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Crime

Un agent rendu célèbre par le scandale des « policiers infiltrés » enseigne aujourd’hui les bonnes pratiques policières

John Dines is just the latest to be traced in a long-running campaign to out more than 100 undercover police who spied on UK activist groups over a period of more than four decades from 1968.

par Sally Hayden
10 Mars 2016, 1:45pm

Photo par Andy Rain/EPA

Plus de 20 ans après avoir quitté l'Angleterre, John Dines — l'un des agents rendus célèbres par le scandale des policiers infiltrés — a été retrouvé en Australie, où il mène aujourd'hui des formations universitaires pour les officiers de police.

Dines fait partie de la centaine de policiers qui, à partir de 1968, ont infiltré des groupes militants en Grande-Bretagne sur quatre décennies.

John Dines travaille aujourd'hui à l'Université Charles Sturt, à Sydney, où il participe à l'enseignement des bonnes pratiques, il sensibilise aux questions de genre, et enseigne le respect des droits de l'homme.

Parmi les cibles de ces policiers infiltrés se trouvent des députés socialistes, des militants antiracisme, des militants pour la justice sociale, des syndicalistes et la famille de Stephen Lawrence, un adolescent noir assassiné en 1993. À ce jour, au moins 57 condamnations ont été annulées à cause d'erreurs judiciaires dues à ces infiltrations.

Pour assurer leur couverture, ces policiers infiltrés avaient pour habitude d'utiliser l'identité d'enfants morts. Ils se mettaient parfois en couple avec des militantes pour donner de la crédibilité à leur histoire. Deux de ces policiers ont même eu des enfants avec des militantes. La plupart d'entre eux étaient mariés et menaient une double vie.

S'adressant mercredi au parlement de New South Wales (NSW), le député australien David Shoebridge (parti australien des Verts) a dit: "Il est extrêmement choquant que John Dines puisse participer à l'enseignement de ces questions aux policiers de cet état."

"Il s'agit d'un homme qui, d'un point de vue professionnel, a systématiquement violé les droits humains lorsqu'il était officier de police au Royaume-Uni, et qui a fait preuve d'un terrible manque de sensibilité au [questions de ] genre. Il ne devrait en aucun cas participer à la formation des policiers à NSW ou dans tout autre pays qui prétend respecter les droits de l'homme."

"Nous devons faire en sorte que ces tactiques d'infiltration policière abusives et politiques ne soient répétées ni ici, ni à l'étranger. Cela doit commencer par une enquête pour savoir si la police de NSW a été formée par des officiers de ces unités [de police] du Royaume-Uni."

Samedi, l'ancienne petite amie de Dines, Helen Steel, a pris un avion pour l'Australie pour faire face son ancien compagnon. Elle l'a retrouvé dans un aéroport d'Australie où il accueillait un groupe d'officiers indiens en visite en Australie pour une formation.

Une vidéo publiée par le Guardian montre le moment où Helen Steel se retrouve face à face avec John Dines.

Steel et Dines — ou John Barker, comme il se faisait appeler en 1987 — ont d'abord été amis, avant de se mettre en couple en 1990. Six mois après leur premier rendez-vous, ils ont emménagé ensemble.

Pendant sa mission — cinq ans pendant lesquels Dines s'est fait passer pour un militant anticapitaliste — l'ancien policier a passé deux ans en couple avec Steel.

Lorsqu'il a disparu subitement — prétextant une dépression nerveuse — Steel a découvert le vrai nom de Dines. Elle a également pu trouver l'acte de mariage de son ancien petit ami, qui avait rempli "officier de police" dans la case profession.

Il lui aura fallu attendre encore 19 ans pour recevoir la confirmation officielle que Dines était un policier sous couverture, envoyé pour l'espionner et pour espionner ses collègues.

John Dines while undercover as activist John Barker. (Photo via Helen Steel)

Dans un entretien avec VICE News en novembre, Steel a dit: "On ne peut pas récupérer les années perdues de nos vies, ni notre capacité à avoir confiance en notre propre jugement, ainsi que toutes les autres conséquences psychologiques que nous avons subies."

Steel se bat pour que ce genre de pratiques ne soient plus jamais utilisées par la police. "Aucune autre femme ne devrait avoir à subir cela."

Après la rencontre avec Steel, Dines a envoyé un email au Guardian: "Vous savez déjà que j'ai rencontré Helen Steel le 6 Mars, et que je lui ai présenté mes excuses personnelles les plus sincères pour toute la souffrance qu'elle a pu endurer. Je ne ferai aucun autre commentaire."

Tracey Green, doyenne générale de la faculté des arts à l'Université Charles Sturt, a dit au Guardian que le poste de Dines au sein de l'établissement était "purement administratif," et qu'il ne participait pas à la formation des policiers.

Dines n'est pas le premier ancien officier infiltré à accepter un poste au sein d'une université.

Bob Lambert — l'ancien chef de l'unité Special Demonstration Squad qui a eu un enfant avec une militante lorsqu'il était infiltré — a enseigné à la London Metropolitan University et à l'Université St. Andrew's. Il a été forcé de démissionner en décembre à la suite de protestations.

À lire : Le compagnon de Jacqui était un policier infiltré chargé de l'espionner. Il lui a fait un bébé.

L'été dernier, les autorités ont lancé une enquête sur le comportement des policiers infiltrés en Angleterre et au Pays de Galles.

En novembre, la Police Métropolitaine a publié des excuses publiques. Dans ses excuses, elle a admis que des officiers de police avaient eu des relations "abusives, mensongères, manipulatrices et inacceptables" avec ces femmes.

Le Commissaire Adjoint Martin Hewitt a dit: "Je reconnais que ces relations constituent une violation des droits humains de ces femmes, ainsi qu'un abus [de la part] des forces de police, et qu'elles ont occasionné un important traumatisme. Je présente mes excuses les plus sincères au nom de la Police Métropolitaine. Je reconnais que l'argent seul ne pourra compenser la perte de temps, la souffrance ou le sentiment d'abus engendrés par ces relations."


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Cet article est d'abord paru sur la version anglophone de VICE News.

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