texto. « Ils ont rejeté ma demande », a-t-il dit.


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